jeudi 23 février 2017

Atelier d'écoute samedi 4 mars 2017

Pour son troisième événement des Quatre saisons, la bibliothèque vous propose un atelier d'écoute musicale le samedi 4 mars 2017, animé par Claudio Chiacchiari, fondateur de Saisir le temps® et qui présente son travail ainsi : 
En musique, tout ne s’entend pas. Mais ce qui ne s’entend pas peut se voir.
Ensuite, on écoute mieux.
L’atelier révèle quelques trésors cachés dans la musique : signatures chiffrées,
initiales de l’être aimé, nombres bibliques, symétries, répétitions obstinées, proportions temporelles rendues harmonieuses par les puissances de deux ou par le nombre d’or…
À l’aide de jeux d’écoute et de partitions à voir, de Monteverdi à Bach et de Mozart à Bartók, l’atelier va et vient entre la pointe émergée et les structures immergées de l’iceberg musical.
 

Où est le miroir sur la partition ?

La question posée pour le canon de Schönberg est un exemple de l'écoute active développée au fil de l'atelier où les styles, les oeuvres nous conduiront du 16e siècle à nos jours. Le public sera guidé par Claudio Chiacchiari assis au piano ou proposant des versions choisies avec soin pour nous révéler ces Signes et nombres cachés - des partitions décodées !

Et, sans doute que l'une ou l'autre pièce de Purcell sera abordée !

 Funeral music of Queen Mary

Les ateliers de Saisir le temps® existent depuis 2004 et vous pouvez découvrir la diversité thématique, développée sous forme de cycles : Va-et-vient, Les maîtres des maîtres (Bach le maître des nombres, Beethoven le maître des sons, Debussy le maître des couleurs), Continuité - Discontinuité, Russe. D'autres ateliers développent un thème en une seule séance, comme celle consacrée à La nuit dans la musique qui a permis d'aborder les oeuvres de Lassus, Schubert, Chopin, Moussorgsky, Puccini, Strauss, Debussy, Ravel, Schönberg, Holst ou Varese.

L’atelier du 4 mars est accessible à toutes et tous et ne demande aucune connaissance musicale. L'inscription peut se faire par mail ou par téléphone.

Disponibilité
Muriel


jeudi 16 février 2017

Le mystère Sainte-Colombe

Depuis plus de vingt-cinq ans, au nom du compositeur de Sainte-Colombe, une seule image s'impose à nous, celle de Jean-Pierre Marielle incarnant le gambiste dans Tous les matins du monde d'Alain Corneau, réalisé d'après le roman Pascal Quignard - romancier dont certains livres ont un lien très fort avec la musique : La leçon de musique, plus tard de La haine de la musique mis en scène au Festival d'Avignon en 2014 sous le titre Il se trouve que les oreilles ont des paupières ou encore Le nom  sur le bout de la langue mis en musique par Michèle Reverdy.*

Pourtant le personnage de Sainte-Colombe reste entouré de mystère. Un nouvel achat à cataloguer en début d'année mit le doigt sur toutes les attributions fautives dans les différents catalogues professionnels !


Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Sainte-Colombe


En 1991, à l'époque du film, on ne disposait pas encore des résultats musicologiques récents sur le compositeur. Les sources et pochettes de disques citaient alors souvent Le Parnasse français (1727) d'Evrard Titon du Tillete  (article sur Marin Marais) :


En 1992, Le Monde fait "la Une" avec un article révélateur ** sur l'identité de Sainte-Colombe signé Pierre Guillot : il serait Augustin Dautrecourt, musicien de Lyon. Un groupe de musicologues travaille dès la même année sur la musique de Sainte-Colombe. Jonathan Dunford est l'un d'eux et cite les sources et les attributions concernant le gambiste français dans l'Echo de la viole (1999). Les pièces de la main de Jean de Sainte Colombe, ou, Monsieur de Sainte Colombe père, sont les suivantes:

Recueil de Pièces pour Basse de Viole Seule,
Facsimile des manuscrits MS 9469 et MS 9469 (manuscrits Panmure) à la National Library of Scotland, Edimbourg, Genève : Editions Minkoff, 2003.

Recueil de Pièces pour Basse de Viole Seule
Facsimile du manuscrit M.3 de la Bibliothèque municipale de Tournus (manuscrit Tournus), Genève : Editions Minkoff, 1998.

Concerts à Deux Violes Esgales du Sieur de Sainte Colombe, 
Société Française de Musicologie, 1998.

Sainte Colombe le jeune, Five suites for solo bass viol, 
ed. Jonathan Dunford, Strasbourg: Les Cahiers du Tourdion, 1998.


Quant aux oeuvres de Sainte-Colombe le fils, elles ont été composées en Angleterre au début du XVIIIe siècle et sont regroupées dans un unique recueil, le manuscrit A27 de Durham. Il contient le Tombeau pour M. de Sainte-Colombe le père et et Six suites.


Tombeau des regrets de Sainte-Colombe père

Disponibilité

Muriel

* Le cycle sur Pascal Quignard a été réalisé en 2016 par France Culture traite de ces oeuvres-là.
** Le lien pointant sur l'article du Monde peut se lire in situ 

lundi 6 février 2017

L'idée d'Honegger

Les hommes vivent et meurent pour une idée, mais l'idée est immortelle.
On peut la poursuivre,
On peut la juger,
On peut l'interdire,
On peut la condamner à mort
Mais l'idée continue à vivre dans l'esprit des hommes. Elle est partout où existent côte à côte la misère et la lutte.
Elle surgit tantôt ici, tantôt là, elle poursuit son chemin à travers les siècles.
L'injustice tremble devant elle.
Aux opprimés elle indique la voie vers un avenir meilleur.
Celui en qui elle pénètre ne se sent plus isolé
Car au-dessus de tout est l'IDEE.

C'est sur ce texte introductif que commence le film d'animation intitulé L'idée, réalisé par Bertold Bartosch en 1934. Il est inspiré du livre de Frans Masereel "constitué de bois gravés, sans aucun commentaire [qui] raconte en quatre-vingt-trois images la naissance d'une idée visionnaire et comment celle-ci se diffuse, tour à tour traquée par les classes possédantes, suscitant la méfiance des prolétaires puis se répandant peu à peu sans limites grâce aux moyens techniques modernes et finissant par transformer le monde."


 

La musique de ce film de 25 minutes a été composée par Arthur Honegger, ayant à son actif 42 musiques de film écrites entre 1922 et 1951 - entre autres pour Marcel Pagnol - et restées dans l'oubli avant un regain d'intérêt dans les années 80. La bande-son, qui accompagne le film sans interruption, a été enregistrée avec Honegger lui-même à la direction de l'ensemble instrumental constitué de 13 solistes : ondes Martenot, flûte, clarinette, saxophone, basson, trompette, trombone, piano, quatuor à cordes et percussion.

Dans la préface de la partition éditée aux éditions Papillon, Jacques Tchamkerten explique que "sur le plan musical, il est clair que la structure même du film, et particulièrement l'absence de toute intervention parlée, laissait au compositeur une liberté appréciable pour développer sa partition. Ainsi, la musique se situe-t-elle en importance juste après l'image dont elle constitue, de facto, le soutien et le commentaire. De ce fait, Honegger écrit avec l'Idée l'une de ses musiques de film les plus originales et les plus élaborées."

Les ondes Martenot, inventées depuis peu lors de la composition de cette musique (1928) et appréciées par Honegger pour leur qualité expressive, symbolisent l'Idée elle-même avec le thème principal.

C'est un spécialiste des ondes Martenot, Jacques Tchamkerten lui-même, qui vous en dira plus sur le sujet et "exposera la manière dont le compositeur suisse Arthur Honegger a su repenser la structure de sa musique pour la mettre au service du cinéma" lors d'une conférence à Fonction Cinéma (à l'étage en-dessous de la bibliothèque !) le mardi 7 février 2017.


Fabienne

Disponibilité