lundi 28 octobre 2013

Vous avez dit vers d'oreille ?


Voilà une affichette pour tromper l'attente du train, vue dans une petite gare reculée dans le canton de Berne !

De quelle maladie est-il question sous le nom étrange de Ohrwurm

Les vers d'oreilles (earworm en anglais) ne sont pas dangereux pour la santé, mais ont de fort risque d'être contagieux !

Le phénomène repose sur une mélodie qui ne nous lâche plus. Construite sur des accords faciles à retenir, la mélodie est faite d'une progression harmonique des plus communes (tonique, quarte, quinte majeures). Pour vous familiariser avec ces notions d'harmonie, quoi de mieux que Le solfège pour les nuls : les pages 224 et suivantes développent les notions élémentaires des "joies de l'harmonie" !

En 2006, The Guardian publie un article du compositeur et critique musical Vadim Prokhorov dressant son top ten des "earworms". Plus récemment, le phénomène des vers d'oreille a été étudié  par une équipe de la Goldsmiths University de Londres. Cette étude, a collecté des données via un questionnaire. Il en résulte que 90% de la population est touchée au moins une fois par semaine par un "earworm", phénomène qu'elle qualifie de désagréable voire de dérangeant ! 
A recent poll suggested over 90% of the population experience them at least once a week, so it seems like having the odd earworm is perfectly normal. But 15% of people classified their earworms as  "disturbing" and in a different study one third of the people described their earworms as "unpleasant".
Enfin, leurs dernières conclusions ont été énoncée lors de la 12e International Conference on Music Perception and Cognition, (ICMPC) en juillet 2012.


Les exemples donnés par la chronique 120 secondes de l'émission Lève-toi et marche sur Couleurs3 ne font que confirmer l'énoncé théorique ! 



Ecouter Bastian Baker peut donc vous empoisonner l'existence une journée durant, ou, si cela vous arrive, au lieu de faire "la la la" du matin au soir sur les mélodies de James Blunt, venez emprunter les partitions !

Disponibilité
Muriel

lundi 21 octobre 2013

Tabuh-Tabuhan


Après avoir passé plusieurs années à Bali, Colin McPhee s'inspire de différentes techniques du gamelan balinais pour la composition et l'orchestration de son oeuvre Tabuh-Tabuhan. C'est une musique percussive qui lie des motifs, des mélodies et des rythmes personnels aussi bien que balinais. On peut lire l'analyse de cette oeuvre dans un article (en anglais) de Douglas Young publié dans la revue Tempo. D'après Young, il faut avoir un peu de sens de l'humour pour jouer ou écouter Tabuh-Tabuhan. Certains l'on surnommée malicieusement "An American in Bali", oubliant que l'oeuvre a été composée à Mexico, en 1936. Colin McPhee (1900-1964), compositeur et musicologue canadien, fut également professeur d'ethnomusicologie à l'Université de Californie, à Los Angeles, où il termina sa vie. Ses recherches sur la musique balinaise influencèrent Britten, notamment dans son ballet The Prince of the Pagodas.

Le gamelan est un orchestre traditionnel indonésien composé d'un ensemble d'instruments (métallophones, xylophones, gongs, flûtes de bambous...) tels que ce Gender de Bali conservé au Musée d'Ethnographie de Genève.
Tabuh-Tabuhan, toccata pour orchestre et deux pianos, comprend trois mouvements : Ostinatos, Nocturne, Final. Le titre peut être traduit plus ou moins comme "une collection d'instruments à percussion". Le compositeur précise que le coeur de l'instrumentation comprend un "gamelan nucléaire" formé de deux pianos, célesta, xylophone, marimba et glockenspiel. L'effectif est celui d'un grand orchestre symphonique, il comprend également des gongs et cymbales balinaises.


Après avoir écouté cet extrait musical, vous aurez certainement la curiosité de déchiffrer la partition disponible à la Bibliothèque musicale (Associated Music Publishers).


Disponibilité 
Tullia

lundi 14 octobre 2013

Sports et divertissements

Les titres fantaisistes d'Erik Satie étonneront toujours : 

Embryons desséchés, Musiques d'ameublement (Carrelage phonique, Tapisserie en fer forgé, Tenture de cabinet préfectoral...), Sonatine bureaucratique, Trois valses distinguées du précieux dégoûté, Allons-y chochotte, La belle excentrique...

Dans le même genre, la Bibliothèque musicale vient d'acquérir Sports et divertissements, une série de 21 petites pièces pour piano, intitulées La balançoire, Colin-maillard, Le bain de mer, Le water-chute, Le flirt, Le feu d'artifice...

Comme l'écrit Adélaïde de Place dans le Guide de la musique de piano et de clavecin (sous la dir. de François-René Tranchefort, éd. Fayard, 1987) :

Ce recueil de vingt-et-une miniatures qui, pour Milhaud, forme "l'une des oeuvres les plus caractéristiques de l'école française" a été esquissé entre mars et mai 1914 (...). Accompagnées de dessins de Charles Martin, ces pièces extrêmement brèves sont en réalité des instantanés musicaux qui, selon Alfred Cortot, correspondent le mieux "à la nature momentanée du singulier génie de Satie". Les citations parodiques des oeuvres précédentes ont disparu, remplacées par des commentaires qui s'intercalent entre deux portées. On peut donc y voir "l'intégration simultanée de trois dimensions (visuelle, littéraire et sonore)."



Le plus drôle est sans doute la préface écrite par Erik Satie. Voyez plutôt :

Cette publication est constituée de deux éléments artistiques : dessin, musique. La partie dessin est figurée par des traits - des traits d'esprit ; la partie musicale est représentée pas des points - des points noirs. Ces deux parties réunies - en un seul volume - forment un tout : un album. Je conseille de feuilleter, ce livre, d'un doigt aimable & souriant, car c'est ici une oeuvre de fantaisie. Que l'on n'y voie pas autre chose.
Pour les "recoquevillés" & les "abêtis", j'ai écrit un choral grave & convenable. Ce choral est une sorte de préambule amer, une manière d'introduction austère & infrivole. J'y ai mis tout ce que je connais sur l'ennui. Je dédie ce choral à ceux qui ne m'aiment pas.
Je me retire.






Une partition à voir et à écouter !

Disponibilité

Fabienne