jeudi 23 novembre 2017

Guillaume Tourniaire et les opéras français


Les Genevois l'ont connu, entre autres, à la tête du Motet et du choeur du Grand Théâtre. De 2011 à 2013, il est nommé par Michel Corboz pour lui succéder à la tête de l'Ensemble vocal de Lausanne. Succession qui n'a finalement pas abouti! Ces prochains jours, Guillaume Tourniaire sera à l'Opéra des Nations. 

Depuis quelques années, il est appelé à diriger en Australie. Sur la page de Opera Australia Orchestra, on découvre que le répertoire français est souvent présent dans sa programmation: Bizet, Gounod, Massenet (Thaïs l'été dernier, Don Quichotte en mars 2018).

L'an passé, c'est à Toulon qu'il a dirigé Le Chalet d'Adolphe Adam. Et, c'est le matériel d'orchestre de la bibliothèque qui a permis cette production au Théâtre de Toulon ainsi que l'enregistrement sous le label de Timpani.


Enregistrement pour Timpani du Chalet de Adam
Partie d'alto de notre matériel

Il est donc assez normal qu'il revienne à Genève avec un opéra français. Les mélomanes vont découvrir Ascanio de Saint-Saëns  dans une version de concert inédite. A ce propos, Guillaume Tourniaire se confie dans le dernier ActO
[L]'idée date de 2007, et je suis heureux de [la] voir aboutir. Les auditeurs vont découvrir une partition magnifique qu'ils ne connaissent pas, et de surcroît dans une version intégrale que Saint-Saëns lui-même n'a jamais entendue. Une première mondiale en somme... [...]. Au total, l'Opéra (de Paris) l'a joué 37 fois. Il y a eu une trentaine de représentations sur trois ans, de 1890 à 1893. Et puis une reprise... C'était en mars 1921, et il est mort en décembre. Trois jours après sa mort on a donné Ascanio pour le saluer. Et depuis plus rien, jusqu'à nous... [...]. On va en faire un enregistrement, la HEM va éditer une publication musicologique, il y aura une exposition autour du bijou, notamment du bijou de théatre, bref on va rendre justice à cet opéra, en espérant que cette aventure ne soit que le début de la renaissance d'Ascanio, l'étape suivante étant une vraie mise en scène. Il y a en ce moment un renouveau du chant français, l'heure en est peut-être venue...

A la bibliothèque, nous conservons les matériels historiques du Grand Théatre et l'on peut aisément se représenter le travail considérable en amont des répétitions afin de monter une telle oeuvre. Pour Ascanio, afin de pouvoir réaliser une version intégrale, la production a dû rechercher les parties manuscrites ou la partition d'origine, puis regrouper le matériel, parfois le rééditer afin de donner des copies lisibles aux musiciens. C'est le manuscrit R 293 de la Bibliothèque nationale de France qui a servi à ce prochain concert. La première page de musique est reproduite ci-dessous grâce à la bibliothèque numérique Gallica de la BNF. La partition entière est donc accessible !

BNF, Gallica

Les représentations d'Ascanio à l'Opéra des Nations se donneront vendredi 24 et dimanche 26 novembre 2017. Ce soir à 20h30, à la Place Neuve, a lieu un Ciné Concert : Autour de Saint-Saëns organisé par la HEM.


Muriel


lundi 20 novembre 2017

Bande-son pour un dictionnaire

Quoi de plus naturel pour illustrer musicalement une exposition sur les dictionnaires que de convier Jacques Siron et sa contrebasse ? Musicien rôdé au brassage des approches artistiques, il est aussi l'auteur d'un excellent Dictionnaire des mots de la musique. Ouvrage multilingue et concis, ce dictionnaire est une référence dans le domaine, on y pioche rapidement une définition très claire d'un terme musical ainsi que sa traduction dans trois langues. Il s'étend à un domaine large atour de la musique : informatique, son et traditions du monde entier.
   
"Harmonie-Hasard" de Fabienne Verdier (90 × 240 cm)

Jacques Siron, donc, déploiera sa Bande-son pour un dictionnaire au Musée Voltaire le 30 novembre à 19h15 dans une exploration jubilatoire musico-verbale de l'exposition Fabienne Verdier, L'expérience du langage (La République des dictionnaires de Voltaire à Alain Rey.)





harmonie NF [...] Science ou art des proportions // Ensemble de sons agréables à l'oreille // (mus. occidentales) Ensemble des principes régissant les accords, leurs formations, leurs enchaînements, les relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres, leurs fonctions, leur agencement dans le temps dans le cadre de la phrase harmonique [...] (Jacques Siron




Harmonie-Hasard Musiques verticales, colonnes, troncs d’arbres, les piliers noirs, serrés, forment une forêt : celle, à la fois angoissante et sereine, qui conduit du jeu à la rencontre, à la coïncidence ou au risque ; finalement, au destin. Harmonie, c’est d’abord « assemblage », équilibre des parties: pas de vie, de société sans elle ; et non plus de musique, de poésie, d’art. L’harmonie défie et borne le hasard; le hasard travaille toute harmonie. (Alain Rey)

Disponibilité :Dictionnaire des mots de la musique
Le Petit Robert
Tullia

jeudi 9 novembre 2017

Hommage à Klaus Huber

cop. Priska Ketterer  (Festival Lucerne)

En 2014, pour les 90 ans de Klaus Huber, Heinz Holliger jouait Noctes intelligibilis lucis pour Klaus Huber dans le cadre du Festival de Lucerne. La pièce en question composée en 1961 pour hautbois et clavecin est dédicacée au hautboïste bernois. Klaus Huber qui revendiquait une musique de credo s'est éteint le mois dernier. Le journal Le Monde retrace quelques fragments de cette vie intense:
Le compositeur et pédagogue suisse Klaus Huber est mort le 2 octobre, à l’âge de 92 ans, à Pérouse (Italie), non loin de Panicale, où il avait élu domicile. Représentant majeur de l’avant-garde, il laisse une œuvre abondante et édifiante, destinée à lutter contre « la chosification de l’être humain ». Apôtre, selon ses propres termes, d’une « musique de credo », Klaus Huber s’est fait connaître, en 1959, par une partition au titre prophétique : Paroles de l’ange adressées à l’homme. Par la douceur infinie de son regard, il donnait effectivement l’impression d’avoir reçu la visite d’un messager céleste. L’Ange au sourire, à n’en pas douter, tant son visage rayonnait de malice [...].
Sans être un activiste passionné comme Luigi Nono (1924-1990), Klaus Huber ne se contente pas d’ouvrir les yeux – et les oreilles – de ses prochains par un électrochoc humaniste et chrétien, il tente de les mobiliser, en 1980, par un oratorio politique, Humiliés – Asservis – Abandonnés – Méprisés, à base de textes provenant de bidonvilles, de prisons et d’écrits d’Ernesto Cardenal (instigateur de la « théologie de la libération » que le compositeur a rencontré au Nicaragua). Le futur détenteur d’un prix (2007) au Festival européen de musique ecclésiastique de la ville de Schwäbische Gmünd ne s’assagit pas avec la création, en 1985, des Canciones de circulo gyrante qui célèbrent la reconstruction des douze églises romanes de Cologne détruites pendant la seconde guerre mondiale en tentant d’« éveiller les consciences à la croissance exponentielle des potentialités destructrices qui, depuis les années quarante, se sont multipliées par cent, voire par mille. » Le Monde, 4.10.2017
Homme de lutte, ses oeuvres sont considérées comme un credo : 
L'une de mes intentions fondamentales est de transformer l'oeuvre d'art contemporaine en un témoignage, d'édifier avec elle un monument contre l'oubli qui règne actuellement et qui permet à l'homme contemporain d'écarter aussi commodément que possible le souvenir d'événements scandaleux, pour se vouer aussitôt à quelque mensonge historique, alors qu'ils devraient en fait le tirer de sa léthargie.                                                                       Au nom des opprimés, 1988
A Genève, il fut à l'honneur en 1991 avant même la création du Festival Archipel. Les Editions Contrechamps lui dédièrent un numéro et le Festival Extasis lui est consacré. Le Journal de Genève titra suite aux journées inaugurales du festival : Le miracle Klaus Huber dont les deux cantates de chambres furent jouées : Auf die ruhige Nacht-Zeit et Des Engels Anredung an die Seele. Le Festival Archipel en 2000 consacra également une journée à ce compositeur, «homme immense, étrangement sous-estimé» (Le Courrier, 05.02.2010).

Plainte, Hommage à Luigi Nono


Des documents en lien avec Klaus Huber sont actuellement en vitrines dans le cadre de l'exposition Les graphistes au défi de la musique contemporaine à l'occasion de l'anniversaire des 40 ans de Contrechamps.

L'exposition a lieu jusqu'au 22 décembre 2017.

Muriel

lundi 23 octobre 2017

Mam'zelle Nitouche

cop. Mathieu Crescence / Pierre-André Weitz

A la rubrique De retour à la scène, l'opérette Mam'zelle Nitouche de Hervé est à l'honneur dans le dernier numéro d'Opérette, Théâtre musical. On peut y lire :
On doit cette résurrection à Bru Zane France qui en coproduction avec l'Opéra de Toulon et le théâtre Graslin à Nantes présentera une nouvelle production de l'ouvrage [...]. Avec Mam'zelle Nitouche créée le 26 janvier 1883 au théâtre des Variétés (l'ouvrage aura plus de 200 représentations), Hervé ne fait qu'amplifier les succès de Niniche et de La  Roussotte, des pièces musicales taillées sur le même modèle et qui remplissent les salles depuis 1878.
On en apprend davantage sur le site de la Fondation Bru Zane (pour les activités de cette fondation voir le billet ici). Le site permet l'accès à une mediabase consacrée à la musique romantique française. Mam'zelle Nitouche est documentée par un article de presse de 1883.





A Genève, l'opérette fut jouée en son temps dans le nouveau théâtre de la Place de Neuve. Dès 1884, en effet, Mam'zelle Nitouche fut un succès : pas moins de 107 représentations jusqu'en 1912 dont certaines avec Madame Judic qui avait créé le rôle à Paris quelques années avant. Les représentations moins nombreuses reprirent ensuite entre 1931 et 1957 avec des productions réalisées par la Société romande de spectacles.

Quant au compositeur aujourd'hui peu programmé, le journal Libération écrivait à l'occasion lors de la production des Chevaliers de la table ronde en 2015 : Son oeuvre est un mélange foldingue de poésie décalée, d'humour à double sens et de mélodies populaires. Les représentations de Mam'zelle Nitouche, fidèle à la création de 1883, ont eu lieu la semaine dernière à Toulon, celles de Nantes sont prévues en décembre prochain !


Disponibilité (Opérette, théâtre musical)
Disponibilité (partition chant piano)

Muriel

lundi 2 octobre 2017

Contrechamps a 40 ans


Cette affiche a 10 ans et elle proposait en 2007 d'entrez dans l'histoire de Contrechamps... L'invitation demeure !

Contrechamps a 40 ans cette année et la bibliothèque saisit l'occasion de présenter un panorama d'affiches de cet ensemble. 


Le point d’ancrage est l'arrivée, en 2011, de 170 affiches de Contrechamps à la bibliothèque, suite au versement fait par Contrechamps aux Archives de la Ville de Genève. Ces affiches ont été cataloguées et numérisées pour figurer au Catalogue suisse d’affiches. Elles ont patiemment  attendu cette année pour être mises en valeur.

Des programmes de concert, des partitions, la Revue Contrechamps et les Editions qui ont suivi sont également présentés en marge des affiches. Ces quelques vitrines condensent quatre décennies de créations, de festivals, d’invités ayant marqué le tournant du siècle.

Le poste d’écoute dédié à la Phonothèque nationale permet d’accéder aux principaux enregistrements de Contrechamps.

Le vernissage aura lieu à la bibliothèque le mardi 10 octobre à 18 h.

Muriel

lundi 25 septembre 2017

Drôles de genres musicaux

Dans le métier de bibliothécaire, et plus particulièrement dans ce qu'on appelle le chemin du livre, existe l'étape de l'indexation. Pour qu'un livre puisse être retrouvé dans le catalogue grâce à une recherche selon le sujet qu'il contient, on lui attribue une vedette-matière (Bonjour Madame, je cherche un livre sur l'atmosphère planétaire). Dans le catalogue RERO, via son nouvel environnement Explore, c'est une recherche dans le champ Sujet RERO qui permet de trouver son bonheur.

En musique, difficile de parler de sujet. On utilise plutôt le genre musical et/ou l'instrumentation pour faire des recherches telles que : Bonjour Madame, auriez-vous des sonates pour violon et basse continue ? Dans Explore, il faut passer par le champ "classification" de la recherche avancée en commençant par le terme "musg" pour les genres musicaux, ou "musi" pour l'instrumentation (vous pouvez aussi faire une recherche en tapant les mots-clés du genre et de l'instrumentation mais vous risquez d'avoir beaucoup de "bruit" dans le résultat de votre recherche).




Autant pour les vedettes-matière sujet que pour les genres musicaux, on ne peut pas employer n'importe quel mot ni n'importe comment. Il existe des listes (thésaurus) avec des termes contrôlés et normalisés. En musique, c'est une liste interne à RERO qui est utilisée, avec ses propres règles. Pas facile donc de rechercher de la musique (d'où l'utilité du savoir-faire des bibliothécaires !).

Tout ça pour en arriver à vous parler de ces fameux genres musicaux. En parcourant leur liste, à côté des boléro, chanson de variétés d'expression française, concerto, fado, hard rock, magnificat, zarzuela..., on découvre des trésors, des termes dont on n'aurait même pas soupçonné leur existence : bicinium, frottola, gwoka, kant, sardane, tricinium, tropaire-prosaire, villancico...

Qu'est-ce donc un bicinium ? Dans son Dictionnaire des mots de la musique, Jacques Siron définit ce genre ainsi : "Au XVIe siècle, pièce vocale ou instrumentale comprenant deux parties."

Et une frottola ? "Aux XVe-XVIe s., forme poétique et musicale polyphonique (souvent à 4 voix) provenant de la musique populaire et formes improvisées. En vogue dans les cours, la frottola a joué un rôle capital dans la Renaissance musicale italienne, précédant le madrigal et la monodie accompagnée. Proche de ballade, villancico (Espagne)."


Quant au gwoka : "(Guadeloupe) Style traditionnel rural de musique, de chant responsorial et de danse des populations noires, apparus au XVIIe s. avec les premiers esclaves. L'instrumentation inclut des percussions (...). Il connaît un regain de popularité depuis les années 1960."




Un de mes préférés est épithalame : que peut bien se cacher derrière ce terme aux origines grecques ? Jacques Siron nous renseigne : "Chant en l'honneur des nouveaux mariés, qui s'exécutait devant la chambre nuptiale par un choeur de jeunes gens et de jeunes filles." C'est donc simplement de la musique pour les mariages. Et contrairement aux autres termes ci-dessus, notre bibliothèque possède beaucoup de partitions en la matière. Faites une petite recherche "musg épithalame" et vous découvrirez notre rayon bien fourni !

Si vous voulez en savoir plus sur les genres musicaux, le Guide des genres de la musique occidentale vous documentera sur la brunette, la doxologie, l'enueg, la forlane, le khorovode, le pantoum, le tourdion, j'en passe et des meilleurs !

Disponibilité Bicinium
Disponibilité Frottola
Disponibilité Gwoka
Disponibilité Epithalame


Fabienne 

lundi 18 septembre 2017

Britten au Théâtre du Grütli

Au Théâtre du Grütli, "la saison s’ouvre en musique ! Véritable joyau du répertoire, Le Viol de Lucrèce est le premier des opéras de chambre du Britannique Benjamin Britten. Dans l’atmosphère corrompue de la dynastie des Tarquins, la fidélité des Romaines n’est pas toujours irréprochable. Seule Lucrèce reste vertueuse, ce dont se vante volontiers Collatinus, son mari. Agacé par cette belle assurance, Tarquin, le fils du roi, décide de tester la fidèle épouse. Prétextant la quête d’un refuge, il pénètre dans la chambre de Lucrèce et la viole. Le sexe comme arme de guerre, tel est l’un des thèmes de cette œuvre puissante et âpre, portée ici par l’Ensemble Proteus sous la direction de Guillaume Berney".

affiche de Cédric Marendaz

Créé il y a septante ans pour le Festival de Glyndebourne, l'opéra présenté au Théâtre du Grütli est mis en scène par le directeur du Grütli Frédéric Polier et servi par treize musiciens, dix-sept instruments et huit chanteurs avec dans le rôle de Lucrèce, Annina Haug, mezzo-soprano neuchâteloise.

Aldeburgh/English National Opera avec Sarah Connolly
(fin acte I)

Avec cette oeuvre, Britten réalise le voeu d'épurer sa musique :
"La musique pour moi, c’est la précision. Ma technique, c’est de supprimer tout ce qui est en trop, de parvenir à une parfaite clarté dans l’expression... Je veux créer une nouvelle forme d’art (opéra de chambre ou ce qu’on veut) qui sera parallèle au grand opéra, tout comme le quatuor l’est à côté de l’orchestre".
Cette efficacité pourra se vérifier dès le vendredi 22 septembre dans la grande salle du Grütli.

Le spectacle est dédié à Jean-Michel Broillet, un des pilliers du Théâtre du Grütli, disparu au printemps dernier.
 
Disponibilité
Disponibilité (enregistrements sur la base Naxos depuis les postes du réseau)


Muriel

lundi 11 septembre 2017

Le dernier jour d'un condamné

Roberto Alagna dans le rôle titre

L'opéra composé par David Alagna en collaboration avec ses deux frères, Roberto et Frederico, a pour sous-titre : drame intérieur. Basé sur le roman éponyme de Victor Hugo écrit en 1829, ce récit, décrit par les éditeurs comme, "un long monologue intérieur dans lequel un condamné à mort relate sa vie, ses pensées, ses angoisses, ses souffrances durant les six semaines qui séparent le début de son procès du jour de son exécution. Il s’agit là pour Victor Hugo d’un véritable plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort".

Sur scène, un seul chanteur, le frère du compositeur, Roberto Alagna, "unique personnage de la version originale, placé dans la prison du Kremlin-Bicêtre à Paris autour de 1828, le compositeur ajoute un double féminin situé dans un pays indéfini dans les années 2000. Les deux récits, sous forme de deux monologues simultanés, mais indépendants, se déroulent parallèlement, sans que les personnages interagissent ou se voient."



Créé sous forme de concert au Théâtre des Champs Elysées en 2008 sous la direction de Michel Plasson, cet opéra est ensuite réalisé en version scénique à l'Opéra de Debrecen, en Hongrie l'année suivante. Enfin, il faut attendre 2014 pour qu'il soit programmé en France, à l'Opéra d'Avignon. Dans les prochaines semaines, c'est à Marseille que Le journal d'un condamné sera programmé.

La bibliothèque propose que vous découvriez cette oeuvre grâce à la réduction publiée par les Editions Symétrie. Ces éditions collaborent avec le Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française. Comme son nom l'indique, ce centre a "pour mission de faire connaître au plus grand nombre un héritage artistique passionnant : le patrimoine musical français de la veille de la Révolution au lendemain de la Première Guerre mondiale (environ 1780-1920). Ce projet s’appuie sur plusieurs actions complémentaires menées à l’échelle internationale : recherche, édition, formation et production de concerts".

Plusieurs partitions nouvellement acquises vous permettront d'apprécier leur travail.

Disponibilité (Symétrie)

Muriel

lundi 4 septembre 2017

Chantez en 8 semaines


Tel est le challenge de cette méthode de chant nouvellement acquise par la bibliothèque. Son auteur, Christian Cravero, propose en effet un programme sur 8 semaines pour maîtriser le chant de variété, ne demandant aucune notion en solfège et en musique préalable.

A raison de 20 minutes par jour du lundi au samedi - rien n'est prévu le dimanche : vous pouvez toujours chanter quelques psaumes sur les bancs d'église pour vous exercer - "vous allez apprendre à sortir et placer votre voix, acquérir une bonne technique respiratoire, découvrir les bases de l'interprétation et certains aspects du métier de chanteur" et surtout vous faire plaisir.

De manière progressive et ludique, on aborde des exercices de respiration (oxygénation, respirations costo-abdominale et dissociée), de vocalises, d'arpèges... Dès la deuxième semaine, on commence à apprendre une chanson (une pour les filles, une autre pour les garçons). A la fin du programme, ce sont quatre chansons qui seront à notre répertoire. Par ex. pour les tessitures aigües : L'oiseau et l'enfant, Au fur et à mesure, Pour que tu m'aimes encore, Aimer.

Tout ceci est accompagné de deux disques qui permettent de chanter en playback, d'écouter des exemples et de faire les exercices vocaux et respiratoires.

L'auteur Christian Cravero sait de quoi il parle vu qu'il a dirigé ou participé aux séances d'enregistrement de voix avec des artistes tels que Dalida, Line Renaud, Carol Fredericks, Patrick Fiori, etc. Sa méthode est le résultat de plusieurs années d'enseignement du chant. On attend le volume 2 ! 

Quant à moi, je m'y mets dès demain et vous redis dans 8 semaines si la méthode répond aux attentes, me permettant de chanter ailleurs que sous la douche !

Disponibilité
Disponibilité (méthodes de chant)

Fabienne

lundi 28 août 2017

Peter Eötvös : Un concerto en hommage à sept astronautes disparus

Seven pour violon et orchestre de Peter Eötvös a été créé le 6 septembre 2007 a Lucerne, en Suisse, sous la direction de Pierre Boulez.

"La catastrophe de la navette spatiale Columbia, survenue le 1er février 2001, fut un événement dramatique qui m'a beaucoup affecté. Notamment l'image télévisée d'un casque d'astronaute vide et intact, qui faisait partie des débris trouvés au sol, a symbolisé, pour moi, la tragédie de cet accident dans lequel sept personnes ont trouvé la mort peu de temps avant le retour de la navette sur terre.
Depuis longtemps j'avais le projet d'écrire un concerto pour violon. Etant donné les événements tragiques de la 28e Space Shuttle Mission, j'ai repris cette idée ; le concerto pour violon comme dialogue musical entre soliste et orchestre me paraissait particulièrement approprié pour donner une forme musicale à la mémoire des astronautes tués.
 


L'équipage qui a péri dans la catastrophe (de gauche à droite) :
David Brown, Rick Husband, Laurel Clark, Kalpana Chawla, Michael Anderson, William McCool, Ilan Ramon 


Chacun des sept astronautes a reçu sa cadence dédicatoire personnelle. La composition reflète même les caractéristiques de leur personnalité en évoquant, par exemple, des réminiscences de la culture musicale de Kalpana Chawla, l'astronaute américaine née en Inde, ou d'Ilan Ramon, le premier israélien dans l'univers.
Le nombre 7 définit la structure musicale et rythmique de l'oeuvre et décrit en même temps le principe fondamental de la composition : 49 musiciens sont divisés en 7 groupes. Outre le violon soliste, 6 autres violons sont répartis dans la salle. Ils ressemblent à sept satellites ou à sept âmes qui planent dans l'espace en sonnant.
 Le concerto pour violon Seven est un monoloque très personnel et l'expression de ma compassion à l'égard des sept astronautes qui ont laissé leur vie pour l'exploration de l'univers et la concrétisation d'un rêve humain." (Peter Eötvös, avant-propos dans la partition, cop. Schott)


Péter Eötvös, compositeur, chef d'orchestre et pédagogue, est fasciné depuis son plus jeune âge par le cosmos. Il sera présent à Genève fin novembre pour diriger l'Orchestre de la Suisse Romande et la création de sa nouvelle oeuvre Multiversum une oeuvre dont le titre évoque l'existence d'univers parallèles au nôtre, hors de notre système solaire. Une rencontre à ne pas manquer ! (billets en vente dès le 30 août)



Photo © Kálmán Garas


Disponibilité
Tullia


lundi 14 août 2017

Kocsár : chaconne pour cordes junior

En été, c'est le temps des camps et stages de musique. Pour le plaisir des jeunes (et aussi des moins jeunes débutants) la bibliothèque propose un choix de partitions faciles pour ensembles : des adaptations de thèmes célèbres aussi bien que des compositions originales.

Parmi ces dernières le Chaconne per archi du compositeur hongrois Kocsár Miklós devrait séduire tant les professeurs que leurs élèves.




Composée en 1996, cette chaconne pour orchestre à cordes junior est aussi jouable en trio à cordes. La chaconne, une des formes musicales favorites de l'époque baroque, était à l'origine un ensemble de variations sur une basse obstinée. Dans la pièce de Kocsár, le thème de 23 mesures est suivi par neuf variations de caractère avec le même contenu harmonique. D'une durée de neuf minutes, la pièce se termine par la reprise du thème auquel est ajoutée une coda. A vos archets !

Elève de Ferenc Farkas, Kocsár a composé de nombreuses œuvres telles que messes, oratorios, concertos, mélodies et de la musique de chambre. Ses œuvres chorales composées sur des poèmes hongrois et des texte liturgiques sont mondialement renommées. 

Retrouvez d'autres œuvres faciles pour ensembles à la bibliothèque sous la cote 0.602

Disponibilité
Tullia

lundi 7 août 2017

Mrs. Robinson

Les cinémas du Grütli ont eu la bonne idée de programmer des films d'anthologie en versions restaurées. Après Le privé, Le lauréat est à l'affiche !


Côté cinéma, "Le Lauréat fait partie de ces films qu’on peut revoir sans se lasser et auxquels il est difficile de résister : Anne Bancroft y est toujours aussi sexy et Dustin Hoffman aussi nigaud, sa scène de cavale finale et le changement soudain dans l’expression du visage de Benjamin ouvrent des horizons inquiets, des fuites en forme de béances et de fissures névrotiques dans lesquels s’engouffreront Dennis Hooper, Monte Hellman, Martin Scorsese et Michael Cimino, entre autres" selon le directeur du cinéma d'Arte.

Côté musique, le réalisateur Mike Nichols demande à Paul Simon de composer trois chansons pour le film. Le film monté, aucune note n'a été écrite, sauf celle que Simon destinait à Mrs. Roosevelt. Ces quelques accords deviendront la célèbre chanson du film Mrs. Robinson, chanson qui ne devait n'exister que comme bande originale. Elle figurera finalement dans l'album Bookends en 1968. Cet album est cité dans Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie Le générique, quant à lui, reprend Sound of silence, morceau qui a enfin du succès en 1966, un an avant la sortie du film, grâce à une version électrique faite à l'insu du duo. Sortie en 1964, sur la face 1 de Wednesday Morning, 3 A.M., la chanson était en effet passée inaperçue. Avec le recul, on se rend compte que film et musique dans Le Lauréat jouèrent un rôle réciproque dans leur succès respectif. 



Central Park, 19 septembre 1981
Premier concert a rassemblé 500 mille personnes

La base de données de Radio Pop Music vous donne l'heure des diffusions de vos chansons préférées, et pour Mrs Robinson qui nous occupe, elle passe environ une fois par semaine, la prochaine !

Disponibilité
Muriel

mardi 1 août 2017

Yéniche sounds

Patrick Waser, membre du Bündner Spitzbueba

Les discours patriotiques et autres hymnes révolus vous font déguerpir ? Tournez-vous côté cinéma avec le film de Yéniche inouï ou Unerhört jenisch de Karoline Arn et Martina Rieder. Vous allez découvrir un pan de la musique traditionnelle suisse d'Obervaz, petit village niché dans une vallée de Lenzerheide. Les musiciens du lieu et plus particulièrement le groupe Bündner Spitzbueba parlent de leurs ancêtres yéniches, immigrés et semi-nomades.

Après avoir été présenté aux Journées de Soleure en janvier dernier, puis à Visions du réel ce printemps, le voici sur les écrans romands.



La seconde moitié du film révèle un passé douloureux et les traitements infligés aux enfants yéniches. L'article de Roderic Mounir sur le film s'intitule Les brûlures sous le folklore... C'est donc courageusement qu'Erich Eicher - le frère de ... -  se plonge dans les archives familiales. Le film se termine par la chanson de Stephan Weiss nid was es isch qui prend ici une signification toute particulière, et dans une grande connivence et virtuosité avec le trio grison. Savoureux !  

Stephan Eicher

Martin Waser
A la bibliothèque, la très complète collection de musique populaire suisse, sous le titre de Schweizer Volkmusik Sammlung fait référence. Les Cahiers d'ethnomusicologie, publiés par l'ADEM, mentionne cette publication dans le volume 16 (2003) : 
Voilà le fruit d’une vaste entreprise menée conjointement et courageusement par la Société pour la musique populaire en Suisse et les éditions Mülirad de Zürich. Il fallait en effet une bonne dose d’audace pour publier les travaux de collecte de la folkloriste Hanny Christen (1899-1976), puisque le corpus comprend plus de 10000 pièces musicales, ce qui donne un ensemble de 11 volumes. [le volume 2 est consacré entre autre, à la musique des Grisons]. 
Disponibilité (Cahiers d'ethnomusicologie)


Muriel

jeudi 27 juillet 2017

Variations Goldberg... et Rondeau

Jean Rondeau en 2017

L'été bat son plein, alors entre baignade et lecture, quoi de mieux que de prendre deux petites heures à réentendre les Variations Goldberg ? Le magazine Diapason de mai dernier consacre son dossier du mois au chef-d'œuvre de Jean Sébastian Bach et s'interroge en début d'article : 
Comment cette création, où Bach relève un nouveau défi, et dont l'ampleur comme la densité devraient laisser une partie considérable des mélomanes sur le bord de la route, peut-elle rallier aujourd'hui un large public fasciné ? La richesse d'évocation de l'Aria, reprise en miroir après la dernière variation, y compte pour beaucoup. Chaque interprète nous fait vivre autrement le retour à la source...
L'article revient sur les pianistes qui ont fait date (Glenn Gould, Wanda Landowska, Andreas Staier... ) et donne ensuite la parole à la pianiste Angela Hewitt pour l'analyse des trente variations. Je vous propose de vous détourner pour un temps des pianistes et de regarder du côté des clavecinistes et plus particulièrement Jean Rondeau, interprète de Pancrace Royer entre autres et de Bach. Lors de sa venue en Suisse l'an passé pour les Variations Goldberg, Julian Sykes s'était laissé séduire et concluait : 
Si certains choix de tempo peuvent surprendre de prime abord, ils s’intègrent de manière organique dans la courbe générale de l’œuvre. Quand Jean Rondeau revient à l’«Aria» principale après les 30 variations, on a l’impression d’une boucle qui se referme sur elle-même. Il y a quelque chose d’émouvant dans cette aria chantée avec beaucoup de simplicité, à nu. Une interprétation déjà très accomplie, à la générosité d’âme, que le jeune claveciniste peaufinera encore sans doute dans les mois et années à venir (Le Temps. 30.01.2016).

Concerto pour clavecin BWV 1052
(dernier enregistrement)

Pour ceux que cela titillent, Jean Rondeau interprétera ces mêmes variations à l'église de Zweisimmen le 2 août prochain. 

Plus accessible, la "carte blanche" de France Musique vous permettra de l'entendre au clavecin avec Bach ainsi qu'au piano dans ses propres compositions avec le quartet de jazz Note Forget.

Disponibilité (Diapason)
Disponibilité (partition Variations)
Disponibilité (analyse des variations par W. Landowska)
Disponibilité (partitions Royer)
Muriel



mardi 18 juillet 2017

Ravel aujourd'hui

Renaud Capuçon accompagné par l'Orchestre national de Lyon a créé mondialement en avril 2016 une nouvelle version de la Sonate pour violon de Maurice Ravel orchestrée par Yann Maresz. L'Orchestre de la Suisse Romande la mettra à son répertoire lors de sa prochaine tournée en 2018. En effet, Ravel toujours inspirant au XXIe siècle a été une figure phare pour l'orchestre et a contribué à sa renommée. Dès cet automne, le concert d'ouverture de la saison de l'OSR sera consacré à cet illustre compositeur français, avec en entrée de jeu une brève pièce peu souvent interprétée: Frontispice, orchestré par Pierre Boulez.

La bibliothèque vous présente les partitions de ces deux oeuvres de Maurice Ravel revisitées.

La Sonate pour violon orchestrée par Yann Maresz est disponible en location uniquement, toutefois on peut lire la partition en ligne sur le site de l'éditeur Durand. On y trouve également une interview de Yann Maresz à propos de son travail d'orchestrateur. La partition de la version originale de cette sonate pour violon et piano est disponible à la bibliothèque, ce fut la dernière oeuvre de musique de chambre que Ravel acheva en 1927 (analyse).




La partition de Frontispice pour deux pianos à cinq mains n'excède pas 15 mesures ! Composée en 1918 par Ravel, elle était placée en frontispice du livre de Ricciotto Canudo : S.P.503: le poème du Vardar, un auteur et dramaturge italien installé à Paris. Longtemps ignorée, l'oeuvre fut interprétée lors d'un concert organisé par Pierre Boulez en 1954, la partition quant à elle n'a pas été publiée avant 1975. Pierre Boulez a orchestré ce court morceau musical en hommage à son ami François Lesure. On retrouve la partition de Frontispice revisitée par Pierre Boulez dans le livre Musiques, signes, images : liber amicorum François Lesure.

Première page de la partition