lundi 21 mai 2018

Mahler, le chef d'orchestre et le silence

Cela dépend tout de l'âge que vous avez, pour certains Jordan, c'est Armin, ... et pour d'autres Philippe ! Directeur artistique de l'Opéra de Paris depuis 2009 Philippe Jordan est aussi actif à Vienne, comme le fut Gustav Mahler. 

Jean-Stéphane Bron a fréquenté l'Opéra de Paris pour un film éponyme dont nous avons déjà parlé. Nous le retrouvons avec Philippe Jordan lors de répétitions. 


Vers le silence de Jean-Stéphane Bron (2018)

Récompensé cet hiver avec le Quartz du meilleur documentaire suisse, on sent le réalisateur renanais très investi dans son travail d'observateur. Pour ce court métrage, une seule idée. Comment travailler avec un imposant orchestre symphonique sur la disparition de la matière sonore ou par quel moyen tenir en haleine une salle entière au bord d'un gouffre de silence ? Il explique ici son regard sur l'orchestre, sur le travail du chef d'orchestre et il nous fait part de son souci de sincérité.

Parmi les nombreuses analyses faites sur cette 9ème symphonie, nous vous proposons celle de Wolf Rosenberg, spécialiste de Mahler. Il détaille avec soin la nomenclature utilisée par Mahler dans les dernières mesures, de l'"Adagissimo" au "ersterbend" final.


Dernières mesures de la 9e de Mahler

Si les silences retenus de Philippe Jordan vous ont séduits, vous aurez tout prochainement l'occasion d'aller l'écouter avec l'Orchestre symphonique de Vienne. Le concert aura lieu le 10 juin au Victoria Hall : au programme Richard Strauss.

Disponibilité (partition)

Disponibilité (analyse)
Muriel

lundi 14 mai 2018

Le piano fait son cinéma

Le piano fait son cinéma n'est pas seulement le titre d'une série de partitions de musique de film transcrites pour piano mais également celui du dernier numéro de la revue Pianiste. L'article mentionne les films cultes dont la musique pour piano ont marqué les esprits : Les demoiselles de Rochefort, Casablanca, Le pianiste, Barry Lindon, La leçon de piano, liste à laquelle on pourrait ajouter De battre mon coeur s'est arrêté ou La vie des autres...


La leçon de piano de Jane Campion
musique de Michael Nyman

Pianiste de ce mois propose une dizaine de partitions pour piano, issues de musique de films célèbres. Si cette sélection ne vous satisfait pas, la bibliothèque propose un large choix de partitions afin d'assouvir vos envies de revivre vos séquences de film préférées grâce au clavier. Vous pouvez même utiliser celui que nous mettons à votre disposition pendant les heures d'ouverture...


Mais si le piano est mis ici en avant, il n'est de loin pas le seul à avoir des adaptation de musique de film : la clarinette, le violon, la trompette, le violoncelle, la flûte ou le saxophone, tous ont des recueils dédiés !



Malgré le succès incontestable de cette section à la bibliothèque, en cette période cannoise, la musique de film peine à être pleinement reconnue dans ce festival. En septante années, seuls cinq prix ont récompensé les compositeurs. En 1946, Georges Auric recevait un prix lors de la première édition avec La symphonie pastorale, musique composée pour le film de Delannoy. Cette année, le compositeur Alberto Iglesias, habitué des films de Pedro Almodovar, est présent à Cannes pour le film d'Asghar Farhadi Everybody knows... Il est présent aussi pour des musiques de film au piano sur nos rayonnages ! Bonne découverte.



Disponibilité (revue)

Disponibilité (partitions)

Disponibilité (A. Iglesias)
Muriel

lundi 7 mai 2018

Sport et musique

Dans un petit encart de La lettre du musicien no 507 d'avril 2018, nous apprenons que l'Orchestre national d'Ile-de-France a donné un concert entièrement dédié au sport. En voici le programme :
  • Jeux de Debussy : cette oeuvre, d'abord écrite pour piano puis orchestrée, est commandée par Serge Diaghilev pour ses ballets russes. L'argument de ce ballet est inspiré de parties de tennis à Londres. Dernière oeuvre symphonique de Debussy, "reconnue comme une œuvre visionnaire qui influence l’histoire de la musique du XXe siècle", elle est un peu occultée par le Sacre du printemps de Stravinsky, créé deux semaines plus tard.
 

http://www.classicfm.com/music-news/pictures/
game-set-and-good-match-classical-music-and-tennis/

  • Rugby de Honegger : selon le Dictionnaire amoureux du rugby, Arthur Honegger "ne devait pas être un spectateur comme les autres. Il ne devait pas voir un match de rugby, mais l'entendre. La défense ? Une succession de percussions. L'attaque ? Une envolée. Arthur Honegger, de nationalité suisse mais né au Havre où le rugby prit racine sur notre continent, composa en 1928 Rugby, le seul mouvement symphonique au monde à traiter de ce sport."
  • Rebonds de Xenakis : le compositeur grec a écrit cette oeuvre pour un percussionniste, en deux sections avec une instrumentation un peu différente : percussions à peau, puis ajout de cinq wood-blocks. Les nuances ? Une seule (sauf de très rares exception) : fff ! 

  • Ricochets du compositeur américain Andy Akiho : un concerto pour deux pongistes, violon et percussions, interprété avec deux champions de tennis de table !


Et si football - bientôt en tête d'affiche - et musique vous intéressent, relisez notre billet de juin 2014.

A vos marques, prêts, jouez !

Fabienne

lundi 9 avril 2018

Symphonie de Mahler pour orchestre de chambre

Partition annotée de Bernstein
New York Philharmonic

La prochaine soirée de Contrechamps intitulée Sur le seuil propose de découvrir la 9e symphonie de Mahler arrangée pour orchestre de chambre par Klaus Simon. Ce dernier est présenté par Crescendo Magazine, lors de la parution de l'enregistrement de cette même oeuvre, comme un chef d'orchestre et pianiste qui s’adonne depuis de nombreuses années à un exercice que les puristes réprouvent et accusent de tous les maux : l’arrangement. Pour Klaus Simon, il y va là d’une activité artistique à part entière et, s’il en a fait sa spécialité, c’est dans le but, a-t-il déclaré, de montrer davantage la richesse plastique et sonore de certaines grandes œuvres du répertoire. Le compositeur qu’il aime arranger par-dessus tout n’est autre que Gustav Mahler [juillet 2017]En effet, sur le site du compositeur allemand, au catalogue des arrangements, de grandes oeuvres de Mahler y figurent.

Ce terme d'arrangement a de tout temps en musique provoqué des réactions. Si l'on s'en tient aux propos d'Eugen d'Albert qui a refusé pendant plus d'un an l'exécution au piano de la Chaconne de Bach, arrangée par Busoni. Cette pièce lui était pourtant dédicacée. Il nuance enfin ses propos aux sujets des transcriptions ainsi : La seule solution, me semble-t-il, se trouve dans l'arrangement de Brahms pour la main gauche... Le débat est ouvert !


En complément à la conférence de Brice Pauset en avant-concert et au titre ambitieux «Effondrements, renouvellements : sur la disparition et le renouveau des grandes formes», le site de Contrechamps propose une vidéo où Leonard Bernstein parle de cette 9e symphonie. Nous vous proposer pour explorer plus avant ses propos, de consulter la partition de direction de Leonard Bernstein, hébergée sur le site Leon Levy Digital archives du New York Philharmonic.

Nouvel Ensemble Contemporain
J.-F. Monod au Temple du Locle en 2015

Rien ne remplaçant les émotions en salle de concert, le rendez-vous est pris à l'Alhambra, mardi 17 avril à 20h : l'Ensemble Contrechamps sera dirigé par Michael Wendeberg.

Disponibilité (Adorno)
Disponibilité (Mahler)
Muriel









lundi 2 avril 2018

Découvertes pour les cordes

Sous cet intitulé, un article paru dans La lettre du musicien no 503 de janvier 2018 nous invite à découvrir quelques nouvelles "exhumations" éditoriales.

Debussy
Les éditions Schott publient un Nocturne pour violon et piano de Debussy dont on commémore les 100 ans de sa mort en 2018. Robert Orledge a reconstitué cette oeuvre en associant des esquisses retrouvées en 2006 à celles conservées à la BNF, qui étaient à l'origine dédiées au violoniste Eugène Ysaÿe pour lequel Debussy avant commencé à composer des "Scènes au crépuscule" et des "Nocturnes". Robert Orledge a également orchestré ce nocturne qui a été créé à Amsterdam en 2011 sous la direction du chef suisse Heinz Holliger.

Saint-Saëns
On connaît deux sonates pour violoncelle et piano de Saint-Saëns. Mais en 1996, une troisième sonate est découverte dans des papiers donnés au Musée de Dieppe, ville où le compositeur a habité. Saint-Saëns débute sa sonate pendant la première Guerre mondiale mais a du mal à trouver l'inspiration ("Voilà plus de 60 ans que la source coule, elle a bien le droit de ne plus être aussi abondante."). En 1917, au moment de la mort du dédicataire, le violoncelliste Pierre Destombes, elle est encore inachevée.

Denis Herlin, qui édite cette sonate chez Bärenreiter dans le cadre de la nouvelle édition des oeuvres instrumentales du compositeur, l'a laissée incomplète, telle que retrouvée, s'achevant abruptement avant la fin du deuxième mouvement. Pourtant, selon des échanges épistolaires entre le compositeur et l'écrivain Pierre Aguétant, la sonate comportait quatre mouvements. Saint-Saëns avait même dû la réécrire en l'espace de 24 heures, le manuscrit ayant été perdu la veille d'un concert par le violoncelliste devant l'interpréter. "Ce fut un mal pour un bien, car la nouvelle copie, bien que faite en grande vitesse, se trouva plus belle que n'avait été la première". Peut-être qu'un jour ce manuscrit perdu réapparaîtra, dans sa totalité.

"Soirée pour Camille" : 
entretien avec Denis Herlin, éditeur scientifique  
Penderecki
Ni perte ni retrouvailles pour cette oeuvre, il s'agit "seulement" d'une création parue aux éditions Schott. Krzysztof Penderecki a composé La follia pour la violoniste Anne-Sophie Mutter en 2013. Neuf variations suivent un thème proche de celui ayant inspiré de nombreux compositeurs, de Liszt à Rachmaninov. C'est un vrai défi pour le violoniste, pas seulement en matière de virtuosité, mais aussi parce que ces variations demandent "un sens de la construction et du chant polyphonique à la manière de Bach."

A vos archets !

Disponibilité Debussy
Disponibilité Saint-Saëns
Disponibilité Penderecki
Fabienne

jeudi 22 mars 2018

Bruce Arnold : Ear training - Formation auditive

Auteur, compositeur, pédagogue et guitariste résidant à New York, Bruce Arnold a de nombreux CD et DVD à son actif, allant du répertoire de jazz classique à l'improvisation libre en passant par les réinterprétations de musique classique avec l'ensemble Spooky Actions. Il a également écrit plus de 60 livres d'enseignement musical couvrant la pédagogie de la guitare, la formation auditive et les études de rythme. Il enseigne actuellement à l'Université de Princeton. Il propose également sur son site web des leçons (payantes) en live video.

Bruce Arnold (photo: Festival Multimod Performer-Composer

Bruce Arnold était invité à Genève lors d'un Festival organisé par la HEM, en 2016, autour des compositeurs-interprètes contemporains. Le Festival Multimod Performer-Composer réunissait des artistes de premier plan, de différents courants culturels et esthétiques. 

"Le festival souhaite mettre en lumière et analyser le monde et le jeu des
compositeurs-interprètes contemporains sous l’angle des «modernités multiples», un concept qui présente une vision large, internationale et multifacette de la modernité. De même que la vision contemporaine de la créativité mêle diverses sources culturelles et esthétiques, elle fait s’entrecroiser aussi différentes pratiques dont l’improvisation, la composition et le multimédia."


La bibliothèque propose plusieurs ouvrages pédagogiques de Bruce Arnold, notamment son livre "Ear Training" qui remporte un grand succès auprès du public musicien. Une approche à découvrir.


Disponibilité

Tullia

lundi 12 mars 2018

L'OSR centenaire et saison 2018-2019

Cette année, pour marquer le coup, à l'occasion de son centième anniversaire, la présentation de la prochaine saison de l'Orchestre de la Suisse romande aura lieu au Victoria Hall vendredi  prochain, 16 mars à 18h30. Pour l'occasion, tout l'orchestre sera là, avec au pupitre du chef Jonathan Nott. Cette présentation sera ouverte au public, qui peut-être curieux attend de découvrir le programme de cette saison jubilé.

En effet, le premier concert de l'OSR a eu lieu le 1er décembre 1918. A la tête de l'orchestre, le fondateur Ernest Ansermet — qui y restera jusqu'en 1967 avec des oeuvres de Paul Benner, Haendel, Jaques-Dalcroze, Mozart et Rimski-Korsakov au programme !



Dans les archives de la bibliothèque, nous avons un registre contenant les coupures de presse de la première saison. La Tribune de Genève le lendemain résumait la soirée ainsi : 
Après des déboires sans nombre, l'orchestre romand a enfin débuté hier soir devant une salle bien garnie et son heureux début donne les plus brillantes espérances. [...]. Monsieur Ansermet a eu le temps de "faire" son orchestre et le résultat a été des plus réjouissant. On sera plus exigeant maintenant, car le nouvel orchestre romand pourra travailler dans des conditions vraiment artistiques [...]. Quant à la Ronde printanière de Dalcroze, elle est d'une spontanéité et d'une fraîcheur indéniables. C'est une fusée, une envolée lyrique, un enthousiasme juvénil qui ne doit rien à personne.
La renommée de l'OSR se fera aussi par les tournées internationales dès le milieu des années 50. Ci-dessous, nous découvrons la tournée aux Etats-Unis en 1966.

Halte touristique de l'orchestre !

Muriel