jeudi 19 décembre 2013

Bach BWV 930 (lecture hivernale)


Dans Le silence de Perlmann, paru récemment en traduction française, Pascal Mercier (voir précédemment ici) ne peut s'empêcher de glisser quelques pages ayant trait à la musique.


On commence par faire la connaissance de quelques linguistes, tous réunis par le professeur Philipp Perlmann. Cinq semaines de colloque au bord de la Riviera italienne ce sont les unités de temps et de lieu.

D'entrée, on perçoit une rivalité entre deux participants : Perlmann et Millar. Et, c'est sur le terrain musical qu'ils s'affrontent.
Le deuxième soir, après le repas, on sollicite Millar de s'asseoir au piano.
La démarche légère, il se dirigea vers le piano à queue, déboutonna son blazer et ajusta le siège devant l'instrument. Perlmann se dit qu'il affichait le visage de quelqu'un qui s'efforce de ne pas paraître trop vaniteux tout en sachant que tous les yeux sont rivés sur lui [...]. C'était un visage attentif, concentré, qu'on aurait pu qualifier d'ému, sans que Millar ait fait la moindre tentative pour commenter la musique ou ses sentiments par quelques mimiques. Même cela me plaît, au fond. Pourquoi ne suis-je tout simplement pas capable de prendre Millar tel qu'il est, pourquoi faut-il systématiquement que je cherche la confrontation avec lui ? 
Il jouait avec brio, ou plus exactement, se dit Perlmann après réflexion, il jouait avec compétence, bien que dans ce contexte ce fût un mot étonnant [...]. Mais il y avait davantage dans le jeu de Millar. Ce ne fut que de mauvaise grâce que Perlmann se rendit compte que Millar interprétait Bach dans un style extrêmement marqué, comme il n'en avait jamais connu [...]. Les notes qui résonnaient, conduisaient la partition, étaient comme la pointe mouvante d'une craie avec laquelle on écrit, pensait Perlmann, et dont on peut suivre le tracé entier sur un tableau. Mais n'est-ce pas le propre de toute mélodie, n'est-ce pas justement l'essence même de la forme musicale ; à quoi cela tient-il qu'il arrive à produire quelque chose de nouveau, de personnel, quelque chose d'unique ? Comment fait-il donc ? L'autre effet produit par le jeu de Millar résidait dans l'impossibilité, pour son auditoire, de se laisser submerger par la mélodie entendue [...]. Perlmann testa la pertinence d'une série de qualificatifs : austère, raide, dépouillé, froid, intellectuel, gothique. Il les élimina tous, les jugeant superficiels et stéréotypés. Force était de reconnaître que la spécificité du jeu de Millar ne résidait pas simplement dans l'expression de son tempérament, de son caractère, mais qu'elle représentait une véritable interprétation, une création personnelle de la musique de Bach. [pp. 139-141]
Fort de sa découverte, Perlmann aura finalement sa revanche. Perlmann connaît par coeur le morceau joué et pourra démontrer qu'il s'agit du prélude BWV 930 et non le prélude BWV 902 en sol majeur comme l'affirme Millar.


cop. Denzel

La seconde confrontation musicale, avec Perlmann au clavier cette fois-ci, se fera en toute fin de colloque, autour de Liszt et Chopin. 

Six cents pages séparent les deux passages. Le temps à Perlmann de s'enfoncer dans le silence - pour seule réponse aux questions posées durant les cinq semaines, il ne fera qu'"un hochement de tête muet"... afin peut-être de se révéler à lui-même et constituer la dernière unité, celle de l'action.

Le rapport du romancier Pascal Mercier à la musique est dense et intime. Il  s'exprime à ce propos dans l'entretien qu'il a accordé à Payot en 2008, mais garde une préférence pour le "silence absolu", ... comme son héros.

Vous ne pouvez plus venir emprunter des partitions jusqu'au 2 janvier, plongez dans la lecture de ce roman tourmenté et passionnant ou testez-vous à jouer le prélude de Bach après l'interprétation de Millar !

Disponibilité (Pascal Mercier)
Disponibilité (Johann Sebastian Bach)
Muriel

lundi 2 décembre 2013

La double vie d'une Sarabande



A côté des deux compositeurs lyriques (Verdi et Wagner), l'hommage à Francis Poulenc pourrait passer inaperçu. Pourtant, en cette fin d'année, la presse musicale met en exergue le compositeur français décédé il y a cinquante ans.

D'une part, le numéro de novembre dernier de Diapason (no 618) lui consacre sa couverture et un article émouvant, Poulenc, moine, voyou et fier de l'être qui nous retranscrit une interview de Poulenc en été 1962 ! On y apprend sa tâche dévouée quand il se consacre à la musique vocale afin de trouver "l'adhérence parfaite au poème [...] La transposition musicale d'un poème doit être un acte d'amour, jamais un mariage de raison".

D'autre part, le guitariste Sébastien Llinares, passionné par l'oeuvre de Poulenc, lui rend hommage dans le dernier numéro de Guitare classique. Il analyse une pièce d'Eric Pénicaud dont il est le dédicataire : L'improvisation sur la Sarabande de Francis Poulenc. La Sarabande a été composée en 1960, la partition de Pénicaud en 2013 et voici ce que dit l'interprète de ces deux musiques imbriquées : 

Poulenc aimait dire que l'on pouvait créer de la musique nouvelle et originale avec les accords des autres, et c'est ce qu'il a fait, magnifiquement, toute sa vie ! Et pourtant, quelle identité dans sa musique ! Deux notes suffisent à reconnaître son style. La musique d'Eric Pénicaud possède également cette qualité, bien que la notion de langage soit très différente chez ces deux compositeurs. Pénicaud invente ses propres accords, son propre monde harmonique, il raffine son propre langage. Geste et composition se mêlent constamment et particulièrement dans Improvisation sur la Sarabande de Francis Poulenc. Poulenc aimait dire que la seule vraie inspiration est celle des doigts, je m'avancerai en disant qu'Eric Pénicaud acquiescerait et pourrait reprendre ce principe.
Et, cela donne ceci :


Sébastien Llinares interprète et dédicataire


Disponibilité (Guitare classique)
 

Disponibilité (Partitions de Poulenc)
Muriel

lundi 25 novembre 2013

Laurent Sabon, décorateur genevois


  Patrie Suisse, Journal illustré, no 37 (1895)

Laurent Sabon (1852-1936) fut artiste peintre et travailla pour le Grand Théâtre de Genève de 1880 à 1914 après avoir appris son métier dans les ateliers de l’Opéra de Paris pendant 15 ans. Il réalisa les décors des œuvres de Wagner données sur la scène genevoise pendant cette période, notamment Tannhäuser, La Walkyrie, Tristan et Isolde, Siegfried, soit quelques milliers de mètres carrés de toile peinte.

 
Tannhäuser ,décors de Laurent Sabon, 1894-1895

Si aujourd'hui, nous montrons quelques documents relatifs à son travail dans le cadre de l'exposition "Wagner", Laurent Sabon a collaboré aux créations d'opéras majeurs pour l'époque : Les armaillis et Le nain du Häsli de Gustave Doret, Carmen de Bizet, les opéras de Massenet et tout le répertoire de la fin du 19e siècle. A son décès en 1936, ses décors continuent d'être occasionnellement utilisés.

La notice nécrologique qui lui est consacrée dans le Journal de Genève nous apprend que Laurent Sabon était également peintre. Un article de La semaine littéraire paru à l'occasion du Salon des aquarellistes à Genève en 1893 évoque notre décorateur :"Admirons M. L. Sabon pour sa virtuosité et les ressources infinies de son art qui éclatent dans ses infinies compositions : Les bords de l'Aire et Le Bois de la Bâtie". Son talent est ensuite reconnu au-delà de nos frontières par la remise d'une médaille d'or au Salon de Paris en 1900.

 Vagues

L'exposition Wagner mis en scène à Genève et ailleurs se poursuit jusqu'au 6 décembre prochain.


Disponibilité
Muriel

lundi 18 novembre 2013

Herbert Graf, l'homme invisible de la scène lyrique

"L’homme invisible de la scène lyrique", tel que Herbert Graf se désigne lui-même dans ses mémoires, est un metteur en scène d’envergure internationale. De 1965 à sa mort en 1973, il fut directeur du Grand Théâtre de Genève. En plus de la direction artistique et administrative, il réalisait trois mises en scène par saison. Parmi ses 32 nouvelles productions genevoises figurent 8 opéras de Wagner.

Herbert Graf participa dès la fin des années 50 à la réflexion pour la reconstruction du bâtiment, suite à l’incendie qui ravagea le Grand Théâtre en 1951. Sa longue expérience au Metropolitan Opera de New York a été mise à profit. Herbert Graf est aussi l’inventeur d’un équipement de transmission télévisée pour les salles lyriques. Il fut pionnier, dès 1942, dans la production de retransmissions télévisées d’opéras.

Sa vocation de metteur en scène lui vient très tôt. En 1925, il soutient à Vienne, dans sa ville natale, une thèse intitulée Richard Wagner metteur en scène. Cette thèse a été traduite et publiée en français en 2011.


Richard Wagner, Die Meistersinger von Nurnberg, Peters, Fonds Herbert Graf BGE Mss 2005/37

On voit ici l'exemplaire personnel de la partition pour chant et piano d’Herbert Graf, annotée avec ses indications de mise en scène. Les mouvements des choristes, les éclairages, la position des solistes et le plan de la scène (ici des escaliers) sont notés sur la page de droite en regard de la partition. Les croquis et les indications se succèdent en suivant la musique. On voit sur ce croquis trois groupes de personnes représentées par des couleurs : Lehrbuben (jaune), Gesellen (vert), Meister (noir). Ce document fait partie du fonds d’archives personnelles d’Herbert Graf conservé au Département des manuscrits de la Bibliothèque de Genève depuis 2005. Il est à voir jusqu'au 5 décembre à la Bibliothèque musicale dans l'exposition consacrée à Wagner.

Tullia

lundi 11 novembre 2013

Lou Reed : "his" life was saved by rock 'n' roll

Les paroles de "Rock & Roll" sont restées actuelles pendant les quarante années qui ont suivi : her life was saved by rock 'n' roll (sa vie fut sauvée par le rock) ! Actuelles jusqu'au 27 octobre dernier, jour du décès de Lou Reed.

  Rock & Roll  en live, tournée de 1986


Créé en 1970 par le Velvet Underground, groupe qu'il quittera peu après, Rock & Roll, comme en témoigne cette vidéo parmi d'autres, sera repris durant toute sa carrière en solo.  

Transformer (1972) est l'un de ses tous premiers albums solo. A cette époque déjà, il aurait pu affirmer :
Certains disent que je suis perfectionniste. Mais je suis aussi talentueux et je le sais quand je crée quelque chose de grand (1998).



L'album, produit par David Bowie, contient en effet, les titres les plus connus de Lou Reed : Perfect day et Walk on the wild side. Ce dernier titre, un peu jazzy et dont la basse est signée Herbie Flowers, fut présent au Top 20 américain et anglais, malgré les paroles subversives renvoyant aux icônes  mythiques de la Factory de Warhol.

Si vous lisez ces lignes et que vous ne connaissez pas Lou Reed, l'émission "Plein le poste" de la RTS lui rend hommage : une heure de musique pour un survol de cette immense carrière !

Les documents disponibles dans le Réseau genevois, quant à eux, illustrent l'éclectisme de l'artiste.

Disponibilité 
Muriel

jeudi 7 novembre 2013

Hommage à Patrice Chéreau

Le finale de la Walkyrie, Bayreuther Festival

Entre les différentes commémorations de cette année 2013 se glisse de manière inopportune un hommage à Patrice Chéreau.

En cette "année Wagner", on peut retenir, entre autres créations, le Ring qu'il monta à Bayreuth en 1976. Le musicologue et directeur de publications pour l'Avant-Scène Christian Merlin nous parle de Patrice Chéreau :
Des menaces de mort la première année, une heure et demie de rappel la dernière. L'opéra a beau être le lieu de toutes les démesures, un tel revirement n'est tout de même pas fréquent [...]. Le fait qu'il se soit agi du Ring du centenaire de la création de l'oeuvre et du festival de Bayreuth en aura sans doute accentué la médiatisation et la portée symbolique, mais au-delà de l'événement conjoncturel, on sait maintenant qu'il y a un avant et un après Chéreau. (p.77-78 Avant-Scène no 274)

Dans le dernier Diapason, Chéreau définit son travail de mise en scène comme une lecture:
Je ne suis pas un relecteur dit en substance Patrice Chéreau. Je ne relis pas, je lis. Je découvre comme un nouveau-né le texte, le texte nu, sans tradition, sans convention. Je suis le télescope, le microscope, le stéthoscope du spectateur. Ou une paire de lunettes entre l'oeuvre d'hier et le public d'aujourd'hui.


En cliquant ci-dessous écoutez Patrice Chéreau à propos de son Ring, les réactions du metteur en scène Olivier Py ou encore le témoignage ému du chef d'orchestre Philippe Jordan.


Cliquer sur "télécharger" pour écouter le Rendez-vous Culture de RFI dédié à Patrice Chéreau, mort le 7 octobre 2013.
(05:54)

vendredi 1 novembre 2013

Wagner mis en scène à Genève et ailleurs

Genève, cet automne, commémore de tous côtés le bicentenaire de la naissance de Wagner grâce au Wagner Geneva Festival, à l'exposition Wagner l'opéra hors de soi de la Fondation Bodmer ou encore à La Walkyrie au Grand Théâtre, première journée du Ring qui sera joué intégralement d'ici à mai 2014 . La Bibliothèque, quant à elle, met à l'honneur les mises en scène des opéras de Wagner à Genève : riche de documents d'archives, l'exposition montre aux visiteurs des pièces uniques des 19e et 20e siècles. 

Chanteurs sur la scène du Grand Théâtre en 1894 dans les décors de Laurent Sabon
Chanteurs sur la scène du Grand Théâtre en 1894 dans les décors de Laurent Sabon

Dans les albums photos, le ténor parisien Pierre-Emile Engel pose fièrement ! Il fut l'invité du Grand Théâtre pour les grands rôles wagnériens dans les années 1890. Les planches de costumes et de décors pour le Vaisseau fantôme sont conservées parallèlement aux instructions de Wagner dans une édition traduite en français (acte I, sc. 3) :
« J’ai détaillé si soigneusement cette scène afin de montrer, en quel sens je veux que le Hollandais soit représenté, et combien est grande l’importance de la plus minutieuse concordance du jeu avec la musique. Que l’acteur se donne la peine de chercher à concevoir dans le même sens son rôle tout entier. Au reste, cet air est aussi la partie la plus difficile du rôle, surtout parce que c’est de la bonne réalisation de cette scène que dépend pour le public, la compréhension ultérieure du sujet ».

La bibliothèque est fière de posséder les cinq volumes des Gesammelte Schriften und Dichtungen qui constituent l’édition originale de Leipzig (1771-1880). Un des volumes est exposé à la bibliothèque alors que deux autres ont été prêtés à la Fondation Bodmer.

Affiche de Roland Aeschlimann (1977)
Affiche de Roland Aeschlimann (1977)

L'exposition se poursuit avec des affiches allant de 1883 à 2013 : affiches typographiques ou illustrées par des grands noms du graphismes genevois (Roland Aeschlimann, Roger Pfund).

Nous reviendrons ultérieurement sur l'exposition et sur les documents plus récents.

En attendant, l'exposition se visite aux heures d'ouverture de la bibliothèque jusqu'au 5 décembre prochain.

Muriel

lundi 28 octobre 2013

Vous avez dit vers d'oreille ?


Voilà une affichette pour tromper l'attente du train, vue dans une petite gare reculée dans le canton de Berne !

De quelle maladie est-il question sous le nom étrange de Ohrwurm

Les vers d'oreilles (earworm en anglais) ne sont pas dangereux pour la santé, mais ont de fort risque d'être contagieux !

Le phénomène repose sur une mélodie qui ne nous lâche plus. Construite sur des accords faciles à retenir, la mélodie est faite d'une progression harmonique des plus communes (tonique, quarte, quinte majeures). Pour vous familiariser avec ces notions d'harmonie, quoi de mieux que Le solfège pour les nuls : les pages 224 et suivantes développent les notions élémentaires des "joies de l'harmonie" !

En 2006, The Guardian publie un article du compositeur et critique musical Vadim Prokhorov dressant son top ten des "earworms". Plus récemment, le phénomène des vers d'oreille a été étudié  par une équipe de la Goldsmiths University de Londres. Cette étude, a collecté des données via un questionnaire. Il en résulte que 90% de la population est touchée au moins une fois par semaine par un "earworm", phénomène qu'elle qualifie de désagréable voire de dérangeant ! 
A recent poll suggested over 90% of the population experience them at least once a week, so it seems like having the odd earworm is perfectly normal. But 15% of people classified their earworms as  "disturbing" and in a different study one third of the people described their earworms as "unpleasant".
Enfin, leurs dernières conclusions ont été énoncée lors de la 12e International Conference on Music Perception and Cognition, (ICMPC) en juillet 2012.


Les exemples donnés par la chronique 120 secondes de l'émission Lève-toi et marche sur Couleurs3 ne font que confirmer l'énoncé théorique ! 



Ecouter Bastian Baker peut donc vous empoisonner l'existence une journée durant, ou, si cela vous arrive, au lieu de faire "la la la" du matin au soir sur les mélodies de James Blunt, venez emprunter les partitions !

Disponibilité
Muriel

lundi 21 octobre 2013

Tabuh-Tabuhan


Après avoir passé plusieurs années à Bali, Colin McPhee s'inspire de différentes techniques du gamelan balinais pour la composition et l'orchestration de son oeuvre Tabuh-Tabuhan. C'est une musique percussive qui lie des motifs, des mélodies et des rythmes personnels aussi bien que balinais. On peut lire l'analyse de cette oeuvre dans un article (en anglais) de Douglas Young publié dans la revue Tempo. D'après Young, il faut avoir un peu de sens de l'humour pour jouer ou écouter Tabuh-Tabuhan. Certains l'on surnommée malicieusement "An American in Bali", oubliant que l'oeuvre a été composée à Mexico, en 1936. Colin McPhee (1900-1964), compositeur et musicologue canadien, fut également professeur d'ethnomusicologie à l'Université de Californie, à Los Angeles, où il termina sa vie. Ses recherches sur la musique balinaise influencèrent Britten, notamment dans son ballet The Prince of the Pagodas.

Le gamelan est un orchestre traditionnel indonésien composé d'un ensemble d'instruments (métallophones, xylophones, gongs, flûtes de bambous...) tels que ce Gender de Bali conservé au Musée d'Ethnographie de Genève.
Tabuh-Tabuhan, toccata pour orchestre et deux pianos, comprend trois mouvements : Ostinatos, Nocturne, Final. Le titre peut être traduit plus ou moins comme "une collection d'instruments à percussion". Le compositeur précise que le coeur de l'instrumentation comprend un "gamelan nucléaire" formé de deux pianos, célesta, xylophone, marimba et glockenspiel. L'effectif est celui d'un grand orchestre symphonique, il comprend également des gongs et cymbales balinaises.


Après avoir écouté cet extrait musical, vous aurez certainement la curiosité de déchiffrer la partition disponible à la Bibliothèque musicale (Associated Music Publishers).


Disponibilité 
Tullia

lundi 14 octobre 2013

Sports et divertissements

Les titres fantaisistes d'Erik Satie étonneront toujours : 

Embryons desséchés, Musiques d'ameublement (Carrelage phonique, Tapisserie en fer forgé, Tenture de cabinet préfectoral...), Sonatine bureaucratique, Trois valses distinguées du précieux dégoûté, Allons-y chochotte, La belle excentrique...

Dans le même genre, la Bibliothèque musicale vient d'acquérir Sports et divertissements, une série de 21 petites pièces pour piano, intitulées La balançoire, Colin-maillard, Le bain de mer, Le water-chute, Le flirt, Le feu d'artifice...

Comme l'écrit Adélaïde de Place dans le Guide de la musique de piano et de clavecin (sous la dir. de François-René Tranchefort, éd. Fayard, 1987) :

Ce recueil de vingt-et-une miniatures qui, pour Milhaud, forme "l'une des oeuvres les plus caractéristiques de l'école française" a été esquissé entre mars et mai 1914 (...). Accompagnées de dessins de Charles Martin, ces pièces extrêmement brèves sont en réalité des instantanés musicaux qui, selon Alfred Cortot, correspondent le mieux "à la nature momentanée du singulier génie de Satie". Les citations parodiques des oeuvres précédentes ont disparu, remplacées par des commentaires qui s'intercalent entre deux portées. On peut donc y voir "l'intégration simultanée de trois dimensions (visuelle, littéraire et sonore)."



Le plus drôle est sans doute la préface écrite par Erik Satie. Voyez plutôt :

Cette publication est constituée de deux éléments artistiques : dessin, musique. La partie dessin est figurée par des traits - des traits d'esprit ; la partie musicale est représentée pas des points - des points noirs. Ces deux parties réunies - en un seul volume - forment un tout : un album. Je conseille de feuilleter, ce livre, d'un doigt aimable & souriant, car c'est ici une oeuvre de fantaisie. Que l'on n'y voie pas autre chose.
Pour les "recoquevillés" & les "abêtis", j'ai écrit un choral grave & convenable. Ce choral est une sorte de préambule amer, une manière d'introduction austère & infrivole. J'y ai mis tout ce que je connais sur l'ennui. Je dédie ce choral à ceux qui ne m'aiment pas.
Je me retire.






Une partition à voir et à écouter !

Disponibilité

Fabienne

lundi 30 septembre 2013

Musique poubelle

Un groupe de musique avec un nom de poubelle : il faut le faire ! En plus qui chante en suisse allemand : unglaublich ! Mais ne faisons pas d'amalgame entre les deux, nous ne nous le permettrions pas !

Patent Ochsner est donc un groupe de musique suisse alémanique, fondé en 1990. Il tire son nom de l'inscription présente sur le modèle de poubelle le plus répandu en Suisse, fabriqué par l'entreprise J. Ochsner AG. On peut le traduire par "Modèle breveté Ochsner".

Le premier album Schlachtplatte paraît en 1991 et obtient une rapide renommée outre Sarine. D'autres suivront : Fischer, Gmües, Stella Nera, Honigmelonemond, Trybguet, Liebi, Tod u Tüüfu, The Rimini Flashdown et Johnny. Tout un programme.

La plupart des chansons du groupe sont en dialecte bernois (bärndütsch), avec des titres sympathiques comme
Gummiboum, I ha letscht Nacht e troum gha

ou encore...

Bluetbadbullschittläärloufmagerquark ... (intraduisible...)

Bluetbadbullschittläärloufmagerquark

Les paroles, pour vous aider à suivre :

du gwinnsch am samschtig am aabe ir e quizshow e frou | en insle & ne yacht
& ne bitz vom ne meer | es outo & es schloss & es rennross | & ne mixer vo
moulinex | & ds publikum im schtudio tobet & tuet | & dr laggaff i dr schale,
wo dür d sändig füehrt | isch schtändig grüehrt | & macht e fige wie dr liebgott
| du machsch ds muul uuf, d ouge zue | leisch beid häng a dys gsicht
| du chasch nid gloube was de gsehsch & fragsch: | «das isch aues mys? |
wahnsinn so ne prys | wohär söu I mit au däm schiis?» | «mir gäbe dir drü für
zwöi.» | & I weiss, I bruuche nume eis | es bunkerdicks fäu | I bsorge mir no
schnäu | es bunkerdicks fäu | wo mi unverletzbar macht & wo mi schützt |
vor däm bluetbadbullschittläärloufmagerquark | ineschtäche, umeschlaa,
dürezieh & abelaa | es chunnt e bär | wo chunnt är här | wo wott är hi? |
weiss I doch nid | niemer isch am luege | aber aui si am glotze | «mir gäbe dir
drü für zwöi.» | & I weiss, I bruuche nume eis es bunkerdicks fäu | I bsorge mir
no schnäu | es bunkerdicks fäu | wo mi unverletzbar macht & wo mi schützt
| vor däm bluetbadbullschittläärloufmagerquark

Patent Ochsner sur les rayons
Les éditions bernoises Stellanera ont publié en 2012 un recueil de 31 chansons tirées de plusieurs albums de Patent Ochsner. La partition est un bel objet, au format carré, conçu par l'artiste biennois Martin Albisetti et Büne Huber, leader du groupe. A découvrir et à chanter !



Fabienne

lundi 23 septembre 2013

Bach et moi


cop. Svend Andersen

En décembre 2012, Alexandre Astier a reçu le prix du Jeune Théâtre de la part de l'Académie française pour son spectacle Que ma joie demeure créé au Théâtre du Rond-Point en avril de la même année. Jean-Loup Dabadie a tenu les propos suivants lors de la remise du prix :

Alexandre Astier est né et a grandi dans une famille de comédiens. Le théâtre a toujours été son milieu, son affaire, son rêve. Sa pièce Que ma joie demeure! est une irrésistible variation sur un moment de la vie de Jean-Sébastien Bach qui donne au public un cours magistral (ce que certains se croient obligés d’appeler une « master class ») sur la musique, la composition, les harmonies, les cadences, les instruments, les modes… Et dans tout cela les pleins et les déliés difficiles et drolatiques de la vie quotidienne.
Le style brillant, fugué, d’Alexandre Astier, l’art comme improvisé qu’il a de jouer du clavecin entre ses répliques, son évidente culture, en font un artiste exceptionnel, un auteur de grand avenir.
Le titre de sa pièce évoque celui de la Cantate BWV 147 sans que pour autant celle-ci soit au centre de la création du comédien lyonnais. Durant le spectacle, il est question de l'homme autant que du compositeur, Alexandre Astier allant puiser chez Gilles Cantagrel et son Passion Bach, l'album d'une vie les anecdotes de la vie de tous les jours. Pour ce qui est de la musique, nous sommes en 1733, à Leipzig, époque où Bach a composé ses grandes oeuvres sacrées, précédant les oeuvres de contrepoint (l'Offrande musicale, l'Art de la fugue). Le Kantor, lors de portes ouvertes, assis au clavecin, commence sa leçon de musique... Brillant moment de théâtre déployant toutes les facettes de l'auteur !

 

 
Genève est l'une des heureuses élues dans la tournée de Que ma joie demeure, juste après la Cité de la musique. Alexandre Astier sera sur les planches du Théâtre du Léman vendredi 27 et samedi 28 septembre prochain. Et, pour ceux qui ne peuvent y aller, vous pouvez voir la pièce ici. Avant ou après, pour parfaire vos notions de contrepoint, le Gradus ad parnassum de Johann Joseph Fux est disponible à la bibliothèque, dans une édition tout récemment traduite en français !

Disponibilité
Muriel

lundi 16 septembre 2013

Qu'est-ce qu'un hommage ?

La réponse lors du prochain concert au Musée d'Art et d'Histoire de Genève. Le concert en hommage au compositeur suisse Éric Gaudibert est suivi d'une visite dans les collections du musée sur le thème : 

Hommage : entre citation, réécriture et représentation
Une visite entre objets antiques et oeuvres d’art moderne pour décliner la problématique de l’hommage au sens large: de la représentation des commanditaires à la référence à une oeuvre d’art fameuse, en passant par l’autocitation.

Les oeuvres de musique de chambre d
'Éric Gaudibert au programme sont disponibles en partition à la bibliothèque musicale, pour une lecture avant le concert, parmi l'intégralité des pièces publiées du compositeur. 

Chacune fait référence (ou hommage) à un auteur ou à une oeuvre.

  • Message pour violoncelle et alto (2000)
La partie d'alto, indépendante de celle du violoncelle, est un chant populaire portugais oh! quem gaba serpa p'r'o canto qui est ici orné. Le caractère populaire influence fortement la partie de violoncelle solo.
 

  • «Pour Orphée» pour cor (2004)
Composé d'après sa propre oeuvre Un jardin pour Orphée pour cor et ensemble instrumental à cordes, le titre fait référence à un dessin de Paul Klee, intitulé Ein Garten für Orphée

  • Quatuor à cordes II (2006)




Ce quatuor est placé sous le signe de l'écrivain-voyageur Kenneth White :

Que c'est beau, que c'est beau
il n'y a rien de plus beau

la lumière bleue qui point sur la montagne
la lune qui descend dans la pluie

rien, il n'y a rien de plus beau.

(Wakan, extr. de Terre de diamant, Grasset, 1983)
 


Disponibilité
Tullia

lundi 9 septembre 2013

Beau Dommage ... le grand froid québécois!!!


Beau Dommage est un groupe de musiciens et chanteurs québécois formé en 1973, dont les origines remontent à la coopérative théâtrale La Quenouille Bleue, une organisation à caractère loufoque dont les thèmes principaux étaient liés à l'humour, à la musique et à l'abstrait, toutes ces qualités que l’on retrouve dans leur répertoire.
Leur premier album Beau Dommage sort en 1974 et connaît un immense succès avec leur fameuse "Complainte du phoque en Alaska".


Après une série d'albums dans les années 70, Où est passée la noce?, Un autre jour arrive en ville, et Passagers, le groupe connaît quelques dissolutions et réapparitions jusqu'en 2005 où nous les retrouvons aux FrancoFolies de Montréal.


Pour tous les nostalgiques de "Ginette", "Le picbois", "Harmonie du soir à Châteauguay" ou autre rengaine québécoise des années 70, la bibliothèque musicale vous propose un joli choix de partitions de ce groupe.

Disponibilité
                                                                    Patricia

 

lundi 26 août 2013

L'arche de Noé du guitariste

Christophe Leu est un guitariste éclectique. Il a étudié la guitare au Conservatoire de musique Genève auprès de Maria-Livia Sao Marcos où il a obtenu sa virtuosité. Depuis, il se produit régulièrement en concerts et est très actif dans les musiques actuelles, composant et arrangeant de nombreux morceaux.

Il enseigne également la guitare à Genève et a composé ce recueil très joliment illustré de pièces pour les guitaristes débutants intitulé L'arche de Noé du guitariste.



Christophe Leu explique :

"Je n'ai pas seulement souhaité décrire des animaux et les climats de leurs origines, mais je désirais également proposer un maximum de tonalités différentes afin de familiariser les guitaristes avec des sons et des positions autres que les mi mineur et la mineur que l'on trouve généralement à ce niveau.

Chaque pièce contient aussi un aspect technique à développer : legato et sonorité dans l'escargot et le cobra; arpèges et résonnances des notes dans le dromadaire; expression et notes glissées dans l'éléphant; swing et rythme shuffle dans le chat, accords frottés et pizzicatti dans l'ours; accords aigüs et rythmiques dans le condor; jeu en notes pincées et effets de percussions dans le cheval; positions hautes, sonorité et harmoniques dans le poisson et jeu en notes pincées avec le pouce et la majeur ainsi que rapidité et agilité dans le bourdon."

 
Illustration de Pierre Cendors, cop. Les productions d'OZ 

La partition est accompagnée d'un disque compact avec l'interprétation de l'album complet par Christophe Leu à la guitare.

Tullia

lundi 12 août 2013

La boîte à joujoux

Inspiré d'un livre d'images de l'illustrateur André Hellé, La boîte à joujoux est un ballet pour enfants écrit en 1913 par Claude Debussy (1862-1918) dans une version pour piano. Le compositeur avait déjà dédié Children's corner à sa fille "Chouchou". Il n'a pas eu le temps de finir l'orchestration de cette nouvelle oeuvre : c'est son collègue et ami, André Caplet, qui l'acheva.

 Première édition. Paris: Durand et Cie., 1913

La musique fait penser à une musique de dessin animé. Elle est organisée en courtes séquences illustratives très contrastées, parsemée de références à des airs populaires (Il pleut bergère, Polichinelle, Dodo, l'enfant do...). Ainsi colorée, la partition associe à chaque personnage une atmosphère particulière : elle rehausse le caractère espiègle et méchant de Polichinelle, dessine avec grâce à la clarinette la valse de la poupée Chouchou, mime au contrebasson les pas lourds du maire et enfin laisse à la harpe, si chère à Debussy, une place centrale.

Version pour piano (Christian Ivaldi) et récitant (François Castang)

Dans une version remaniée par Rascal, illustrée par Régis Lejonc, racontée par Nathalie Dessay et jouée par l'ensemble Agora, La boîte à joujoux éditée chez Didier jeunesse est un conte musical que vous trouverez dans le nouvel espace enfants de la Bibliothèque musicale.

Disponibilité


Fabienne

mardi 2 juillet 2013

Achille Scotti, un pianiste hors du commun


Achille le non-voyant
Parmi les musiciens du Groupe Instrumental Romand, un musicien atypique : Achille Scotti, pianiste et organiste, aveugle dès l’âge de un an.

Achille Scotti n’a jamais voulu de canne blanche. Il voulait vivre comme tout le monde, se contentant du bras de sa femme, d’un de ses enfants ou d’un ami pour traverser la rue. Dès son enfance il repousse les limites que lui impose son handicap en faisant du vélo, du tir, en grimpant aux arbres… Il a même conduit une voiture qui a fini sa course contre un arbre !

Un homme cultivé au caractère fort doté d’un grand sens de l’humour qui faisait de lui un personnage haut en couleur. Une grande maîtrise de son art malgré sa cécité rendait l’homme particulièrement impressionnant.



Achille le musicien
Né en 1925 sur les bords du lac de Côme, Achille Scotti fait ses études musicales au Conservatoire de Milan où il obtient une virtuosité de piano et d’orgue.

Il débute sa carrière en 1945 en jouant dans de nombreux établissements d’abord en Italie puis, dès 1946, en Suisse en duo de pianos. Il est appelé à collaborer de plus en plus souvent avec la Radio Suisse Romande, notamment pour l’émission "Lundi soir" dans laquelle il joue la chanson demandée par les auditeurs en l’arrangeant instantanément à la façon de Chopin, Bach, Eroll Garner, etc.

En 1950, il est engagé comme pianiste et arrangeur par le Service de la musique légère de Radio-Genève et joue dans le GIR dès sa création. Il a également collaboré avec la Radio Télévision Italienne.

Sa présence quasi permanente dans les nombreuses productions radiophoniques durant les années 50-60 le font connaître de chaque famille écoutant le poste de radio en Suisse romande.

En parallèle de son activité au GIR, Achille Scotti continue à exercer son métier de musicien en se produisant en trio jazz pour des mariages et des soirées privées les fins de semaine.

Il participe comme soliste à de multiples concerts et galas en Allemagne ainsi qu’au Danemark. En tant que "pianiste en titre" de la Radio Télévision Suisse Romande il accompagne les nombreuses vedettes de la chanson qui passent dans les studios (Gilbert Bécaud, Joséphine Baker, Catherine Sauvage, Esther Ofarim, Marcel Amont, etc.).

En 1964, il obtient le 1er prix de musique légère pour son œuvre "En passant" décerné par la Communauté radiophonique des programmes de langue française. Dans le cadre des concours de l'Union Européenne de Radiodiffusion, il remporte, en 1981, le 1er prix à Oslo dans la catégorie œuvres nouvelles pour harmonies et fanfares avec "En avant Boum-Boum" puis, en 1985, le 1er prix à Manchester dans la catégorie œuvres libres avec "Taratata".

La légende raconte que, repéré dans les studios de la RAI à Rome, Scotti est engagé par un agent américain pour écrire les arrangements musicaux du prochain disque de Frank Sinatra. Il reste surtout de lui un disque remarquable, dans le grand art du trio jazz, "Somebody loves me" sorti en 1958 aux Etats-Unis chez RCA.

Dans les dernières années de sa vie, Achille Scotti enregistre un disque de duos de pianos ("Alternance") avec Moncef Genoud, également pianiste aveugle qui fut son élève, ainsi qu'un disque d’orgue avec le flûtiste Ilan Horowitz ("Symbiosis").

Achille Scotti décède en avril 1988 à l’âge de 63 ans des suites d’une maladie.

Partitions en braille
Qui dit musicien atypique, dit partition inhabituelle. La très grande majorité des matériels d’orchestre du GIR que possède la Bibliothèque musicale contient un document en braille : la partition d’Achille Scotti, toujours accompagnée de son équivalent en "noir".

Speak softly love (le Parrain) / Nino Rota, arr. Stuff Combe : en braille et en noir



Le braille musical utilisé par Scotti est une version simplifiée de la notation "académique" : c’est souvent le nom des accords qui est écrit, avec des indications abrégées pour les reprises. Lorsqu’il y a une mélodie, il suit la notation conventionnelle.

Afin d’écrire ces partitions, son épouse Mylise lui dicte la musique et lui la retranscrit avec une machine en braille. A l’inverse, lorsqu’il compose ou arrange de la musique, il dicte la partition à sa femme. Une réelle collaboration à quatre mains !

Ses connaissances de l’écriture musicale du monde des voyants étaient surprenantes ; il pouvait par exemple, sur simple écoute, dicter la partition de tel ou tel instrument d’un orchestre symphonique instantanément : "Tu écris pour le 2ème violon, clé de sol, un do, 3ème interligne… alors que le violoncelle est en clé d’ut…".

Pour déchiffrer la musique, Achille lit avec la main droite, joue avec la main gauche puis mémorise la partition. Ce qui lui permet de retenir la partition, hormis sa grande mémoire, c’est son analyse musicale.

Des partitions d'Achille Scotti sont exposées à la Bibliothèque musicale dans le cadre de l'exposition "Mémoire de Radio-Genève : la musique légère sur les ondes". La musicographie braille y est expliquée.

Fabienne