lundi 29 juin 2015

Lecture estivale : Vernon Subutex

"Il y a vingt ou trente ans, ils étaient fans de rock et participaient tous à des groupes punk. Que sont-ils devenus à la cinquantaine ? On passe de l’extrême droite à l’extrême gauche, de l’embourgeoisement à la déchéance, des nantis aux SDF, des hétéros aux gays, tous traités de la même façon par un auteur qui a atteint un niveau de maîtrise sidérant : avec autant de tendresse que d’ironie, car Despentes n’est jamais dupe, tout en restant profondément humaine. Punchlines, mots justes, humour au vitriol sont au rendez-vous d’un roman ultraserré, nerveux, dense, en forme de vrai-faux polar. Parce que Vernon Subutex se retrouve en possession des rushes de l’interview de l’un de ses amis, le seul du groupe à être devenu une star et retrouvé mort dans la baignoire de sa chambre d’hôtel dès le début, tous voudront le retrouver pour s’approprier ces bandes. De quoi nous donner envie de rencontrer celle qui pourrait bien passer, avec ce livre, du statut d’enfant terrible à celui d’auteur majeur de la littérature française".
Voilà comment le journaliste des Inrocks introduit son interview avec Virginie Despentes qui a donné vie à Vernon Subutex, ancien disquaire de profession, qui par la dématérialisation de la musique se retrouve SDF dans la France d'aujourd'hui.

On le suit, Vernon, et on s'attache, tant et si bien qu'on a patienté pour la sortie du tome 2, sorti en Suisse romande le 9 juin dernier !

Morceau choisi, juste après l'expulsion de Subutex :

 "Dans la rue, l'évocation des objets qu'il a laissés dans l'appartement alors qu'il aurait dû les prendre décroche des jets de pierre dans sa poitrine. Il touche du bout des doigts le papier administratif plié en quatre dans sa poche arrière. Ses mains tremblent, elles ne lui obéissent plus. Il faut qu'il se pose, qu'il réfléchisse au calme, et trouve comment arranger tout ça. Mille euros. C'est beaucoup mais ça se trouve. Ses affaires ne sont pas perdues - il y a davantage de choses auxquelles il tient que ce à quoi il s'attendait. La montre que Jean-Noël lui a offerte. Les test pressings du premier album des Thugs, qu'il a récupérés par hasard quand le label manager de Gougnaf Mouvenent a squatté chez lui quelque temps. La flasque Motörhead qu'Eve lui avait ramenée d'une virée à Londres. Le tirage original d'une photo de Jello Biafra que Carole avait prise à New York. Et le Selby dédicacé". (p. 40-41)
La suite se décline en 1200 pages dont les 400 premières ont déjà été récompensées par le prix Anaïs Nin. Une interview de Virgine Despenthes dans le journal Le Temps (13.06.2015) nous permet de comprendre la gestation du roman.


L'état des lieux des albums essentiels d'un demi siècle de transgression hard rock, métal, punk ... dressé par Damien Chaney permet de se documenter sur les milieux musicaux cités par Despentes. La bibliothèque possède, par ailleurs, quelques partitions qui correspondent à la jeunesse de Vernon. Bienvenue pour les découvrir !


Disponibilité (Vernon Subutex)
Disponibilité (musique punk)
Disponibilité (Etat des lieux)
Muriel

lundi 22 juin 2015

Brève : tessiture des chanteurs rock

L'enquête publiée par The Mirror répond à la question : Which rock and pop singer has the highest vocal range out of any singer in the UK ?

Au regard des partitions trouvées sur Musicnotes, les journalistes ont calculé la tessiture de : Freddie Mercury, Mark Knopfler, John Lennon, Bono, Mike Jaegger, Elton John, Kate Bush et d'autres... Et, le grand vainqueur est Tom Smith chanteur des Editors dont la voix couvre plus de quatre octave. 




L'étude se base sur un site de partitions en ligne mais on pourrait tout aussi bien réaliser ce type de recherches avec les partitions de la bibliothèque.

cop. by Helen F Kennedy

 
Dans son "Zoom sur les tessitures", la Cité des sciences précise : "la tessiture, également appelée registre, est l'ensemble continu des notes qui peuvent être émises par une voix, de façon homogène : même volume, même qualité de timbre et d'harmoniques. La technique vocale peut permettre d'augmenter cette tessiture". On y trouve également le nom d'artistes correspondant à chaque registre et des liens vers des illustrations sonores. 

Le registre s'adresse habituellement plus particulièrement aux chanteurs classiques qui doivent choisir leur répertoire en fonction de leur voix. 

Afin de "trouver votre voix", nous vous proposons quelques ouvrages de techniques vocales, si jamais Tom Smith vous avait mis au défit de le surpasser !

Tom Smith en live à Rock Werchter

Disponible (Editors)
Disponible (technique vocale)


Muriel

lundi 15 juin 2015

Jacques Tchamkerten sur les traces de Jaques-Dalcroze

Jacques Tchamkerten vous emmènera sur les traces d'Emile Jaques-Dalcroze dans un parcours commenté de l'exposition En Rythme, qui se tient actuellement à la bibliothèque :


vendredi 19 juin à 18h30
samedi 20 juin à 15h et à 17h
Durée : 30 min., entrée libre au 1er étage de la Maison des Arts du Grütli

 

Chargé de recherche à l'Institut Jaques-Dalcroze, Jacques Tchamkerten connaît bien la musique du compositeur et pédagogue genevois pour en avoir exploré les manuscrits réunis et conservés désormais à la Bibliothèque de Genève. Au-delà des célèbres chansons populaires romandes, il vous fera découvrir l'oeuvre musicale riche de plusieurs opéras, de festspiele - notamment la Fête de Juin - et de pièces orchestrales de Jaques-Dalcroze. C'est le compositeur plutôt que le rythmicien que son livre récemment paru et l'exposition vous feront rencontrer. Un parcours présenté par le biais de documents historiques, de photographies et d'enregistrements. 



Jacques et Jolanka Tchamkerten au piano lors du vernissage de l'exposition (photo: M. Thomann)

Outre ses écrits sur des compositeurs suisses et français (Arthur Honegger, Ernest Bloch, Olivier Messiaen...) Jacques Tchamkerten se produit régulièrement comme musicien interprète des ondes Martenot. Elève de Jeanne Loriod, il est un des rares spécialistes de cet instrument des années 1930, ancêtre de nos synthétiseurs actuels.

Disponibilité
Tullia

lundi 8 juin 2015

A la Une : Avant de tourner la page...

La revue Circuit : musiques contemporaines consacre son dernier fascicule à l'édition musicale. Ce parcours long de plus de dix siècles passe des neumes du chant grégorien aux signes graphiques de la musique contemporaine transcrivant la densité sonore ou le timbre de l'instrument. Allant plus loin encore, on aborde le cas où la notation ne retranscrit plus un son mais un mouvement comme c'est le cas dans Pression de Helmut Lachenmann. La préface de la partition précise :

"Die Notation dieses Stucks zeigt [...] nicht an, 
was klingen soll, sondern, was der Spieler tun soll."


  détail de la partition Pression

En reprenant la notation musicale depuis ses débuts, l'article de Georges Forget décrit les étapes-clés par une "petite histoire des outils d'édition musicale avant l'ordinateur"* : burin et xylographie, caractère mobile et typographie, gravure, lithographie et... dactylographie. En effet, en 1936 la Keaton Music Typewriter fait son apparition et reste d'actualité jusqu'à l'apparition des premiers ordinateurs.


cop. www.finalemusic.com 

Enfin, l'ouvrage L'édition musicale : de la partition à la musique virtuelle de Daniel Lafrance et Serge Provençal vous permettra d'approfondir les thèmes abordés par les articles de Circuit.

* titre exacte de son article : Avant de tourner la page... Petite histoire des outils d'édition musicale avant l'ordinateur

Disponibilité (Circuit)
Disponibilité (Edition musicale)
Disponibilité (Lachenmann)
Muriel

lundi 1 juin 2015

La Fête de juin, un spectacle patriotique genevois en 1914



En 1914, Emile Jaques-Dalcroze vient à Genève pour les célébrations du Centenaire de l'entrée de Genève dans la Confédération suisse. En raison de la guerre, le musicien ne pourra plus retourner en Allemagne. Le Centenaire donne lieu à des festivités d’une très grande ampleur par lesquelles la population genevoise – toutes classes sociales confondues – est invitée à se réjouir et à communier dans la ferveur patriotique. Le temps fort de cette manifestation est constitué par le spectacle officiel, un grand Festspiel en quatre actes intitulé La Fête de Juin, qui met en œuvre de nombreux solistes, une masse chorale considérable, d’innombrables figurants, ainsi qu’un grand orchestre symphonique. La Fête de Juin rencontre, tout au long de ses huit représentations, un immense succès et constitue l’un des temps forts de la carrière créatrice d’Emile Jaques-Dalcroze. (...)



C’est vraisemblablement en septembre 1911 que la composition de l’ouvrage est confiée à Jaques-Dalcroze qui met en musique un livret élaboré par Daniel Baud-Bovy et Albert Malche (qui germanise pour l’occasion son nom en « Malsch »). Même s’il ne parvient pas à faire confier la mise en scène du spectacle à son ami Adolphe Appia, dont il partage les idées visionnaires en matière de scénographie, Jaques-Dalcroze parvient néanmoins à imposer la rythmique et, partiellement, ses propres conceptions plastiques et dramaturgiques.





  
Partition pour chant et piano, Frontispice de Jules Courvoisier
Bibliothèque de Genève La Musicale
 


La Fête de juin nécessite la construction d'une énorme structure, l'éphémère Théâtre du Centenaire ou Théâtre de Mon-Repos, conçu pour accueillir (...) 5700 spectateurs. Il est édifié à la lisière du parc de la Perle du Lac, sur les plans de l'architecte Henry Maillard. Les décors sont confiés à Aloys Hugonnet. Un immense portique imaginé par l'architecte Alexandre Camoletti sert de mur de scène et de carde au panorama du lac, visible au moment du final, lorsque le fond du théâtre s'ouvre sur le paysage environnant.


 
La barque accostant au théâtre pendant le spectacle, 
Atelier Boissonnas, Négatif argentique noir/blanc sur verre, Bibliothèque de Genève Centre d'iconographie

La pièce voit se dérouler une histoire genevoise haute en couleur, du veilleur de Saint-Pierre aux Helvètes, Romains, Burgondes, evêques, Réformateurs, jusqu'à l'arrivée des contingents suisses au port Noir, débarquant d'une barque évoluant sur le Léman. Sous la conduite d'Annie Beck, des groupes de rythmiciennes, drapées sobrement de gris, traduisent l'effet produit par ces événements sur l'"âme populaire". 

Une telle manifestation a bien sûr suscité l'intérêt des photographes genevois tels que Frédéric Boissonnas, Frank-Henri Jullien ou Louis Huguenin.  (...) Le Centre d'Iconographie conserve aussi des autochromes et de nombreuses diapositives, certaines colorisées, la manifestation étant contemporaine de l'apparition de la photographie couleur. La diversité et le nombre d'images produites alors montrent l'engouement exceptionnel qu'ont connu les commémorations du Centenaire dans la population.

Textes de Jacques Tchamkerten, en collab. avec Nicolas Schätti, tirés de l'exposition En rythme !, jusqu'au 31 juillet 2015 à la bibliothèque.

Parcours commenté de l'exposition vendredi 19 juin à 18h30
et samedi 20 juin à 15h et 17h.

Disponibilité
Fabienne