jeudi 30 avril 2015

En rythme ! Exposition Emile Jaques-Dalcroze

Emile Jaques-Dalcroze est l'une des personnalités les plus créatives qu'ait connue la Suisse romande dans la première moitié du XXe siècle.

Atelier Boissonnas, 1911

Dès 1883, il entreprend une carrière de compositeur qui l’amène à produire de très nombreux ouvrages pour le concert et pour le théâtre lyrique qui sont joués dans les plus importantes métropoles européennes. Il invente pour ainsi dire un folklore en écrivant, dès 1890, d'innombrables chansons qui s'intègrent au patrimoine populaire romand. Il obtient également un immense succès avec ses rondes enfantines dont la célébrité s’étendra bien au-delà des frontières suisses.


Constatant les carences du sentiment musical de ses élèves, Jaques-Dalcroze conçoit une méthode éducative prenant en compte une perception corporelle de la musique. Ainsi naît, en 1903, la Rythmique qui ouvre des perspectives insoupçonnées dans les domaines musicaux, chorégraphiques et thérapeutiques. Rapidement, sa méthode se répand à travers toute l’Europe et un Institut lui est consacré à Hellerau, près de Dresde, qui attire l’élite culturelle de 1910 à 1914 ; en 1915 est fondé l’Institut Jaques-Dalcroze, principal centre d’enseignement de la Rythmique aujourd’hui encore.


Emile Jaques-Dalcroze apparaît, grâce à son savoureux don mélodique et sa spontanéité comme l'un des musiciens suisses les plus originaux de son temps.



C'est la fête !

A l'occasion des 150 ans de l'illustre Genevois et des 100 ans de son institut, ainsi que de la publication par la Bibliothèque de Genève de l'ouvrage "Emile Jaques-Dalcroze compositeur" de Jacques Tchamkerten, la Bibliothèque musicale propose le mardi 5 mai une soirée thématique. Présentation de documents précieux tirés du fonds Jaques-Dalcroze de la Bibliothèque de Genève, conférence, projections, intermède musical... : Jaques-Dalcroze n'aura plus de secrets pour vous. Vous pourrez également voir l'exposition qui met en valeur des photographies de la Fête de juin de 1914 conservées au Centre d'Iconographie (Fonds Boissonnas notamment) ainsi que des documents historiques et des partitions.




Disponibilité
Fabienne

jeudi 23 avril 2015

A la une : Histoires sans fin


Avez-vous une idée du point commun entre le Concerto pour alto de Bartók, Turandot de Puccini et Les contes d'Hoffmann d'Offenbach ?
Ces trois titres sont rejoints par neuf autres du répertoire qui ont tous la particularité d'avoir été inachevés par le compositeur. On pense le plus communément que si l'oeuvre n'a pas été terminée, c'est la mort du compositeur qui en est la cause... L'article signé Patrick Szersnovicz dans le dernier Diapason : "Les partitions inachevées, Histoires sans fin" détaille le cas de douze oeuvres majeures du répertoire et les raisons multiples de la cause de cet inachèvement :

- mort du compositeur
- le blocage psychologique
- obstacle d'ordre musical
- sensation de faire fausse route
- difficulté à trouver une forme adéquate.


L'art de la fugue, dernier feuillet, contrapunctus 14

Pour vous faire une idée du travail de restitution de certaines de ces oeuvres, le meilleur moyen est encore d'analyser les partitions, en regard des débats musicologiques. Ces réflexions peuvent d'ailleurs se poursuivre avec la notion de work in progress en musique contemporaine et la poétique de L'oeuvre ouverte d'Umberto Eco.

Disponibilité (Diapason)
Disponibilité (7 partitions des oeuvres analysées)
Disponibilité (L'oeuvre ouverte)

Muriel

jeudi 16 avril 2015

Brève : Mulgrew Miller dans le bac "Nouveautés"

1.30611 MILL, cote sur le rayon jazz

Aucune partition de Mulgrew Miller n'était encore présente dans le Réseau romand des bibliothèques: cette lacune a été comblée il y a quelques jours...

La partition contient des transcriptions et des analyses de Miller prises entre 1989 et 2012. Son élève et éditeur du volume, Laurent de Wilde, souligne :

Ces relevés de master classes permettent de saisir le chemin parcouru depuis ses débuts de pédagogue, mais surtout de comprendre sur une portée l'incroyable étendue de sa maîtrise du piano : toute l'histoire du jazz se déroule sous ses doigts et révèle l'ampleur unique de son talent. C'est la Musique qui parle et il en est l'un de ses plus brillants messagers. [...] Sa disparition le 29 mai 2013 laisse un trou béant dans le monde du jazz. Son humanité de doux géant et son assurance musicale indéfectible faisaient de lui l'un des accompagnateurs les plus prisés de ses illustres congénères.
 
 Miller en Piano master class à Tel Aviv en 2012


Muriel

jeudi 9 avril 2015

En coulisses : bibliothèque hantée

Saviez-vous que la Bibliothèque musicale - comme toute bonne bibliothèque qui se respecte - est hantée ? Des êtres étranges se baladent sur les rayons, guignent entre les partitions, créent la surprise au détour d'une étagère. Il s'agit ni plus ni moins de... fantômes ! Les nôtres sont majoritairement jaune et de format A4. Pas de chaînes grinçantes, ni de courant d'air, et encore moins de "ouououhhh"...


Dans le monde des bibliothèques, les fantômes se définissent comme "Fiche, planchette mentionnant le nom de l'emprunteur que l'on met, dans une bibliothèque, à la place d'un volume sorti." (A. Cim, Le Livre, Paris, Flammarion, 1907, p. 188).

Dans notre cas, nous utilisons ce système pour signaler qu'un document a changé de cote (renvoi), qu'il a disparu, ou qu'il est rangé ailleurs à cause de son grand format par ex. Ceci était très utile lorsque la bibliothèque avait en parallèle deux catalogues : celui sur fiches - sous forme numérisée, gelé depuis l'informatisation de la bibliothèque en 1997 - et celui en ligne (RERO). En 2006, la bibliothèque a changé de configuration, proposant une partie de sa collection en libre accès, ce qui n'était pas le cas jusqu'à ce moment-là, l'entier des documents se trouvant en magasins fermés au public. Un bon nombre de partitions ont donc changé de cote, migrant des magasins au libre accès. Afin de signaler ce déplacement, au cas où des lecteurs font des demandes avec d'anciennes cotes provenant du fichier numérisé, les fantômes permettent de tout de suite situer la nouvelle localisation.

Depuis l'été 2013, tous les documents de la bibliothèque ont été recatalogués dans une seule et unique base : RERO. L'ancien fichier est devenu caduque et devrait sous peu disparaître. Il n'y a donc plus de raison d'exister pour la majorité de ces fantômes, les anciennes cotes ne devant plus être demandées.

D'où un gros travail de chasse aux fantômes : les rayons ont été "exorcisés" au point de former d'énormes piles de cartons. Voilà qui fait de la place sur les rayonnages pour ranger de nouvelles partitions, rêve de toute bibliothèque !



Si vous êtes intéressés par la thématique des fantômes, voici quelques pistes musicales : Les chocottes de Gaëtan, Le vaisseau fantôme de Wagner, Sorcières, fées et fantômes : 28 pièces fantastiques et à faire frémir pour les enfants, Le manoir hanté de Moniuszko, Étude : pour "Le palais hanté" d'Edgar Poe : Op. 49, de Florent Schmitt


Fabienne