mercredi 29 août 2012

Nemanja Radulovic "Rising star"...


Très jeune, Nemanja Radulovic débute l'étude du violon dans son pays natal, la Serbie. Il obtient rapidement le prix spécial du ministère de l'Education de la République Serbe "Talent de l'année 1997". Il poursuit ses études musicales en Allemagne et à Belgrade et à l'âge de quatorze ans, il s'installe en France où il se perfectionne dans la classe de Patrice Fontanarosa au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Après avoir été consacré Révélation internationale de l’année lors des Victoires de la Musique en 2005, et nommé "Rising Star", Nemanja Radulovic joue dans les plus grandes salles européennes. 
En 2006, il remplace au pied levé Maxim Vengerov dans le Concerto de Beethoven, Salle Pleyel, sous la direction de  Myung-Whun Chung.
Depuis, il se produit comme soliste international, en formation avec les deux ensembles de chambre qu'il a fondés : Les Trilles du Diable et Double Sens, et  avec d’autres solistes réputés. Il joue sur un violon de Jean-Baptiste Vuillaume de 1843.

 

Nemanja aime le métissage : avec les Trilles du Diable, il élargit son répertoire, et si Tchaïkovski, Vivaldi s’insèrent naturellement dans ses références, il propose aussi « Spring in Japan » de Aleksander Sedlar, pièce remarquable de musique contemporaine, ainsi que des danses traditionnelles serbes et de la chanson française.
Mais jugez-en par vous-même : 


Nemanja Radulovic se produira le samedi 1er septembre 2012 à 20h30 dans le parc du Château de Tannay, dans le cadre des "Variations musicales de Tannay", avec au programme Vivaldi, Holst, Britten et Mendelssohn.
Ne le manquez surtout pas!

Patricia

lundi 13 août 2012

Musiques du monde : de Aboio à Zygia

Aboio : Chant d'appel (Brésil, Portugal) : Au Brésil, l'aboio est un chant sans paroles utilisé par les éleveurs du Nordeste pour appeler le bétail. Au Portugal, dans le Minho et les Beiras, c'est également un chant archaïque, véritable technique de communication avec les animaux, qui oscille entre le parlé et le chanté. On le pratiquait souvent en conduisant les boeufs pendant le labour. Ces chants de travaux précis portent divers noms selon les régions du Portugal : aboiar, haboiar, afoular, tralhoada...


Aboio

Zygia : Ensemble de musiciens (Grèce) : En Grèce, le terme zygia désigne un duo d'instruments (zygos veut dire "deux instuments"). C'est en général le hautbois zourna et le tambour daouli (tambour à deux peaux). Mais dans les îles, le même terme désigne un duo de luth et violon (Chypres et Limassol). Ces duos sont souvent remplacés aujourd'hui par des groupes plus importants (kompania). Ils jouent des danses et musiques liées à divers rituels. Les musiciens sont souvent des Tsiganes. Parfois la zourna est doublée, l'une jouant la mélodie et l'autre le bourdon (un peu à la manière du duduk arménien). Ce couple d'instruments (zourna et davul) et ce type de musique se retrouvent dans de nombreux pays de la Méditerranée et en Asie jusqu'en Iran.

Dictionnaire thématique des musiques du monde
Ces deux définitions sont tirées directement du Dictionnaire thématique des musiques du monde de Etienne Bours, édité chez Fayard en 2002, que la Bibliothèque musicale vient d'acquérir et qu'elle propose à la consultation dans sa salle de lecture.

Etienne Bours, journaliste spécialisé, est responsable du domaine des musiques du monde pour le réseau des médiathèques belges.
A travers les 1'500 notices qu'il a répertoriées en parcourant livres et pochettes de disques, nous trouvons des renseignements aussi bien sur les métiers de la musique (griot, guslar), les formes, les genres (chant, danse, épopée) que sur les passages de l'existence (naissance, funérailles) ou les moments de la vie économique et sociale (moissons, enrôlement, recrutement, travail). Tous les continents sont concernés, et la musique traditionnelle suisse est traitée sur le même plan que l'africaine ou l'asiatique.

Comme aide à la recherche, un index par pays regroupe les termes abordés dans le dictionnaire et liés à une région particulière. Chaque notice est suivie de références discographiques pour une découverte par l'écoute.

Disponibilité

Fabienne

lundi 6 août 2012

Lecture estivale (4)

 
Le tango nous a tenu compagnie ce printemps pour célébrer Piazzolla. Continuons à arpenter les salles de danse grâce au roman Tango d'Elsa Osorio:
   Il n'y a pas de secret que ses jambes ne puissent déchiffrer, avec la main savante de Pascal sur sa taille. Maintenant elle lui demande un voleo, et Ana, les yeux fermés, a une conscience absolue de cette jambe, fine et sensuelle, que dénude la fente de sa robe noire, de ce pied qui tourne en l'air, un instant à peine, avec élégance, pour de nouveau se poser sur le plancher. Elle ne regarde pas non plus le torse de Pascal, mais elle le sent, là, ferme, sûr, qui la centre, qui lui donne l'équilibre parfait pour assumer, appuyée sur un seul pied, le giro complet qu'il lui a indiqué sur ce rythme. Ah! Quel plaisir.
   Quelle bonne surprise d'avoir rencontré au Latina son ami Pascal, le compagnon idéal pour jouir à fond du tango. Une chance qu'elle ait décidé d'y aller, et d'en finir avec cette angoisse absurde. Tout l'après-midi suspendue au téléphone, au courrier électronique, comme s'il n'y avait rien de plus intéressant au monde que d'attendre un appel de ce fiancé toujours si occupé. Le hasard avait voulu que la main d'Ana tombe sur ce CD de Piazzolla. Dès les premiers accords elle avait senti ce picotement dans les pieds, dans son corps tout entier, qui lui demandait du tango. Une douche rapide et sa robe noire. Elle avait chaussé ses escarpins et mis ses chaussures de danse dans son sac. Seule la danse pouvait la tirer de cet état.
Tango, p. 13, Ed. Métailié, 2006

L'auteure est née à Buenos Aires, mais c'est à Paris, au coeur du 4e arrondissement que commence l'histoire d'Ana, ou, plus précisément, au Latina. Le tango va réunir Luis et Ana, l'Argentine et la France, la danse et le cinéma. Il va nous guider de Paris en Argentine, et jusque dans les premières années du XXe siècle, là où le tango émerge des bas-fonds de Buenos Aires. Au lecteur de suivre les pas de danses et la fresque familiale qui se dessinent au fil des pages. Reste que dans le silence de la lecture, les accords du bandonéon ne sont pas très loin !

 Muriel
Disponibilité
Disponibilité (musique de tango)

jeudi 2 août 2012

Lecture estivale (3)

 N. Brieger et M.-C. Chappuis cop. Magali Dougados
Il leur proposa Schubert.
Les Lieder. Un par jour. Tous les jours. Il déciderait du choix.
Ce serait à dix-sept heures précises, sans exception. Il fallait organiser un piano dans une salle adjacente avec une bonne température, un bon plancher et un accordeur. Elles pourraient répéter en début d'après-midi. L'ordonnance fournirait l'eau sucrée tiède, les partitions, un lutrin, une lime à ongles et un métronome. Tant que la qualité de l'exécution resterait convenable, elles n'auraient plus l'obligation de tresser à l'usine. Elles seraient mieux nourries et pourraient prendre un bain. Un tous les deux jours, alternativement. Le savon serait fourni. Il y aurait même des fleurs.
En complément de l'exécution musicale, Madame Aubry devra écrire des textes. Des textes qui devraient être inspirés par le Lied du jour avec cette obligation d'être divertissants, captivants et inciter à l'élévation de l'âme.
Chemin Venel, p. 187, Ed. de L'Aire, 2009

Martine Chevalier en écrivant Chemin Venel lève un pan de son histoire personnelle. Fille d'une cantatrice genevoise, elle va s'inspirer de la figure maternelle pour écrire son roman. Nelly Aubry, la cantatrice genevoise, va s'engager dans la période de la guerre à soutenir l'armée (projet patriotique avec La cité sur la montagne*). Ensuite, la fiction prend le relais sur la réalité. Nelly et sa pianiste Marcelle n'ont pas fréquenté de camps de travail allemands, où la musique deviendra "protectrice" d'un plus mauvais sort encore... 



De ce travail d'écriture, une adaptation dramatique a vu le jour en mai 2009 dans le cadre de la saison du Grand Théâtre de Genève sous le titre : Conversations à Rechlin (Marie-Claude Chappuis dans le rôle de la chanteuse, Inna Petcheniouk dans celui de la pianiste et Nicolas Brieger dans celui de l'officier) où la musique de Schubert côtoiera celle de Schumann et de Wolf. Cette adaptation a été immortalisée par le metteur en scène François Dupeyron par un film sorti en 2011.

* musique d'Emile Lauber sur un livret de Gonzague de Reynold

Disponibilité
Disponibilité (Schubert)
Muriel