mercredi 19 décembre 2012

Musiques pour la fin du monde

Encore une fin du monde annoncée pour le 21 décembre?

Il reste donc peu de jours pour appréhender cette échéance en musique!  Il semble que l'apocalypse inspire particulièrement les groupes de rock. En musique classique, le sujet biblique est repris par des compositeurs du 20e siècle durant la 2e guerre mondiale. Un sujet que l'on retrouve dans les films, évidemment. Souvent l'apocalypse est associée à la guerre.

Voici de manière inopinée quelques partitions tirées des collections de la bibliothèque musicale, à lire et à jouer de toute urgence, avant la fin du monde.



Apocalypse, du groupe Yes. Ed. piano-vocal-guitare


My Apocalypse, dans l'album Death magnetic du groupe Metallica. Ed. voix et tablatures guitare


Apocalypse please, dans l'album Absolution du groupe Muse. Ed. voix et tablatures guitare

La fin du monde est pour dans 10 minutes, dans l'album Menteur de Cali. Ed. voix et piano ou tablatures guitare

La fin de la fin du monde, dans l'album L'embelie de Calogero



Quatuor pour la fin du temps d'Olivier Messiaen
En hommage à l'Ange de l'Apocalypse, qui lève la main vers le ciel en disant : "Il n'y aura plus de Temps". Oeuvre composée en 1941 dans un camp d‘internement de prisonniers, pour violon, clarinette, violoncelle et piano


In terra pax de Frank Martin 
Oratorio breve pour soli, 2 choeurs mixtes et orchestre, d'après des passages de la Bible. Oeuvre commandée par Radio-Genève pendant la guerre en 1944


L'Apocalypse selon St. Jean par Jean Françaix
Un oratorio fantastique en trois parties pour 4 soli, choeurs et deux orchestres
Oeuvre créée à Paris en 1942

L'Apocalypse de Saint-Jean de Jacques de la Presle
Trois tableaux d'après la Bible : pour soli, choeurs et orchestre
Oeuvre publiée à Paris en 1929

 
Richard Wagner l'opéra de la fin du monde
2012 
Le jour d'après
Musique de Harald Kloser pour ces deux films catastrophe de Roland Emmerich. Dans Le jour d'après la population en détresse se réfugie dans la bibliothèque de New York, pour survivre ils doivent faire du feu et sont obligés de brûler des livres...


Apocalpse now, dans l'album Movie themes for violon. Le film reprend le thème musical composé par Richard Wagner pour la chevauchée des Walkyries de son opéra Die Walküre

La planète des singes, (The rise of the planet) musique de Patrick Doyle pour le film de Rupert Wyatt

Courtyard apocalypse, musique d'Alexandre Desplat pour le film Harry Potter and the deathly hallows part 2. Piano solos


Tullia

lundi 3 décembre 2012

Place Béla Bartok

La Bibliothèque musicale est bien située au centre de Genève avec un entourage très... musical : à côté du Victoria Hall, en face du Conservatoire, et au-dessus de la place Béla Bartok ! Cette place, nommée ainsi depuis une quinzaine d'années, est l'ancienne cours de récréation de l'école du Grütli, devenue aujourd'hui la Maison des arts du Grütli dans laquelle se trouve la bibliothèque. Une statue en acier du sculpteur hongrois András Beck (1911-1985) orne la place en hommage au compositeur.

Bibliothèque musicale au 1er étage, au-dessus de la place Béla Bartok
Béla Bartok
Né en 1881 à Nagyszentmiklos, Béla Bartok entreprend des études de musique à l'Académie Royale de Budapest auprès de Istvan Thoman (piano) et Janos Koessler (composition). Parallèlement à son activité de compositeur, il commence à enquêter de manière systématique sur le folklore hongrois avec son ami Zoltan Kodaly (1905-1906), posant ainsi les fondements de l'ethnomusicologie. Il y découvre l'échelle pentatonique et des combinaisons polyrythmiques qu'il utilise dès ses premières oeuvres. En 1908, il commence un cycle de six quatuors et des pièces pour enfants, importante contribution à la pédagogie musicale. Outre ses oeuvres vocales, ses pièces pour piano, qu'il traite en instrument à percussion, comptent parmi les plus innovantes. Concertiste en Europe et aux Etats-Unis, il se produit avec le violoniste Joseph Szigeti et le clarinettiste de jazz Benny Goodman. Il fuit le régime hongrois pro-nazi et émigre aux Etats-Unis. En 1943, le succès de son Concerto pour orchestre lui vaut de nombreuses commandes, trop tardives car Béla Bartok décède peu de temps après, le 26 septembre 1945.

Concerto pour orchestre
Serge Koussevitsky a généreusement commandé ce concerto quand Béla Bartok était en mauvaise santé et dans la pauvreté. "Toutes les fois que vous avez une remarque à faire", lui indiqua Koussevitsky à la répétition finale, "n’hésitez pas." C'était une offre qu'il regretta bientôt. Après quatre ou cinq mesures dans le premier mouvement, Bartok leva sa main et expliqua discrètement quelque chose à Koussevitsky. Dix mesures plus loin, il l’interrompit encore et lui fit une autre remarque. Cela dura quelques minutes, jusqu'à ce que Koussevitsky commença finalement à perdre patience : "Monsieur Bartok, peut-être pourriez-vous prendre des notes pendant que nous jouons", suggéra-t-il. "A la fin, vous me direz alors tout que vous voulez." Bartok prit un siège, écrivant fiévreusement pendant que l'orchestre jouait. Il continua à griffonner pendant un certain temps après la fin du dernier mouvement, avant d’emmener dans sa loge Koussevitsky, traînant le pas. Après un long moment, les hommes revinrent. Cette fois, Koussevitsky était plein d’élan alors que Bartok suivait tranquillement derrière. Koussevitsky monta sur le podium et fit une annonce : "Messieurs, Bartok est d'accord avec tout."


 
Fabienne

mercredi 21 novembre 2012

La jeunesse de Rousseau

Petit opéra de chambre avec marionnettes et musique verte, Tic-Tac Rousseau raconte les premières années de Rousseau, enfant de Genève, d'après les scènes des Confessions.

Luc Jorand, auteur du livret, et Jean-Marie Curti, compositeur de la musique, tentent à travers ce spectacle rafraîchissant de montrer le côté optimiste et joyeux de Jean-Jacques durant sa jeunesse.

Le titre est emprunté à Rousseau lui-même, il se réfère à ses amours enfantines avec Mademoiselle Goton : "j'entendis, en passant à Coutance, de petites filles me crier à demi-voix : Goton tic tac Rousseau" ... une expression populaire pour dire "Goton est en couple avec Rousseau". Tic tac évoque aussi les mouvements d'une horloge, les rythmes, les va-et-vient, traduits en musique par un jeu de leitmotiv et de scansions redoublées.


 Extrait de la partition de Jean-Marie Curti

Sur scène on pourra voir tous les protagonistes du spectacle, à savoir 5 musiciens et musiciennes, 6 chanteurs et cantatrices qui se feront aussi marionnettistes pour l'occasion. La musique "verte" fera résonner des éléments naturels tels que coquilles d'escargots, feuilles sèches, noyaux de cerises, pives, galets, osselets et graines séchées... un clin d'oeil au Rousseau botaniste amoureux de la nature.

Ce spectacle est une création - symboliquement la 100e production de l'Opéra-Studio de Genève - à découvrir du 22 au 25 novembre au Théâtre Cité Bleue. Un plus : le spectacle sera traduit en langue des signes pour les personnes sourdes et mal-entendantes.




Tullia

jeudi 15 novembre 2012

Balfe au Victoria Hall

Tout comme moi, vous passez sans doute souvent devant le Victoria Hall. Si vous levez le nez, vous apercevez une jolie dame affichant sa nudité, mais également deux séries de noms de compositeurs, la plupart très connus (Wagner, Mozart, Mendelssohn...). Pris en sandwich entre Berlioz et Schubert, le nom de l'un d'entre eux a retenu mon attention : BALFE. Qui c'est celui-là ? Jamais entendu parler, ni entendu tout court.


Et bien sachez, comme nous l'apprend Monsieur Larousse, que "Michael William Balfe était un chanteur et compositeur irlandais (Dublin 1808 – Rowney Abbey, Hertfordshire, 1870). D'abord violoniste, il devint à Londres l'élève du chanteur Ch. Horn et s'initia aussi à la composition. En 1825, il se rendit en Italie pour se perfectionner en chant et en contrepoint. Engagé par Rossini, à Paris, comme premier baryton, il chanta Figaro avec succès en 1827. Il passa la saison 1829-30 à Palerme comme chanteur et y fit créer son premier opéra, I Rivali di se stessi. Après avoir été le partenaire de la Malibran à la Scala, il regagna l'Angleterre et, sans abandonner le chant ni renoncer à ses nombreuses tournées à travers l'Europe, il composa une trentaine d'opéras d'une écriture agréable, parmi lesquels The Bohemian Girl (1843) connut la célébrité dans plusieurs pays."

On pourrait penser que Balfe a souvent été joué au Victoria Hall vu que son nom orne le bâtiment et même un médaillon dans la salle. Dans la collection des programmes du Victoria Hall que conserve précieusement la Bibliothèque musicale dans son fonds patrimonial, seuls trois concerts mentionnent Balfe. L'Harmonie nautique en joue en 1896, deux ans après l'inauguration de la salle, et la Landwehr en 1912 et 1916. Depuis... plus rien (en tout cas jusqu'en 1987 où s'arrête l'inventaire des programmes).

Peut-être faudrait-il une Cecilia Bartoli pour relancer la notoriété de Balfe, comme le démontre cette vidéo dans laquelle elle chante un extrait de The maid of Artois : Yon moon o'er the mountains, interprété à l'époque par la Malibran à qui Balfe avait dédié son opéra.



A nous d'agir : Réhabilitons Balfe ! Reprogrammons-le, au Victoria Hall ou ailleurs !


Fabienne

Pour en savoir plus sur le Victoria Hall
Quelques partitions de Balfe, ou dans le fichier numérisé


jeudi 8 novembre 2012

L'homme de l'année

 En juillet dernier, premier concert en Europe 
(Main Square Festival, Arras)

Avant que l'année 2012 ne se termine, il faut rendre hommage à l'homme de l'année ! La BBC proclame chaque année les nouveaux talents émergents. En avril dernier, l'heureux lauréat s'appelle Michael Kiwanuka.

Suite à cette nouvelle, Vibrations surenchérit sur ce jeune guitariste londonien, d'origine ougandaise: "La plus belle promesse de l'année, c'est lui" et lui consacre la couverture du mois d'avril au moment même où son premier album sort dans les bacs.

Tell me a tale, son premier single

Ses débuts en musique se font à la guitare : "Une fois que je pose ma main sur ma guitare, ma tête est ailleurs", puis il devient timidement songwriter. Avant sa consécration, 2011 lui a permis de s'affirmer sur scène (tournées en premières parties) et de réaliser son premier EP. Ses clips réalisés en super-8 et les influences qu'il ne renie pas (Otis Redding, Marvin Gaye, Dylan) le mènent sur le courant vintage du moment. Reste la chaleur de sa voix... 
Pour en juger en live, le 14 novembre prochain, Michael Kiwanuka donnera son unique concert en Suisse, aux Docks (Lausanne)!

Disponibilité

Muriel 

vendredi 2 novembre 2012

La musique et l'écran

Nos voisines de palier Claudia Durgnat, Rossana Giovannini et leur équipe nous ont concocté une riche semaine de festival pour naviguer entre différents écrans - de cinéma, d'ordinateur, de télévision, voire même de téléphone portable. La bonne nouvelle c'est que le festival est entièrement gratuit, entrée libre à toutes les séances projetées au Grütli et à l'Arditi.

Cette année pas de prestigieux compositeur de musique invité, toutefois la musique est à l'honneur dans deux longs métrages: Berlin Telegram de Leila Albayaty, un road movie musical réalisé et mené par la chanteuse franco-iraquienne, ainsi que La leggenda di Kaspar Hauser de Davide Manuli, une fable techno-moderne rythmée par la musique de Vitalic.



 
Une journée pour tous accueille dimanche les familles. Les enfants vont s'initier à la réalisation d'un petit film au travers d'ateliers "son", "effets spéciaux" et "stop motion". A la Bibliothèque musicale, Alain Frey propose aux enfants de créer une bande sonore, au moyen de logiciels adaptés.
 

Et pour les gens pressés - working girl et citadins surbookés - la formule "Lunch Box" est séduisante. Il s'agit simplement d'aller manger son sandwich de midi confortablement installée dans un fauteuil de cinéma tout en visionnant une sélection d'une demi-heure de courts métrages. A 12h30, salle Fonction Cinéma au Grütli.











Festival tous écrans
Disponibilité
Tullia

lundi 29 octobre 2012

Avant... ou après un opéra

cop. Pierre Abensur

Vous avez en poche des billets pour une prochaine production lyrique et si l'oeuvre programmée suscite un intérêt tout particulier, vous pouvez venir emprunter la réduction piano et chant de l'opéra, consulter un Avant-Scène Opéra ou même, depuis peu, parcourir le dossier pédagogique édité par le Grand Théâtre.


Si curieux de nature, vous parcourez les archives du Grand Théâtre - les bien- nommées AIR -, vous faites, par sérendipité, un survol de l'histoire lyrique locale : qui a joué quand ? qui a chanté quoi ? Pour Les aventures du Roi Pausole tout bientôt sur la scène genevoise, vous apprendrez que l'opérette d'Arthur Honegger a déjà été jouée en 1960 au Grand Casino et que Léon Ferly chantait le rôle-titre tout en assurant la mise en scène !


Un peu plus loin de nous, la bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris vient de rendre accessible son Journal de l'Opéra, via Gallica, bibliothèque numérique de la BNF ! Quelque 310 années de représentations sont consignées avec soin dans les registres. Des annotations précieuses, en regard des titres d'opéras, mentionnent les inaugurations de salles, les événements politiques contraignant des "Relâches", le nombre de représentations déjà jouées pour tel ou tel titre...

L'initiateur de ce répertoire fut Charles Nuitter, d'abord avocat, puis librettiste, traducteur des oeuvres de Wagner et grand mélomane. Il découvre les archives de l'Opéra en 1860 et leur consacre ses quarante dernières années. Ainsi, selon la formule consacrée, nous, bibliothécaires musicaux, si vaudevilles et opéras-comiques nous entourent, nous sommes tous un peu les filles et fils de Charles Nuitter. 

Disponibilité
Muriel


lundi 15 octobre 2012

"J'ai imaginé un genre de drame"


Représentation de Pygmalion en 1912 dans le Parc de l'Ariana

« J’ai imaginé un genre de drame dans lequel  les paroles et la musique, au lieu de marcher ensemble, se font entendre successivement, où la phrase parlée est en quelque sorte annoncée par la phrase musicale. La scène de Pygmalion est un exemple de ce genre de composition, qui n’a pas eu d’imitateurs. » (1778)
Cette déclaration dans les Fragmens d'observations sur l'Alceste italien de M. le Chevalier Gluck fera de Rousseau, tous les dictionnaires l'attestent, l'inventeur du mélodrame.

Les vitrines de la bibliothèque vous propose un parcours du Pygmalion de Rousseau et de Coignet et de leurs contemporains, aux oeuvres de Michèle Reverdy, en passant par celles de Benda, Mozart, Cherubini, Berlioz, Massenet... Chacune des oeuvres exposées présente une particularité du traitement vocal lors des récitatifs parlés (déclamés, rythmés ou accompagnés) et de l'écriture musicale. La partition de William Walton (Façade, 1951) multiplie les exemples où la déclamation rythmée privilégie la musicalité du texte, sans dépendre du chant.


No. 1 de Façade : Hornpipe

Des documents d'époque aux photographies des représentations de Pygmalion à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Rousseau au Parc de l'Ariana en 1912, l'exposition est à découvrir à la bibliothèque jusqu'au 21 décembre prochain.

Cette exposition s'articule autour de deux autres manifestations sur Pygmalion et le mélodrame. D'une part, une conférence de Madame Jacqueline Waeber musicologue le 25 octobre à la bibliothèque et d'autre part, deux représentations de Pygmalion à la Cité bleue produites par l'Opéra-Studio dirigé par Jean-Marie Curti.

Disponibilité (Pygmalion) ou en ligne

Disponibilité (Façade) 


Muriel

jeudi 4 octobre 2012

Les Noces au cinéma

"La chambre bleue"
Noces de Philippe Béziat sort sur les écrans. Le réalisateur semble passionné par ce genre d'adaptation, mêlant plusieurs arts en un seul. En 2009, son film Pélleas et Mélisande - Le chant des aveugles qui avait été présenté au Festival de Locarno, montrait le travail du metteur en scène Olivier Py et des jeunes chanteurs. Son nouveau film réunit Ramuz, Stravinsky, la terre vaudoise dans une fiction racontant plusieurs histoires.

Le numéro 4 de la Couleur des jours consacre au film plusieurs pages richement documentées, dont la présentation du film signée Frédéric Maire :


Il y a d'abord l'histoire de la rencontre entre Ramuz et Stravinsky, celle que l'écrivain raconte dans ses Souvenirs sur Igor Stravinsky, et qui détaille comment le Russe et le Vaudois se (re)trouvent dans une énergie commune, leur travail en commun amplifiant leur créativité. Il y a ensuite la terre (vaudoise) de vignes et de villages, les gens d'ici, leur langue et leur accent, l'eau du Léman et les montagnes, en face, qui semblent nourrir ces noces russes de voisinages insoupçonnés [...]. Il y a la mise en place progressive de l'oeuvre, à coup de répétitions, déconstructions, confrontations, avec ses musiciens, ses chanteurs, ses acteurs : un travail d'approfondissement et de dévoilement des mystères de la partition. Et il y a enfin la chambre bleue, cet espace-matrice rempli d'instruments de percussion qui évoque le lieu de travail de Stravinsky et Ramuz, qui se transforme peu à peu, s'ouvre, se détend jusqu'à devenir l'espace symbolique de création de l'opéra.
Alors, avant ou après la projection, afin de percer les mystères de la partition, la partition  Noces vous attend à la bibliothèque !

Disponibilité Les Noces

Disponibilité La couleurs des jours

Le site de la Fondation d'Igor Stravinsky vous propose, quant à elle, quelques extraits sonores.

Muriel

mercredi 26 septembre 2012

The Darkness


Il arrive plus que régulièrement que l’on nous fasse la remarque suivante à la Bibliothèque musicale : "Je cherche tel morceau mais je ne pense pas que vous l’aurez, ce n’est pas vraiment du classique."

Et bien détrompez-vous ! Si le fonds de musique classique est effectivement le plus important, les partitions de jazz, de rock, de musique du monde ou de variété forment une part importante bien que méconnue de notre collection.

Mes préférences musicales étant ce qu’elles sont, je vais tâcher de vous faire découvrir des artistes que j’affectionne et qui sortent un peu de l’ordinaire de la bibliothèque musicale.


Commençons avec The Darkness, groupe anglais formé en l’an 2000 et révélé au grand public avec le titre I believe in a thing called love. Dans le plus pur style du glam rock des années 80, les quatre musiciens assument et revendiquent totalement leur look kitsch et leurs chansons parfois salaces.

Séparé en 2006 suite au départ du leader Justin Hawkins, le groupe s’est reformé cinq ans plus tard et a sorti un nouvel album qui leur permet de prouver une nouvelle fois que le glam rock à encore de beaux jours devant lui.
 
Malgré une trentaine d’année de retard, leur look et leur musique font mouche et ils reviennent écumer les festivals de l’été. Ils sont notamment en première partie de la tournée européenne de Lady Gaga (ce soir à Zürich!) ce qui devrait leur permettre de toucher un nouveau public.




Jonathan

mardi 18 septembre 2012

Piano à 5 mains droites


Mike Cornick

Mike Cornick
Né en 1947, Mike Cornick suit des études de piano classique puis développe une passion pour le piano jazz. Il étudie ensuite la composition au Trinity College of Music de Londres où il reçoit le prix de composition Ascherberg.

Plus tard, il enseigne la musique à l'école pour les degrés primaires à secondaires ainsi que dans des classes pour adultes. Il est surtout connu pour ses publications de piano jazz dont un grand nombre ont été sélectionnées pour des examens de piano dans le monde entier. Ses compositions sont éditées chez Universal.


5 mains droites

Ce qui nous intéresse avant tout, ce sont ses "4 pieces for 5 right hands at 1 piano" disponibles dès cette rentrée scolaire sur les rayons de la Bibliothèque musicale.

Comme Mike Cornick le dit dans sa préface : "Les pièces présentées ici donnent l'occasion de jouer, dans la bonne humeur, de la musique d'ensemble à cinq sur le même piano !

L'expérience l'a montré : cette disposition inhabituelle peut s'avérer très divertissante pour les pianistes comme pour leur public, et elle permettra aux enseignants d'apporter une touche de nouveauté aux auditions de fin d'année."

Exercice ludique, pièces sympathiques, formation originale : beaucoup d'arguments pour essayer de jouer ensemble, chose pas toujours évidente ! Il n'y a plus qu'à trouver 5 mains droites (c'est toujours mieux que 5 mains gauches...) et un tabouret de piano assez large et c'est parti !



1 piano et 5 mains droites

La Bibliothèque possède d'autres oeuvres pour piano de Mike Cornick, de 4 à 6 mains.

Disponibilité

Fabienne

mardi 11 septembre 2012

Tous en piste

A Genève, la rentrée rime toujours avec l'arrivée du cirque Knie. La fin des vacances marque le début d'autres réjouissances, celles du cirque.

Un spectacle de cirque ne serait rien sans ses clowns, ses animaux domptés, ses acrobates, mais encore moins que rien sans sa musique !

En 2010, à l'occasion des festivités tournant autour de "Genève capitale internationale du monde du cirque", la Bibliothèque musicale a acquis plusieurs partitions de musique de cirque. C'est là qu'elle a découvert les éditions Swiss Music et son concepteur Reto Parolari.

Reto Parolari

Natif de Winterthur - pas très loin de Rapperswil, capitale des Knie ! - Reto Parolari étudie la batterie et le piano, puis entre autres la composition et la direction. En 1973, il crée son propre orchestre symphonique qui se consacre exclusivement à la musique de divertissement symphonique, à l'opérette et à la comédie musicale. De 1982 à 1987, il est aux commandes de l'orchestre du cirque Knie, puis d'autres cirques européens. Depuis 1996, il est chef d'orchestre du Festival international de cirque de Monte-Carlo, où il a reçu plusieurs distinctions. 



Baignant dans ce monde du cirque, il a écrit des centaines de compositions et d'arrangements qu'il fait paraître dans sa propre maison d'édition, Swiss Music. Quelques-unes de celles-là sont disponibles à la Bibliothèque, ainsi que d'autres musiques de cirque, les plus traditionnelles étant regroupées dans un emplacement spécifique dans le libre accès sous la cote 5.12.


Fabienne

mercredi 29 août 2012

Nemanja Radulovic "Rising star"...


Très jeune, Nemanja Radulovic débute l'étude du violon dans son pays natal, la Serbie. Il obtient rapidement le prix spécial du ministère de l'Education de la République Serbe "Talent de l'année 1997". Il poursuit ses études musicales en Allemagne et à Belgrade et à l'âge de quatorze ans, il s'installe en France où il se perfectionne dans la classe de Patrice Fontanarosa au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Après avoir été consacré Révélation internationale de l’année lors des Victoires de la Musique en 2005, et nommé "Rising Star", Nemanja Radulovic joue dans les plus grandes salles européennes. 
En 2006, il remplace au pied levé Maxim Vengerov dans le Concerto de Beethoven, Salle Pleyel, sous la direction de  Myung-Whun Chung.
Depuis, il se produit comme soliste international, en formation avec les deux ensembles de chambre qu'il a fondés : Les Trilles du Diable et Double Sens, et  avec d’autres solistes réputés. Il joue sur un violon de Jean-Baptiste Vuillaume de 1843.

 

Nemanja aime le métissage : avec les Trilles du Diable, il élargit son répertoire, et si Tchaïkovski, Vivaldi s’insèrent naturellement dans ses références, il propose aussi « Spring in Japan » de Aleksander Sedlar, pièce remarquable de musique contemporaine, ainsi que des danses traditionnelles serbes et de la chanson française.
Mais jugez-en par vous-même : 


Nemanja Radulovic se produira le samedi 1er septembre 2012 à 20h30 dans le parc du Château de Tannay, dans le cadre des "Variations musicales de Tannay", avec au programme Vivaldi, Holst, Britten et Mendelssohn.
Ne le manquez surtout pas!

Patricia

lundi 13 août 2012

Musiques du monde : de Aboio à Zygia

Aboio : Chant d'appel (Brésil, Portugal) : Au Brésil, l'aboio est un chant sans paroles utilisé par les éleveurs du Nordeste pour appeler le bétail. Au Portugal, dans le Minho et les Beiras, c'est également un chant archaïque, véritable technique de communication avec les animaux, qui oscille entre le parlé et le chanté. On le pratiquait souvent en conduisant les boeufs pendant le labour. Ces chants de travaux précis portent divers noms selon les régions du Portugal : aboiar, haboiar, afoular, tralhoada...


Aboio

Zygia : Ensemble de musiciens (Grèce) : En Grèce, le terme zygia désigne un duo d'instruments (zygos veut dire "deux instuments"). C'est en général le hautbois zourna et le tambour daouli (tambour à deux peaux). Mais dans les îles, le même terme désigne un duo de luth et violon (Chypres et Limassol). Ces duos sont souvent remplacés aujourd'hui par des groupes plus importants (kompania). Ils jouent des danses et musiques liées à divers rituels. Les musiciens sont souvent des Tsiganes. Parfois la zourna est doublée, l'une jouant la mélodie et l'autre le bourdon (un peu à la manière du duduk arménien). Ce couple d'instruments (zourna et davul) et ce type de musique se retrouvent dans de nombreux pays de la Méditerranée et en Asie jusqu'en Iran.

Dictionnaire thématique des musiques du monde
Ces deux définitions sont tirées directement du Dictionnaire thématique des musiques du monde de Etienne Bours, édité chez Fayard en 2002, que la Bibliothèque musicale vient d'acquérir et qu'elle propose à la consultation dans sa salle de lecture.

Etienne Bours, journaliste spécialisé, est responsable du domaine des musiques du monde pour le réseau des médiathèques belges.
A travers les 1'500 notices qu'il a répertoriées en parcourant livres et pochettes de disques, nous trouvons des renseignements aussi bien sur les métiers de la musique (griot, guslar), les formes, les genres (chant, danse, épopée) que sur les passages de l'existence (naissance, funérailles) ou les moments de la vie économique et sociale (moissons, enrôlement, recrutement, travail). Tous les continents sont concernés, et la musique traditionnelle suisse est traitée sur le même plan que l'africaine ou l'asiatique.

Comme aide à la recherche, un index par pays regroupe les termes abordés dans le dictionnaire et liés à une région particulière. Chaque notice est suivie de références discographiques pour une découverte par l'écoute.

Disponibilité

Fabienne

lundi 6 août 2012

Lecture estivale (4)

 
Le tango nous a tenu compagnie ce printemps pour célébrer Piazzolla. Continuons à arpenter les salles de danse grâce au roman Tango d'Elsa Osorio:
   Il n'y a pas de secret que ses jambes ne puissent déchiffrer, avec la main savante de Pascal sur sa taille. Maintenant elle lui demande un voleo, et Ana, les yeux fermés, a une conscience absolue de cette jambe, fine et sensuelle, que dénude la fente de sa robe noire, de ce pied qui tourne en l'air, un instant à peine, avec élégance, pour de nouveau se poser sur le plancher. Elle ne regarde pas non plus le torse de Pascal, mais elle le sent, là, ferme, sûr, qui la centre, qui lui donne l'équilibre parfait pour assumer, appuyée sur un seul pied, le giro complet qu'il lui a indiqué sur ce rythme. Ah! Quel plaisir.
   Quelle bonne surprise d'avoir rencontré au Latina son ami Pascal, le compagnon idéal pour jouir à fond du tango. Une chance qu'elle ait décidé d'y aller, et d'en finir avec cette angoisse absurde. Tout l'après-midi suspendue au téléphone, au courrier électronique, comme s'il n'y avait rien de plus intéressant au monde que d'attendre un appel de ce fiancé toujours si occupé. Le hasard avait voulu que la main d'Ana tombe sur ce CD de Piazzolla. Dès les premiers accords elle avait senti ce picotement dans les pieds, dans son corps tout entier, qui lui demandait du tango. Une douche rapide et sa robe noire. Elle avait chaussé ses escarpins et mis ses chaussures de danse dans son sac. Seule la danse pouvait la tirer de cet état.
Tango, p. 13, Ed. Métailié, 2006

L'auteure est née à Buenos Aires, mais c'est à Paris, au coeur du 4e arrondissement que commence l'histoire d'Ana, ou, plus précisément, au Latina. Le tango va réunir Luis et Ana, l'Argentine et la France, la danse et le cinéma. Il va nous guider de Paris en Argentine, et jusque dans les premières années du XXe siècle, là où le tango émerge des bas-fonds de Buenos Aires. Au lecteur de suivre les pas de danses et la fresque familiale qui se dessinent au fil des pages. Reste que dans le silence de la lecture, les accords du bandonéon ne sont pas très loin !

 Muriel
Disponibilité
Disponibilité (musique de tango)

jeudi 2 août 2012

Lecture estivale (3)

 N. Brieger et M.-C. Chappuis cop. Magali Dougados
Il leur proposa Schubert.
Les Lieder. Un par jour. Tous les jours. Il déciderait du choix.
Ce serait à dix-sept heures précises, sans exception. Il fallait organiser un piano dans une salle adjacente avec une bonne température, un bon plancher et un accordeur. Elles pourraient répéter en début d'après-midi. L'ordonnance fournirait l'eau sucrée tiède, les partitions, un lutrin, une lime à ongles et un métronome. Tant que la qualité de l'exécution resterait convenable, elles n'auraient plus l'obligation de tresser à l'usine. Elles seraient mieux nourries et pourraient prendre un bain. Un tous les deux jours, alternativement. Le savon serait fourni. Il y aurait même des fleurs.
En complément de l'exécution musicale, Madame Aubry devra écrire des textes. Des textes qui devraient être inspirés par le Lied du jour avec cette obligation d'être divertissants, captivants et inciter à l'élévation de l'âme.
Chemin Venel, p. 187, Ed. de L'Aire, 2009

Martine Chevalier en écrivant Chemin Venel lève un pan de son histoire personnelle. Fille d'une cantatrice genevoise, elle va s'inspirer de la figure maternelle pour écrire son roman. Nelly Aubry, la cantatrice genevoise, va s'engager dans la période de la guerre à soutenir l'armée (projet patriotique avec La cité sur la montagne*). Ensuite, la fiction prend le relais sur la réalité. Nelly et sa pianiste Marcelle n'ont pas fréquenté de camps de travail allemands, où la musique deviendra "protectrice" d'un plus mauvais sort encore... 



De ce travail d'écriture, une adaptation dramatique a vu le jour en mai 2009 dans le cadre de la saison du Grand Théâtre de Genève sous le titre : Conversations à Rechlin (Marie-Claude Chappuis dans le rôle de la chanteuse, Inna Petcheniouk dans celui de la pianiste et Nicolas Brieger dans celui de l'officier) où la musique de Schubert côtoiera celle de Schumann et de Wolf. Cette adaptation a été immortalisée par le metteur en scène François Dupeyron par un film sorti en 2011.

* musique d'Emile Lauber sur un livret de Gonzague de Reynold

Disponibilité
Disponibilité (Schubert)
Muriel
 

lundi 30 juillet 2012

D'une île à l'autre

le "dos de la baleine"

Tout part de là : de l'Ile Saint-Pierre que Stephan Eicher a visitée par intermittence depuis l'enfance. Voulant se rapprocher de Jean-Jacques Rousseau qui a séjourné sur l'île en 1765, il décide de venir à Genève se promener, comme il l'explique en ces termes :

"Afin de me rapprocher un peu plus du philosophe genevois, je suis allé visiter la vieille ville de Genève, la maison natale de Rousseau, les ruelles, les escaliers, les passages, les places…
 Lors de ces promenades, j’ai découvert un hasard troublant. J’aimerais vous emmener en promenade et vous parler de ce hasard…

Suivez moi… "



La Promenade Rêveries pourrait aussi se nommer D'une île à l'autre, ou quand un musicien rencontre un philosophe... Pour suivre Stephan Eicher pas à pas, il vous faut deux heures devant vous (ou davantage), un mp3 ou tout autre appareil sur lequel vous aurez au préalablement télécharger l'audio-guide, puis vous rendre sur le Pont de la Machine, point de départ de la promenade, juste en face de l'Ile Rousseau. Ensuite, le pourtour de la Vieille-Ville se métamorphosera en Ile Saint-Pierre... 




Première pause à l'extrémité de la Rue Calvin, confinée entre l'eau et les arbres, la lecture nous célèbre la jouissance procurée par le "far niente" de Rousseau lors de ces deux mois passés sur l'Ile Saint-Pierre :

De toutes les habitations où j’ai demeuré (et j’en ai eu de charmantes), aucune ne m’a rendu si véritablement heureux et ne m’a laissé de si tendres regrets que l’Isle de St Pierre au milieu du lac de Bienne. Cette petite Isle qu’on appelle à Neufchatel l’Isle de la Motte, est bien peu connue, même en Suisse [...]. Quel étoit donc ce bonheur et en quoi consistoit sa jouissance? Je le donnerois à deviner à tous les hommes de ce siécle sur la description de la vie que j’y menois. Le précieux far niente fut la premiére et la principale de ces jouissances que je voulus savourer dans toute sa douceur, et tout ce que je fis durant mon séjour ne fut en effet que l’occupation délicieuse et nécessaire d’un homme qui s’est dévoué à l’oisiveté.


Milieu de journée, Terrasse Agrippa d'Aubigné, le soleil tape pour la deuxième halte de lecture qui nous fait part des premières ferveurs de Rousseau consacrées à la botanique !
   
Musicalement, la promenade s'articule entre texte et musique ou plutôt entre texte, musique et botanique. Stephan Eicher a travaillé le son afin de lui attribuer "le centre de l'expression"... du "rien" au détour d'une ruelle... aux sons de la nature, comme  une sorte de continuation de l'Herbier de Rousseau, resté inachevé...





On poursuit, plus tard, par une incursion dans le Musée d'Art et d'Histoire pendant l'orage: portrait du philosophe et la salle consacrée aux Quatre saisons d'Alexandre Calame sont les arrêts obligés.


Bien sûr, reste le moment-phare où seul face à la Cathédrale, sur les pavés brûlants, on ouvre grand les bras et l'on se met à tourner, tourner, danser les yeux fermés, "S'il vous plaît, faites-moi plaisir, faites-le pour moi"  dit-il ! Et on obéit...!

Bonne découverte sur "l'Île Saint-Pierre" de Eicher et que votre promenade se renouvelle au rythme des saisons... 

Pour les mélomanes intéressés par Rousseau musicien, de nombreuses manifestations seront programmées dès l'automne.

Disponibilité (Rêveries d'un promeneur solitaire)
Disponibilité (en version enregistrée) 
Plan de la promenade

La lecture de la cinquième promenade est faite par Laurent Burgisser, botaniste

Muriel

jeudi 26 juillet 2012

Mozart 3ème génération

Dans la famille Mozart, je demande le petit-fils.

Franz Xaver Wolfgang Mozart (1791-1844), connu de son vivant sous le nom de "W.A. Mozart fils", apprend le piano puis la composition. Il se perfectionne au piano avec Johann Nepomuk Hummel et prend des leçons de théorie entre autres avec... Antonio Salieri. En 1808, le benjamin de Mozart quitte sa ville natale de Vienne pour la Galicie (région à cheval entre la Pologne et l'Ukraine actuelles). En 1813, il s'installe à Lemberg (aujourd'hui L'viv) et y reste environ 25 ans. Il passe les dernières années de sa vie à Vienne. Durant sa carrière, il sera à la fois professeur de piano, concertiste, directeur de choeur.

Contrairement à son père, Franz Xaver n'apprit jamais à jouer d'un deuxième instrument, ce qui explique probablement pourquoi il composa presque exclusivement pour le piano et la voix. Jusqu'en 1843, il publie en tout trente oeuvres ou recueils avec numéro d'opus.

FXW Mozart et son frère aîné Karl Thomas, 
les deux seuls parmi les six enfants Mozart
 à avoir survécu passée la petite enfance

Précoce
Comme son père, Franz Xaver commence très tôt la musique, sans doute déjà en 1795 à l'âge de 4 ans. Selon sa mère Constanze, son fils de 11 ans lui "compose des petites sonates et variations pour mes jours de fête".

Comme certains l'ont écrit : "Le fils d'un homme émérite et très célèbre subit généralement le poids des mérites et de la célébrité de son père, surtout s'il a choisi le même terrain d'activité (...) ; nombreux sont ceux qui attendent qu'il se distingue de la même manière, voire même qu'il reprenne le flambeau là où son père l'a laissé". Cependant, Mozart ne semble pas du tout avoir eu l'intention de suivre pas à pas les traces de son père. Par exemple dans sa sonate op. 10, des détails de technique compositionnelle, un plan en quatre mouvements ou une structure cyclique lui font prendre des distances avec les sonates du paternel.

Sämtliche Werke
La bibliothèque vient d'acquérir les deux volumes des oeuvres complètes pour piano de Franz Xaver Wolfgang Mozart. Les éditions Henle publient ici pour la première fois l'intégralité des oeuvres pour piano qui nous sont parvenues, dont des oeuvres inédites. Sont comprises dans ces deux volumes, des variations, des polonaises, des danses, des pièces isolées et les cadences destinées aux concertos de son père.


Polonaise mélancolique e-moll op. 17,2 

Vous mettrez bien un peu de Franz Xaver à votre prochain programme musical pour changer du traditionnel Wolfgang Amadeus ?


Fabienne


lundi 23 juillet 2012

Lecture estivale (2)

 cop. J.P. Guilloteau/L'Express

Jonathan Coe, écrivain et nouvelliste britannique a un rapport privilégié avec la musique*. Musicien de rock, il est féru de cinéma et même reconnu comme tel en participant à des jurys internationaux de festivals de films (Venise, Edinbourgh).

Version originale, une des quatre nouvelles de Désaccords imparfaits, sortie ce printemps en français, entremêle ces deux thèmes puisque le héros William est compositeur de musique de films oeuvrant comme membre d'un jury pour un festival de films d'horreur en France. On sent le vécu de Jonathan Coe et on se régale...

"A l'heure où je vous parle, lui disait-elle, pas moyen d'être sûre qu'ils vont publier cet article, et vous savez, c'est contrariant pour vous, qui avez bien voulu m'accorder cet entretien, mais ça l'est aussi pour moi ; c'est vraiment beaucoup de travail de transcrire tout ça et de le rédiger ensuite, pour s'entendre dire qu'il s ne sont pas preneurs, finalement.
William lui adressa son sourire d'autodérision si bien rodé et lui dit : "Vous allez me faire regretter de n'être pas plus célèbre ; je suis sûr que si vous aviez interviewé Jerry Goldsmith ou bien Michael Nyman...
 - Non, pas du tout. Je vous assure que vos musiques de film sont très connues en France. Elles ont beaucoup de succès. Non, c'est simplement que..." Elle secoua la tête, les yeux dans le vague, d'un air mélancolique. "On ne sait jamais sur quel pied danser avec ces gens, ils vous disent ceci en pensant cela.
 J'aurais plaisir à parler avec vous, avec ou sans article à la clé."
Désaccords imparfaits, p. 57-58, Ed. Gallimard, 2012
* Dans son studio de Chelsea, une table pour écrire, et deux guitares et un piano lui tiennent compagnie.

Disponibilité
Disponibilité (musique de film)
Muriel

jeudi 19 juillet 2012

Lecture estivale (1)




"Ma chérrie, chanter c'est comme la vie, il y a des contradictions. Il faut de la douceur et de la force, il faut le corps mais il faut l'âme, sinon ce n'est qu'une farce. Vous avez la beauté intérieure, ma chérrie, l'âme, la sincérité qui manquent à tant de chanteurs, et la richesse du timbre, et la profondeur du son, vous êtes bénie des dieux, vous avez tout !, Sauf - Mme Volk fit une pause - un peu de patience ! Vous avez une voix : laissez-lui le temps de grandir ! Ecoutez votre corps ! Aimez-le, soyez douce avec lui. Allez, on reprend. Ouvrez les côtes, allez plus bas que le diaphragme, là, comme cela, vous donnez de la puissance à votre voix et vous deviendrez vraiment une "grande soprano", ma chérrie, grande par la voix et grande par la gloire. Recommencez depuis le début.
Elle retourna au piano. Tatiana s'exécuta, reprit tout l'air et le conclut à la perfection par le morir en sol dièse qu'elle rendit piquant comme deux banderilles.
 Heidi Volk ôta lentement ses lunettes, puis regarda en direction d'Armand.
 - Elle est prête pour le Concours*.
Armand regardait Tatiana et ne répondit pas.
Heidi Volk reprit :
- Musetta** est trop souvent chantée comme un rôle de cocotte. Tatiana lui rend son humanité. Elle m'a émue.
Elle resta un instant pensive.
- Mais une carrière ne s'arrête pas à un concours. Merci mille fois d'être venu assister à la leçon, Armand, vous voyez, on avance.
- C'est moi qui vous remercie.
Armand et Tatiana descendirent en silence l'escalier qui menait au foyer du rez-de-chaussée, puis les marches extérieures qui donnaient sur la place Neuve. Armand tendit la main et dit : "C'était magnifique", n'attendit aucune réponse et partit très vite vers le boulevard du Théâtre. Il emprunta la passage piéton, omit de regarder sur sa droite, et un motocycliste l'évita de justesse. Tatiana le vit s'éloigner ; il courait presque. Elle rangea ses partitions dans son sac, en ajusta la bandoulière et se dirigea vers la Treille.
Victoria Hall, p. 136-137, Actes Sud (Babel, no. 726) 

Le roman a pour décor tout ce qui entoure la bibliothèque musicale : la prestigieuse salle du Victoria Hall, le Concours de Genève, la Place Neuve, la Treille... Metin Arditi par l'entremise de deux personnages - Armand, riche banquier privé, collectionneur et Tatiana, jeune soprano tchèque, fille d'un antiquaire à Prague - dresse le portrait de sa ville d'adoption avec pour trame de fond la musique.

Laissez-vous emmener dans ce Victoria Hall littéraire, où les allusions musicales et géographiques vous étonneront !
* référence au Concours de Genève dont le chant est la discipline présente tous les deux ans
** rôle de soprano dans l'opéra La Bohême de Giacomo Puccini, air : Quando m'en vo'

Muriel