vendredi 29 janvier 2016

Brève : La Phonothèque nationale rejoint la Bibliothèque nationale suisse

Nous relayons un message paru récemment sur swisslib (bibliothécaires suisses):

"Depuis le 1er janvier 2016, la Phonothèque nationale suisse à Lugano fait partie de la Bibliothèque nationale suisse et de l’Office fédéral de la culture. Le patrimoine culturel sonore de la Suisse est ainsi également conservé de manière durable.
 

La Fonoteca nazionale svizzera (FN) collectionne, conserve et catalogue les enregistrements sonores qui ont un lien avec la Suisse et les met à la disposition du public. Elle remplit donc pour les documents sonores la tâche légale que la Bibliothèque nationale suisse (BN) assume pour les documents imprimés et électroniques.   ... 
Réunir les deux institutions permet d’assurer la conservation durable des enregistrements sonores importants pour l’histoire culturelle de la Suisse.
 

Cinq millions de documents sonores
La collection de la FN contient quelque 5 millions d’enregistrements. Ces documents sont numérisés et peuvent être consultés à plus de 54 places de travail audiovisuelles publiques réparties dans toute la Suisse. Environ un tiers des documents provient de SUISA, la Société suisse de gestion des droits d’auteurs pour les enregistrements sonores et les œuvres musicales, dont la FN est l’institution de dépôt. La collection met aussi l’accent sur les produits de l’industrie du disque, les documents de la recherche scientifique et les émissions radios de la période 1932 à 1953. Depuis 2008, la FN conserve également les documents sonores des collections de la BN.
 

D’association à institution fédérale
La FN a été fondée en 1984 sous forme d’association. En 1987, elle devient fondation de droit privé. Cette fondation sera dissoute suite à l’intégration de la Phonothèque dans l’administration fédérale, décidée par le Conseil fédéral le 28 novembre 2014 avec l’adoption du message culture 2016 à 2020.  ... "



L'un des 54 postes d'écoute de la FN se trouve dans notre bibliothèque : venez  y écouter ce riche patrimoine sonore ! 



Disponibilité
Tullia

lundi 25 janvier 2016

La Fondation Bru et la musique romantique française

La Fondation Bru, créée à Genève en 2003, se met au service de diverses causes, mais "l’Homme et son environnement sont au cœur de toutes les actions soutenues par la Fondation Bru. Dans des domaines très différents, notamment l’éducation, la recherche, la culture ou le patrimoine, la Fondation soutient des projets pionniers, ambitieux, susceptibles de faire progresser significativement la cause qu’ils servent." La famille Bru, pour prendre un exemple parmi d'autres, est le mécène de l'ensemble baroque d'Hervé Niquet Le concert spirituel depuis sa création.

Le Palazzetto Bru Zane - Centre de musique romantique française a ouvert ses portes à Venise en automne 2009. Ce bâtiment, construit au XVIIe siècle et qui dès l'origine avait pour vocation d'accueillir des musiciens, revient à sa fonction première. En effet, après rénovations, le palazzetto axe aujourd'hui ses activités autour de la recherche, l'édition et la mise en valeur du répertoire français romantique (1780-1920).

Plafond du salon principal (balustrade en bois: Andrea Brustolon)


Depuis 2009, le catalogue des publications s'enrichit chaque année, en collaboration avec les éditions Actes Sud pour les livres et les éditions Symétrie pour les partitions. Actes de colloques, partitions, essais, ainsi que des enregistrements et des DVD.


Récemment, la Fondation a sa base de données pour ses ressources numériques: Bru Zane Mediabase où livrets, notices rédigées par des musicologues, articles de presse et documents iconographiques se côtoient.

Antar (1921) : conte héroïque de Gabriel Dupont 
A la période du Carnaval, le Palazzetto s'anime avec davantage de concerts, mais également avec la possibilité de visiter gratuitement le palais. Tout au long de l'année, la médiation se poursuit auprès du jeune public avec un programme spécialement adapté aux écoles : les Romantici in erba. Le week-end, ce sont des concerts-familles qui prennent le relais.

Enfin, les quelques documents présents dans le réseau genevois illustrent la diversité des recherches menées par la Palazzetto Bru Zane.

Disponibilité 
Muriel

lundi 18 janvier 2016

Nouveautés : L'épopée de Gilgamesh de Martinu

Après avoir quitté la Tchécoslovaquie en 1923, Bohuslav Martinu a vécu et composé en France, aux Etats-Unis, en Italie et en Suisse. Cela explique que les sources de ses compositions (autographes, reproductions, copie d'éditeurs, correspondance, premières éditions, etc.) sont disséminées dans des bibliothèques, des institutions et des archives privées de différents pays. L'Institut Bohuslava Martinu a réuni à Prague toutes ces sources éparpillées qu'elle conserve sous forme de copies, ceci afin de permettre l'étude critique de l'oeuvre de Martinu en vue de la publication de l'édition complète. Deux premiers volumes critiques sont parus en 2015. 

Le volume consacré à L'Epopée de Gilgamesh présente, outre le texte musical et le livret, une large introduction en anglais et en tchèque, le facsimilé de quelques pages du manuscrit, ainsi que la retranscription parmi d'autres d'un texte que Martinu a rédigé lui-même en français pour présenter son oeuvre :

(Documents p.284) "L'épopée de Gilgamesh est un grand poème Assyrien-Babylonien, écrit en cuneiform sur les tablettes d'argile, d'une grande antiquité, probablement de 4ème siecle A.C. et peut-être plus ancien ... J'ai pris pour mon texte la traduction de R. Campbell Thompson, la traduction anglaise du matériel et tablettes de British Museum et j'ai choisi de ce long poème seulement quelques épisodes. J'ai trouvé que malgré notre immense progrès dans l'industrie et technologie, les émotions et les humaines questions des hommes n'ont pas changé avec ce progrès et inventions de toutes sortes et que les questions-problemes que j'ai trouvé dans la littérature de peuple, que nous appelons les Primitifs, sont toujours ici avec nous. Ce sont les questions de l'amitié, de l'amour et de la mort. Il y a dans ce poème de Gilgamesh un très intense et presque douloureusement anxieux désir de trouver les réponses, les mêmes que nous cherchons en vain jusqu'aujourd'hui. ..."



Affiche d'un concert donné à Genève en 1997, Cote D 1943

Martinu a composé cette oeuvre pour Maja et Paul Sacher, afin de leur exprimer toute sa gratitude pour leur soutien artistique et financier. L'oeuvre a été créée à Bâle en janvier 1958, toutefois sa genèse a débuté plus tôt au début des années quarante, lorsque Martinu a dû quitter Paris pour les Etats-Unis, fuyant l'occupation allemande de la France. De nombreux échanges avec le couple Sacher ont permis de façonner le sujet de l'oeuvre et le choix du texte de référence pour le livret, qui se base sur un des plus anciens documents littéraires de l'histoire. La langue chantée de la partition composée par Martinu est l'anglais: The Epic of Gilgamesh, mais à la demande de Paul Sacher afin de faciliter le travail des interprètes, Martinu a accepté qu'une version en traduction allemande soit utilisée lors de la création de l'oeuvre. Ce fut un grand succès. 

Les deux versions anglaise et allemande du livret sont bien entendu publiées dans le volume de cette édition complète. Vous trouverez une traduction française dans l'article (à la p. 73) de Danielle Deheselle à la suite de son analyse du texte de Martinu


Disponibilité de la partition
Ecouter en ligne


Tullia

lundi 11 janvier 2016

Le Metropolitan Opera online

La salle du Metropolitan Opera de New York n'est plus à présenter ! Par contre, sa plateforme en ligne est tout à fait remarquable et à découvrir... Depuis 2011, certaines productions du Met peuvent être regardées en ligne.

Met Opera on demand est une ressource électronique accessible depuis les écrans de la bibliothèque ou de toute autre institution du réseau des bibliothèques genevoises (RBG).

Patricia Racette dans le rôle-titre

Madama Butterfly de Puccini fut donnée en 2009. Encore elle, me direz-vous, en poursuivant sur le sujet du billet précédent ! Cependant, Puccini est le compositeur emblématique du Metropolitan : son succès et sa renommée sont liés aux opéras qui furent créés au Met. La Fanciulla del West y fut créée en 1910 avec triomphe, ainsi que Il Trittico créé huit ans plus tard.

Si vous désirez regarder Madama Butterfly dans sa version complète, c'est possible ici - en se trouvant dans les conditions précitées, à savoir depuis une bibliothèque du réseau RBG ! 

Pour chaque vidéo, la version intégrale peut être fractionnée par airs choisis, avec ou sans sous-titres (plusieurs langues à choix). 

La base de données permet de faire des recherches par titre, par compositeur ou par interprète. Plus de 550 productions sont disponibles et des documents d'archives, des enregistrements, des synopsis complètent les vidéos. Vous pouvez donc écouter et comparer sans fin votre opéra fétiche...

A votre prochaine visite en bibliothèque, essayez et passez deux ou trois heures comme si vous étiez au Metropolitan ! Cela vous consolera des retransmissions en direct du Metropolitan Opera proposées au cinéma, mais dont les séances se font "à guichets fermés".

Muriel

lundi 4 janvier 2016

A l'affiche : Madame Butterfly

Sans doute que votre regard n'aura pas manqué celui de cette jolie femme japonaise, timide, dans un décor rose et fleuri. Serez-vous tombé sous le charme de cette Madame Butterfly, au point d'aller voir l'exposition à laquelle elle vous invite : Le bouddhisme de Madame Butterfly : le japonisme bouddhique ? Si ce n'est pas le cas, courrez-y car ce sont les derniers jours de cette magnifique exposition temporaire au Musée d'ethnographie de Genève (jusqu'au 10 janvier 2016).

Cette exposition, à la thématique entre autres musicale par le biais de l'oeuvre de Puccini, est d'autant plus parlante pour notre bibliothèque que cette fameuse Madame qui s'est affichée sur tous les murs de Genève est issue de nos collections. L'image est tirée du programme de la première représentation - en français ! - au Grand Théâtre en 1909. Nous conservons en effet la collection quasi exhaustive des programmes de cette institution, mais aussi ceux du Victoria Hall, de l'OSR, et de manière plus lacunaire de diverses salles genevoises. Au total plus de 10'000 pièces, du 19ème siècle à nos jours.


La scène théâtrale, artistique et littéraire - journal du Grand Théâtre - du 3 décembre 1909 fait la critique de la première de Madame Butterfly :

"Nous avons eu mardi la première grande nouveauté de l'année, Madame Butterfly, drame lyrique de Puccini, déjà représenté sans grand succès en Italie, puis après retouches importantes, donné aux Etats-Unis où il fut alors applaudi.

Il nous revient aujourd'hui avec la traduction française de M. Paul Ferrier, et les théâtres de France, de Belgique et de la Suisse romande ne vont pas manquer de s'en emparer ; d'abord  parce que c'est une nouveauté, ensuite à cause du nom de l'auteur, qui signifie succès, à preuve la Vie de Bohème et la Tosca. [...]

L'interprétation de Madame Butterfly a été, non seulement bonne, mais supérieure. [...]

Mlle Victorine Fer a donné au rôle de Madame Butterfly, toute la grâce, toute l'ingénuité d'une Japonaise de quinze ans et aussi la complication d'âme d'une créature qui répond pour la première fois - comme le chante le choeur - à l'appel de l'amour. [...]

La mise en scène de M. Chéreau, les costumes de Mme Bellet, les deux décors de M. Sabon, tout est à louer pour l'exactitude, la beauté, la fraîcheur, jusqu'aux jolies fleurettes peintes sur la soie par Mlle Bruni. 

L'orchestre, très compliqué, très chargé, a été conduit à la victoire par M. Constantin Bruni en personne, que les soucis directoriaux ne font rien perdre de ses qualités de chef d'orchestre."

Dans l'exposition, vous apprendrez que cet opéra à succès marque la fin du japonisme bouddhique qui y est représenté de manière plutôt négative sous les traits de l'oncle bonze de Madame Butterfly. Le sujet de cette oeuvre lyrique est tiré du roman de Pierre Loti, Madame Chrysanthème, qui a également inspiré un opéra à André Messager

Pour vous donner un avant-goût, l'émission radiophonique Babylone vous fera découvrir virtuellement l'exposition en compagnie de ses deux commissaires.

Disponibilité
Fabienne