lundi 18 septembre 2017

Britten au Théâtre du Grütli

Au Théâtre du Grütli, "la saison s’ouvre en musique ! Véritable joyau du répertoire, Le Viol de Lucrèce est le premier des opéras de chambre du Britannique Benjamin Britten. Dans l’atmosphère corrompue de la dynastie des Tarquins, la fidélité des Romaines n’est pas toujours irréprochable. Seule Lucrèce reste vertueuse, ce dont se vante volontiers Collatinus, son mari. Agacé par cette belle assurance, Tarquin, le fils du roi, décide de tester la fidèle épouse. Prétextant la quête d’un refuge, il pénètre dans la chambre de Lucrèce et la viole. Le sexe comme arme de guerre, tel est l’un des thèmes de cette œuvre puissante et âpre, portée ici par l’Ensemble Proteus sous la direction de Guillaume Berney".

affiche de Cédric Marendaz

Créé il y a septante ans pour le Festival de Glyndebourne, l'opéra présenté au Théâtre du Grütli est mis en scène par le directeur du Grütli Frédéric Polier et servi par treize musiciens, dix-sept instruments et huit chanteurs avec dans le rôle de Lucrèce, Annina Haug, mezzo-soprano neuchâteloise.

Aldeburgh/English National Opera avec Sarah Connolly
(fin acte I)

Avec cette oeuvre, Britten réalise le voeu d'épurer sa musique :
"La musique pour moi, c’est la précision. Ma technique, c’est de supprimer tout ce qui est en trop, de parvenir à une parfaite clarté dans l’expression... Je veux créer une nouvelle forme d’art (opéra de chambre ou ce qu’on veut) qui sera parallèle au grand opéra, tout comme le quatuor l’est à côté de l’orchestre".
Cette efficacité pourra se vérifier dès le vendredi 22 septembre dans la grande salle du Grütli.

Le spectacle est dédié à Jean-Michel Broillet, un des pilliers du Théâtre du Grütli, disparu au printemps dernier.
 
Disponibilité
Disponibilité (enregistrements sur la base Naxos depuis les postes du réseau)


Muriel

lundi 11 septembre 2017

Le dernier jour d'un condamné

Roberto Alagna dans le rôle titre

L'opéra composé par David Alagna en collaboration avec ses deux frères, Roberto et Frederico, a pour sous-titre : drame intérieur. Basé sur le roman éponyme de Victor Hugo écrit en 1829, ce récit, décrit par les éditeurs comme, "un long monologue intérieur dans lequel un condamné à mort relate sa vie, ses pensées, ses angoisses, ses souffrances durant les six semaines qui séparent le début de son procès du jour de son exécution. Il s’agit là pour Victor Hugo d’un véritable plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort".

Sur scène, un seul chanteur, le frère du compositeur, Roberto Alagna, "unique personnage de la version originale, placé dans la prison du Kremlin-Bicêtre à Paris autour de 1828, le compositeur ajoute un double féminin situé dans un pays indéfini dans les années 2000. Les deux récits, sous forme de deux monologues simultanés, mais indépendants, se déroulent parallèlement, sans que les personnages interagissent ou se voient."



Créé sous forme de concert au Théâtre des Champs Elysées en 2008 sous la direction de Michel Plasson, cet opéra est ensuite réalisé en version scénique à l'Opéra de Debrecen, en Hongrie l'année suivante. Enfin, il faut attendre 2014 pour qu'il soit programmé en France, à l'Opéra d'Avignon. Dans les prochaines semaines, c'est à Marseille que Le journal d'un condamné sera programmé.

La bibliothèque propose que vous découvriez cette oeuvre grâce à la réduction publiée par les Editions Symétrie. Ces éditions collaborent avec le Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française. Comme son nom l'indique, ce centre a "pour mission de faire connaître au plus grand nombre un héritage artistique passionnant : le patrimoine musical français de la veille de la Révolution au lendemain de la Première Guerre mondiale (environ 1780-1920). Ce projet s’appuie sur plusieurs actions complémentaires menées à l’échelle internationale : recherche, édition, formation et production de concerts".

Plusieurs partitions nouvellement acquises vous permettront d'apprécier leur travail.

Disponibilité (Symétrie)

Muriel

lundi 4 septembre 2017

Chantez en 8 semaines


Tel est le challenge de cette méthode de chant nouvellement acquise par la bibliothèque. Son auteur, Christian Cravero, propose en effet un programme sur 8 semaines pour maîtriser le chant de variété, ne demandant aucune notion en solfège et en musique préalable.

A raison de 20 minutes par jour du lundi au samedi - rien n'est prévu le dimanche : vous pouvez toujours chanter quelques psaumes sur les bancs d'église pour vous exercer - "vous allez apprendre à sortir et placer votre voix, acquérir une bonne technique respiratoire, découvrir les bases de l'interprétation et certains aspects du métier de chanteur" et surtout vous faire plaisir.

De manière progressive et ludique, on aborde des exercices de respiration (oxygénation, respirations costo-abdominale et dissociée), de vocalises, d'arpèges... Dès la deuxième semaine, on commence à apprendre une chanson (une pour les filles, une autre pour les garçons). A la fin du programme, ce sont quatre chansons qui seront à notre répertoire. Par ex. pour les tessitures aigües : L'oiseau et l'enfant, Au fur et à mesure, Pour que tu m'aimes encore, Aimer.

Tout ceci est accompagné de deux disques qui permettent de chanter en playback, d'écouter des exemples et de faire les exercices vocaux et respiratoires.

L'auteur Christian Cravero sait de quoi il parle vu qu'il a dirigé ou participé aux séances d'enregistrement de voix avec des artistes tels que Dalida, Line Renaud, Carol Fredericks, Patrick Fiori, etc. Sa méthode est le résultat de plusieurs années d'enseignement du chant. On attend le volume 2 ! 

Quant à moi, je m'y mets dès demain et vous redis dans 8 semaines si la méthode répond aux attentes, me permettant de chanter ailleurs que sous la douche !

Disponibilité
Disponibilité (méthodes de chant)

Fabienne

lundi 28 août 2017

Peter Eötvös : Un concerto en hommage à sept astronautes disparus

Seven pour violon et orchestre de Peter Eötvös a été créé le 6 septembre 2007 a Lucerne, en Suisse, sous la direction de Pierre Boulez.

"La catastrophe de la navette spatiale Columbia, survenue le 1er février 2001, fut un événement dramatique qui m'a beaucoup affecté. Notamment l'image télévisée d'un casque d'astronaute vide et intact, qui faisait partie des débris trouvés au sol, a symbolisé, pour moi, la tragédie de cet accident dans lequel sept personnes ont trouvé la mort peu de temps avant le retour de la navette sur terre.
Depuis longtemps j'avais le projet d'écrire un concerto pour violon. Etant donné les événements tragiques de la 28e Space Shuttle Mission, j'ai repris cette idée ; le concerto pour violon comme dialogue musical entre soliste et orchestre me paraissait particulièrement approprié pour donner une forme musicale à la mémoire des astronautes tués.
 


L'équipage qui a péri dans la catastrophe (de gauche à droite) :
David Brown, Rick Husband, Laurel Clark, Kalpana Chawla, Michael Anderson, William McCool, Ilan Ramon 


Chacun des sept astronautes a reçu sa cadence dédicatoire personnelle. La composition reflète même les caractéristiques de leur personnalité en évoquant, par exemple, des réminiscences de la culture musicale de Kalpana Chawla, l'astronaute américaine née en Inde, ou d'Ilan Ramon, le premier israélien dans l'univers.
Le nombre 7 définit la structure musicale et rythmique de l'oeuvre et décrit en même temps le principe fondamental de la composition : 49 musiciens sont divisés en 7 groupes. Outre le violon soliste, 6 autres violons sont répartis dans la salle. Ils ressemblent à sept satellites ou à sept âmes qui planent dans l'espace en sonnant.
 Le concerto pour violon Seven est un monoloque très personnel et l'expression de ma compassion à l'égard des sept astronautes qui ont laissé leur vie pour l'exploration de l'univers et la concrétisation d'un rêve humain." (Peter Eötvös, avant-propos dans la partition, cop. Schott)


Péter Eötvös, compositeur, chef d'orchestre et pédagogue, est fasciné depuis son plus jeune âge par le cosmos. Il sera présent à Genève fin novembre pour diriger l'Orchestre de la Suisse Romande et la création de sa nouvelle oeuvre Multiversum une oeuvre dont le titre évoque l'existence d'univers parallèles au nôtre, hors de notre système solaire. Une rencontre à ne pas manquer ! (billets en vente dès le 30 août)



Photo © Kálmán Garas


Disponibilité
Tullia


lundi 14 août 2017

Kocsár : chaconne pour cordes junior

En été, c'est le temps des camps et stages de musique. Pour le plaisir des jeunes (et aussi des moins jeunes débutants) la bibliothèque propose un choix de partitions faciles pour ensembles : des adaptations de thèmes célèbres aussi bien que des compositions originales.

Parmi ces dernières le Chaconne per archi du compositeur hongrois Kocsár Miklós devrait séduire tant les professeurs que leurs élèves.




Composée en 1996, cette chaconne pour orchestre à cordes junior est aussi jouable en trio à cordes. La chaconne, une des formes musicales favorites de l'époque baroque, était à l'origine un ensemble de variations sur une basse obstinée. Dans la pièce de Kocsár, le thème de 23 mesures est suivi par neuf variations de caractère avec le même contenu harmonique. D'une durée de neuf minutes, la pièce se termine par la reprise du thème auquel est ajoutée une coda. A vos archets !

Elève de Ferenc Farkas, Kocsár a composé de nombreuses œuvres telles que messes, oratorios, concertos, mélodies et de la musique de chambre. Ses œuvres chorales composées sur des poèmes hongrois et des texte liturgiques sont mondialement renommées. 

Retrouvez d'autres œuvres faciles pour ensembles à la bibliothèque sous la cote 0.602

Disponibilité
Tullia

lundi 7 août 2017

Mrs. Robinson

Les cinémas du Grütli ont eu la bonne idée de programmer des films d'anthologie en versions restaurées. Après Le privé, Le lauréat est à l'affiche !


Côté cinéma, "Le Lauréat fait partie de ces films qu’on peut revoir sans se lasser et auxquels il est difficile de résister : Anne Bancroft y est toujours aussi sexy et Dustin Hoffman aussi nigaud, sa scène de cavale finale et le changement soudain dans l’expression du visage de Benjamin ouvrent des horizons inquiets, des fuites en forme de béances et de fissures névrotiques dans lesquels s’engouffreront Dennis Hooper, Monte Hellman, Martin Scorsese et Michael Cimino, entre autres" selon le directeur du cinéma d'Arte.

Côté musique, le réalisateur Mike Nichols demande à Paul Simon de composer trois chansons pour le film. Le film monté, aucune note n'a été écrite, sauf celle que Simon destinait à Mrs. Roosevelt. Ces quelques accords deviendront la célèbre chanson du film Mrs. Robinson, chanson qui ne devait n'exister que comme bande originale. Elle figurera finalement dans l'album Bookends en 1968. Cet album est cité dans Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie Le générique, quant à lui, reprend Sound of silence, morceau qui a enfin du succès en 1966, un an avant la sortie du film, grâce à une version électrique faite à l'insu du duo. Sortie en 1964, sur la face 1 de Wednesday Morning, 3 A.M., la chanson était en effet passée inaperçue. Avec le recul, on se rend compte que film et musique dans Le Lauréat jouèrent un rôle réciproque dans leur succès respectif. 



Central Park, 19 septembre 1981
Premier concert a rassemblé 500 mille personnes

La base de données de Radio Pop Music vous donne l'heure des diffusions de vos chansons préférées, et pour Mrs Robinson qui nous occupe, elle passe environ une fois par semaine, la prochaine !

Disponibilité
Muriel

mardi 1 août 2017

Yéniche sounds

Patrick Waser, membre du Bündner Spitzbueba

Les discours patriotiques et autres hymnes révolus vous font déguerpir ? Tournez-vous côté cinéma avec le film de Yéniche inouï ou Unerhört jenisch de Karoline Arn et Martina Rieder. Vous allez découvrir un pan de la musique traditionnelle suisse d'Obervaz, petit village niché dans une vallée de Lenzerheide. Les musiciens du lieu et plus particulièrement le groupe Bündner Spitzbueba parlent de leurs ancêtres yéniches, immigrés et semi-nomades.

Après avoir été présenté aux Journées de Soleure en janvier dernier, puis à Visions du réel ce printemps, le voici sur les écrans romands.



La seconde moitié du film révèle un passé douloureux et les traitements infligés aux enfants yéniches. L'article de Roderic Mounir sur le film s'intitule Les brûlures sous le folklore... C'est donc courageusement qu'Erich Eicher - le frère de ... -  se plonge dans les archives familiales. Le film se termine par la chanson de Stephan Weiss nid was es isch qui prend ici une signification toute particulière, et dans une grande connivence et virtuosité avec le trio grison. Savoureux !  

Stephan Eicher

Martin Waser
A la bibliothèque, la très complète collection de musique populaire suisse, sous le titre de Schweizer Volkmusik Sammlung fait référence. Les Cahiers d'ethnomusicologie, publiés par l'ADEM, mentionne cette publication dans le volume 16 (2003) : 
Voilà le fruit d’une vaste entreprise menée conjointement et courageusement par la Société pour la musique populaire en Suisse et les éditions Mülirad de Zürich. Il fallait en effet une bonne dose d’audace pour publier les travaux de collecte de la folkloriste Hanny Christen (1899-1976), puisque le corpus comprend plus de 10000 pièces musicales, ce qui donne un ensemble de 11 volumes. [le volume 2 est consacré entre autre, à la musique des Grisons]. 
Disponibilité (Cahiers d'ethnomusicologie)


Muriel

jeudi 27 juillet 2017

Variations Goldberg... et Rondeau

Jean Rondeau en 2017

L'été bat son plein, alors entre baignade et lecture, quoi de mieux que de prendre deux petites heures à réentendre les Variations Goldberg ? Le magazine Diapason de mai dernier consacre son dossier du mois au chef-d'œuvre de Jean Sébastian Bach et s'interroge en début d'article : 
Comment cette création, où Bach relève un nouveau défi, et dont l'ampleur comme la densité devraient laisser une partie considérable des mélomanes sur le bord de la route, peut-elle rallier aujourd'hui un large public fasciné ? La richesse d'évocation de l'Aria, reprise en miroir après la dernière variation, y compte pour beaucoup. Chaque interprète nous fait vivre autrement le retour à la source...
L'article revient sur les pianistes qui ont fait date (Glenn Gould, Wanda Landowska, Andreas Staier... ) et donne ensuite la parole à la pianiste Angela Hewitt pour l'analyse des trente variations. Je vous propose de vous détourner pour un temps des pianistes et de regarder du côté des clavecinistes et plus particulièrement Jean Rondeau, interprète de Pancrace Royer entre autres et de Bach. Lors de sa venue en Suisse l'an passé pour les Variations Goldberg, Julian Sykes s'était laissé séduire et concluait : 
Si certains choix de tempo peuvent surprendre de prime abord, ils s’intègrent de manière organique dans la courbe générale de l’œuvre. Quand Jean Rondeau revient à l’«Aria» principale après les 30 variations, on a l’impression d’une boucle qui se referme sur elle-même. Il y a quelque chose d’émouvant dans cette aria chantée avec beaucoup de simplicité, à nu. Une interprétation déjà très accomplie, à la générosité d’âme, que le jeune claveciniste peaufinera encore sans doute dans les mois et années à venir (Le Temps. 30.01.2016).

Concerto pour clavecin BWV 1052
(dernier enregistrement)

Pour ceux que cela titillent, Jean Rondeau interprétera ces mêmes variations à l'église de Zweisimmen le 2 août prochain. 

Plus accessible, la "carte blanche" de France Musique vous permettra de l'entendre au clavecin avec Bach ainsi qu'au piano dans ses propres compositions avec le quartet de jazz Note Forget.

Disponibilité (Diapason)
Disponibilité (partition Variations)
Disponibilité (analyse des variations par W. Landowska)
Disponibilité (partitions Royer)
Muriel



mardi 18 juillet 2017

Ravel aujourd'hui

Renaud Capuçon accompagné par l'Orchestre national de Lyon a créé mondialement en avril 2016 une nouvelle version de la Sonate pour violon de Maurice Ravel orchestrée par Yann Maresz. L'Orchestre de la Suisse Romande la mettra à son répertoire lors de sa prochaine tournée en 2018. En effet, Ravel toujours inspirant au XXIe siècle a été une figure phare pour l'orchestre et a contribué à sa renommée. Dès cet automne, le concert d'ouverture de la saison de l'OSR sera consacré à cet illustre compositeur français, avec en entrée de jeu une brève pièce peu souvent interprétée: Frontispice, orchestré par Pierre Boulez.

La bibliothèque vous présente les partitions de ces deux oeuvres de Maurice Ravel revisitées.

La Sonate pour violon orchestrée par Yann Maresz est disponible en location uniquement, toutefois on peut lire la partition en ligne sur le site de l'éditeur Durand. On y trouve également une interview de Yann Maresz à propos de son travail d'orchestrateur. La partition de la version originale de cette sonate pour violon et piano est disponible à la bibliothèque, ce fut la dernière oeuvre de musique de chambre que Ravel acheva en 1927 (analyse).




La partition de Frontispice pour deux pianos à cinq mains n'excède pas 15 mesures ! Composée en 1918 par Ravel, elle était placée en frontispice du livre de Ricciotto Canudo : S.P.503: le poème du Vardar, un auteur et dramaturge italien installé à Paris. Longtemps ignorée, l'oeuvre fut interprétée lors d'un concert organisé par Pierre Boulez en 1954, la partition quant à elle n'a pas été publiée avant 1975. Pierre Boulez a orchestré ce court morceau musical en hommage à son ami François Lesure. On retrouve la partition de Frontispice revisitée par Pierre Boulez dans le livre Musiques, signes, images : liber amicorum François Lesure.

Première page de la partition

vendredi 7 juillet 2017

Un nouveau catalogue plus facile à utiliser !

L'ancienne interface du catalogue de la bibliothèque n'est plus... Personne ne la regrettera vraiment, notre public nous avait confié, à juste titre, lors d'une enquête: "Concernant l'OPAC, c'est outil est une catastrophe." On approuve complètement et on vous invite à découvrir - si ce n'est pas déjà fait - le nouveau catalogue, beaucoup plus facile à utiliser.

Désormais une nouvelle interface RERO Explore Genève permet de trouver les références des partitions dans le catalogue de manière très simple et intuitive. Il suffit de faire une recherche "à la google" en tapant quelques mots clés, et ensuite on affine le résultat avec des facettes (par bibliothèque, par type de document, etc.) C'est efficace ! 

Pour les nuls, des tutoriels (courtes vidéos interactives) vous guideront lors de vos premiers essais...



Le grand "plus" de ce catalogue, c'est qu'il vous met également en lien avec des ressources en ligne. On peut ainsi trouver directement des partitions numériques dans le catalogue. Nombre de documents sont accessibles de partout, si le contenu est gratuit ou en open source. D'autres ressources numériques sont accessibles à la bibliothèque uniquement (Subscribers only), car il s'agit d'abonnements, comme par exemple la Classical scores library d'Alexander Street Press. Dans ce cas il faut venir à la bibliothèque pour lire, télécharger ou imprimer la partition numérique.

Un petit bouton "s'identifier" permet aux lecteurs et lectrices de se connecter à leur dossier personnel pour réserver un document ou pour prolonger un prêt.

Bien sûr les bibliothécaires de La Musicale sont toujours disponibles pour vous renseigner et vous aider dans vos recherches. Elles se feront un plaisir de répondre à vos questions.

Disponibilité

Tullia

lundi 26 juin 2017

Donnez-leur une chance !

Dans toute bonne bibliothèque qui se respecte, un travail de désherbage est effectué sur les collections. Il ne faut pas imaginer les bibliothécaires à quatre pattes en train d'enlever de la mauvaise herbe entre les rayons. Il s'agit de réviser la collection soit en supprimant des documents qui seraient devenus obsolètes ou en mauvais état, soit en les transférant dans un autre dépôt plus approprié, soit en les donnant plus loin. Au final, ceci permet de redynamiser la collection, de la valoriser, de l'actualiser, de la rendre plus cohérente.

Dans notre bibliothèque, le libre accès commence sérieusement à saturer avec près de 18'000 partitions : les rayons se remplissent (env. 1'000 acquisitions par an) et forcément les lecteurs ont plus de peine à trouver leur bonheur parmi le grand nombre de documents qui s'accumulent. On passe donc en revue les sections qui sont les plus encombrées, on analyse chaque document pour voir si ceux qui sont moins empruntés pourraient être relégués dans un autre dépôt ou tout simplement éliminés (ce qui est plus rare dans notre cas).

A ce niveau, il est intéressant de constater que les grandes oeuvres du répertoire battent tous les records de prêt et conservent leur droit de rester sur les rayons du libre accès. Tandis que d'autres oeuvres sont des laissées-pour-compte, des méprisées, des oubliées, alors qu'elles mériteraient beaucoup mieux ! Pourquoi donc les musiciens s'obstinent à jouer toujours les mêmes quatuors, symphonies, concertos, maintes fois entendus, alors que le public (et eux-mêmes !) pourrait apprécier de découvrir de nouvelles mélodies, certes de compositeurs plus contemporains mais qui restent tout à fait audibles pour les oreilles sensibles.

A découvrir

Voici quelques suggestions de partitions méconnues, oubliées sur les rayons des quatuors à cordes, qui pourraient renouveler votre répertoire.

Arabian Waltz : for string quartet / Rabih Abou-Khalil 

Valse enjouée, pour quatuor à cordes classique, aux résonances orientales, avec des rythmes pas que ternaires (7/16, 5/8...), écrite en 1995 par le compositeur et joueur de oud libanais Rabih Abou-Khalil.

Arabian waltz, en version avec oud traditionnel 

String quartet no. 2 / Michael Nyman

Deuxième quatuor à cordes parmi les quatre (que nous possédons) écrits par le compositeur anglais Michael Nyman - plus connu pour ses musiques de film (La leçon de piano, Bienvenue à Gattaca...) - dans son style de prédilection de  musique minimaliste et répétitive.


Script / William Sheller

On le sait moins, mais l'auteur d'Un homme heureux et des Filles de l'aurore a également composé des concertos, symphonies et aussi de beaux quatuors à cordes, comme Script. Ne manquez pas également dans la même idée Foehn et Ondis.

On réserve déjà nos places pour venir vous écouter !

Fabienne

lundi 19 juin 2017

Bibliothèque en fête

Pour la 26ème édition de la Fête de la musique à Genève, la bibliothèque accueille à nouveau en ses murs une série de concerts. Ce sont quatre formations, du duo au quatuor, qui animeront musicalement l'après-midi et le début de soirée du samedi 24 juin 2017.

Cette année, nous avons opté pour une thématique autour de la voix. Chaque ensemble fera vibrer ses cordes vocales (et de violoncelle, violon et guitares également !), que ce soit sur une note jazzy, ou avec une touche plus folklorique.

 

15h : Zatar   
Francesco Bartoletti : violoncelle, Soraya Berent : chant, Joël Musy : saxophones, Nicolas Lambert : guitare

Chants tziganes, grecs, pugliese, échos du Liban, romances macédoniennes, répertoire classique ouvert à l'improvisation… Zatar arrange, compose avec ces influences, et distille un atypique « ethnojazz de chambre ».

16h30 : Julien Pinol - Erida Bega
Julien Pinol : guitare, chant, maracas, Erida Bega : violon, chant, tambourin

Ces deux musiciens, aux parcours fort variés, plongent principalement leur auditoire dans le répertoire américain des années 20 et 30. La poésie sonore se fait sans le grand orchestre habituel qui accompagnait ces chansons ; ici, juste chants, violon, guitare et autres.

18h : Trio Lafken et les instruments des Andes
Pancho Gonzalez, Christian Goza, David Valdivia

Le trio de musiciens chiliens va accompagner les textes des divers compositeurs et compositrices du vaste continent d’Amérique du sud, des Caraïbes et d’Amérique centrale avec : des instruments à cordes (cuatro, tiple, charango, guitare, guitare basse), des instruments à vent (quenas, zampoñas, rodador) et quelques percussions (claves, güiro, bombo legüero, maracas). Un bref parcours de Patagonie aux plaines des Llanos Venezuela, passage en Colombie, au Nicaragua, et à Cuba.


19h30 : Napolincanta
Oscar Mancino : chant, Sylviane Baillif-Beux : piano, Alain Delabre : trompette-piccolo, Invitée surprise

En juxtaposant le musical et le théâtral, le sublime et le comique, le spectacle de chansons napolitaines "Napolincanta" invite le spectateur à un voyage enchanteur, au cours duquel des airs familiers nous reviennent à l'oreille et d'autres chansons, plus nouvelles nous surprennent.


En parallèle de ces concerts, vous pourrez également admirer en vitrine les masques d'Agnès de Crousaz représentant les personnages d'opéra de La flûte enchantée, La belle Hélène, Madame Butterfly et Turandot.


 
Papageno


Bienvenue à tous pour ce voyage (en)chanté !

Fabienne

lundi 12 juin 2017

Tobias Richter versus Aviel Cahn


Tobias Richter qui dirige le Grand Théâtre de Genève depuis 2009 avait annoncé dès l'automne dernier son désir de prendre sa retraite en juin 2019, laissant assez de temps pour le recrutement de son successeur. C'est chose faite désormais, avec la nomination de Aviel Cahn à la tête de l'institution lyrique genevoise, qui prendra ses fonctions en juillet 2019. 

Directeur de l'Opéra des Flandres depuis 2009, Aviel Cahn défend une vision engagée. Juriste et mélomane à la fois, il est aussi décrit comme un limier redoutable. Son parcours est impressionnant : né à Zurich, il quitte la Suisse à 26 ans pour gérer les relations internationales de l’Orchestre symphonique de Beijing, puis se charge du casting à l’Opéra de Finlande avant de diriger l’Opéra de Berne et l'Orchestre de chambre de Zurich. À 34 ans, il est nommé directeur de l’Opéra des Flandres à Anvers et Gand.

Tobias Richter quant à lui fait la couverture du numéro de juin de la revue Scènes magazine. Pour sa prochaine - et donc avant dernière - saison à la tête de l'institution lyrique genevoise, il est interviewé sur les choix de sa programmation. Elle doit tenir compte des contraintes du théâtre éphémère de l'Opéra des Nations, une situation qui ne lui déplait pas, car la simplicité du cadre scénique lui donne des idées. Telle cette trilogie de Figaro qui ouvrira la saison : trois opéras autour du très populaire personnage de Beaumarchais seront donnés sur trois jours. Ainsi la scène doit pouvoir s'adapter facilement aux différentes intrigues du Barbier de Séville de Rossini, des Noces de Figaro de Mozart et de Figaro gets a divorce, un opéra contemporain d'Elena Langer. 

Encore durablement émerveillée par le précédent cycle qu'il nous avait concocté autour de la tétralogie de Wagner en 2014, je me réjouis fort de cette originale initiative. Cette fois-ci ce sera sur un mode plus léger !

Autre particularité de la saison 2017-2018 : le directeur se change en metteur en scène. C'est la pièce centrale du triptyque - Les Noces de Figaro de Mozart - que Tobias Richter mettra en scène, fort de sa carrière en Europe, où il a monté de nombreux spectacles.

 Tobias Richter à l'Opéra des Nations. Image Keystone

Retour dans les murs du vénérable bâtiment rénové de la Place Neuve dès septembre 2018 : Tobias Richter y programmera son ultime saison puis passera le relais à Aviel Cahn... une nouvelle étape à composer !


Disponibilité Noces de figaro
Disponibilité Barbier de Séville

 Tullia

lundi 5 juin 2017

Russe (la tension des aimants) : dernier volet

Manuscrit du début de la 7e symphonie
"Leningrad", Ms, RUS-Mcm

Passer de la 7e sonate de Prokofiev écrite en 1942 à la 7e symphonie de Chostakovitch créée la même année, c'est ce que propose Claudio Chiacchiari entre l'atelier consacré à Prokofiev et le dernier volet de ses ateliers russes. Sans doute que l'analyse s'arrêtera longuement sur le premier mouvement et le thème dit de "l'invasion".

Si la 7e symphonie de Chostokovitch est l'oeuvre la plus connue du compositeur russe, sa renommée mondiale est liée aux différents concerts dirigés par Toscanini et l'Orchestre symphonique de la NBC en 1942. A Paris, le musicologue et critique Antoine Goléa découvrit cette symphonie en 1945. Voici ses mots, tirés de la Revue Esprit, no 111 :
Mais impossible de résister au souffle qui anime, sans défaillance presque l'oeuvre entière. A peine, dans le troisième mouvement, peut-on trouver quelques longueurs. L'ensemble, on l'aurait écouté volontiers une deuxième fois, tout de suite après l'indescriptible triomphe qui accueillit Münch et son orchestre.
Mais bien plus célèbre encore, car elle a fait partie de l'Histoire avec un grand H. Peu d'œuvres musicales peuvent ainsi s'identifier à un événement historique. Créée pendant le siège de Leningrad, elle fut un acte de résistance à l'occupation allemande. Les quatre mouvements avaient initialement été pensés ainsi: La guerre, Souvenirs, Les grands espaces de ma patrie, La victoire. De plus, la dédicace, selon les Mémoires du compositeur s'adresse aussi aux purges du régime stalinien qui ont précédé la guerre. Plus proche de nous, seule peut-être La muette de Portici d'Auber pourrait avoir ce poids historique, puisque c'est lors d'une représentation au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en août 1830 que les bourgeois se soulevèrent et participèrent aux mouvements qui donneront lieu à la création de la Belgique.

La symphonie de Leningrad, le siège de la ville reste un sujet qui ne cesse d'alimenter l'imagination des romanciers. Le roman signé Sarah Quigley est un exemple parmi d'autres:
Chostakovitch contempla une longue rayure sur le plateau de la table où il était aussi. "Je n'arrive pas à croire que j'aie été refoulé. De quel droit ?
 Peut-être ne tiennent-ils pas à voir l'un des beaux fleurons de la Russie réduit en miettes ? suggéra Sollertinski.
Le compositeur ôta ses lunettes et fixa la une de la Pravda qu'avait apportée son ami. Les caractères se brouillaient et glissaient au bord de la cornée. "Juste à cause de ma vision" maugréa-t-il. Pl...év...
C'était comme vouloir attraper des ronds de fumée. Dès qu'il rechaussa ses lunettes sur son nez, les lettres s'alignèrent en rangées bien nettes et lisibles. Plan d'évacuation des enfants et des personnes âgées de Leningrad.
 Il repoussa le journal.
"Maintenant que la moitié de la ville est partie, l'autre moitié devra se battre. Je vais réessayer de m'engager. Ils n'auront quand même pas le front de me refuser une seconde fois.
 Ce que tu peux être bête ! Tu te vois te balader avec un fusil ? Tu serais incapable de tirer sur un omnibus à trois mètres de distance, à plus forte raison sur un Allemand. Laisse donc les citoyens mobilisés faire leur boulot pendant que nous ferons le nôtre. Les intellectuels peuvent accomplir quantité de choses en situation de conflit, conclut-il en avalant une grand lampée de cognac.
[Eté 1941, pp 156-157] 

Enfin, quelques émissions sur France Musique ont été consacrées à Dmitri Chostakovitch à Léningrad en 1942, l'occasion d'en savoir plus si vous ratez l'atelier du 10 juin - seules des places l'après-midi sont encore disponibles, l'atelier du matin étant déjà complet.



Chostakovitch en costume de pompier en 1942
lors de la création de la symphonie à Leningrad

Disponibilité
Disponibilité (enregistrement via Naxos)
Disponibilité (roman)

Muriel

lundi 29 mai 2017

Les musiciens de jazz en Suisse

Sur la base d'un ouvrage rédigé par Bruno Spoerri Jazz in der Schweiz : Geschichte und Geschichten, la Phonothèque nationale vient de mettre en ligne un millier de biographies de musiciens et musiciennes de jazz en Suisse. L'intérêt particulier de cette documentation est que l'on peut écouter, également en ligne, tous les enregistrements musicaux de chaque artiste archivé dans la base de données de la Phonothèque. On y retrouve les musiciens actuels aussi bien que ceux du passé, au travers de CD, DVD, disques LP, cassettes et enregistrements d'archive radio. La base sera enrichie progressivement de nouvelles personnalités.

Des artistes romands, tels Daniel Humair, Sylvie Courvoisier ou Stuff Combe y sont répertoriés. Petit bémol : la plupart des articles est rédigée en allemand ! Toutefois la musique - elle - n'a pas de barrière linguistique. 





Le poste d'écoute de la bibliothèque vous permet d'écouter librement tous les titres enregistrés encore sous droits d'auteur et auxquels vous n'avez pas accès depuis chez vous. Les titres libres de droits sont écoutables partout. Ceux pas encore en ligne le seront sur simple demande.

Saluons ici le précieux travail de collecte, de mise en ligne, de préservation et de mise en valeur réalisé par la Phonothèque nationale pour toute la musique en Suisse, de Suisse et par des Suisses...


 Sylvie Courvoisier. Photo Mario Del Curto




Tullia

lundi 22 mai 2017

Connaissez-vous Manfred Eicher ?

Notre but est de capturer au mieux le geste artistique et l'univers sonore de l'artiste que nous enregistrons.
Telles sont les paroles de Manfred Eicher qui est à la tête du label ECM depuis bientôt cinquante ans ! Créé en 1969 pour le jazz - ECM pour Edition of Contemporary Music -, le catalogue s'agrandit en 1984 avec la série ECM New Series consacrée à la musique classique. Le dernier numéro de Jazz magazine du numéro de mai revient la saga ECM grâce à un grand entretien avec son fondateur.



Manfred Eicher est venu à la HEM de Genève le printemps dernier à l'occasion du vernissage du CD "genevoisNarrante. Présent dans les médias, on le retrouve au micro de l'émission Magma d'Espace 2. Le journal Le Temps relaya également l'événement sous la plume de Julian Sykes. Extraits : 
A Genève, il y a deux semaines, Manfred Eicher relevait à quel point ses plus grands disques ont été le fruit du hasard. Un soir, il conduisait en voiture entre Stuttgart et Munich lorsqu’il a entendu une retransmission d’un concert sur Radio Erevan, la radio d’Etat arménienne. «Je suis sorti de l’autoroute, je suis monté sur une colline et j’ai écouté cette musique qui était comme une météorite qui tombait du ciel. Il m’a fallu une demi-année pour découvrir qu’elle était d’Arvo Pärt.» S’ensuivra un enregistrement de Tabula rasa chez ECM en 1984, qui rendra le compositeur estonien célèbre en Occident. Le fameux Köln Concert est également lié à un autoradio. C’est en sillonnant l’Allemagne dans une Renault 4 qu’à force d’écouter la bande de ce concert dans un «appareil cassette merdique», Manfred Eicher et Keith Jarrett ont finalement décidé de le publier en vinyle. «Plus on l’écoutait, meilleure la musique nous semblait.» Comme quoi, les conditions d’écoute sont parfois très relatives.

Son travail à la recherche du son et des conditions d'enregistrement parfaites offertes aux musiciens tels que Marylin Mazur, Eleni Karaindrou ou encore Anouar Brahem est magnifiquement illustré dans le film Sounds and silence des Bernois Peter Guyer et Norbert Wiedmer. On y découvre aussi, la subtile complicité entre Manfred Eicher et Arvo Pärt.


cop. Sounds and silence


Extrait de Sounds and silence


Si les notions d'enregistrements vous intéressent ou que ces points techniques vous dépassent, quelques ouvrages sont sélectionnés pour vous.

Disponibilité
Muriel